Fréménil, un village lorrain

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dimanche, octobre 12 2014

Un nouveau livre sur la guerre 14-18

couv1_luneville.pngMarc GABRIEL poursuit son travail d'historien.

Dans un nouveau registre consacré à la "Mémoire du Lunévillois", notre spécialiste de la première guerre mondiale nous présente un nouvel ouvrage ayant pour titre : "Lunéville occupée ! 22 Aout- 12 Septembre 1914". Voici l'introduction qu'en fait l'auteur sur son site :

Lunéville, proche de la frontière, située à la sortie de la vallée de la Vezouze, a souvent été occupée par des troupes étrangères.
En 1870, les Allemands sont restés 3 ans et plus de 4 ans lors de la seconde guerre mondiale. Pendant la Grande Guerre, ils ne sont restés « que » trois semaines, mais la ville a été durement éprouvée : contribution de guerre, vols, prise d’otages et nombreux dégâts matériels dus aux exactions ennemies, mais aussi aux tirs des canons de 75 français lors de la libération de la ville. Grâce à des journaux de guerre inédits et à de nombreux documents iconographiques, ce livret permet une bonne approche de ces évènements.

Au format A5, l'ouvrage comporte 40 pages avec illustration en couleur dans le texte. Il est vendu au prix de 10,00 Euros.  Vous pouvez le retirer directement :

  • chez NMG Editions Tél. 06.51.23.10.95 - 49 Rue de Cronstadt 54000 NANCY
  • chez Bernard GABRIEL - 14 Rue Emile Mathieu 54300 MANONVILLER
  • à la librairie QUANTIN - Place du Chateau 54300 LUNEVILLE

Pour une éventuelle livraison à domicile : frais de port 2,45 Euros en lettre verte ou 2,10 Euros en écopli. Livraison sans frais sur NANCY (et CUGN).

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à visiter le site de NMG Editions où vous  retrouverez également les ouvrages précédents de l'auteur :

  • La grande guerre à l'ombre du fort de Manonviller-350 pages : 20,00 Euros
  • Manonviller- 310 pages : 15,00 Euros
  • L'épopée du LBB- 230 pages : 15,00 Euros
  • Le petit train de Lunéville à Einville et Jolivet- 230 pages : 15,00 Euros

Voilà de quoi enrichir votre bibliothèque sur l'histoire régionale. Bonne lecture.

Jean SPAITE  Octobre 2014

jeudi, octobre 2 2014

Guerre 14-18. "Morts pour la France" à Fréménil. (3)

Nous nous proposons de faire aujourd'hui le recensement des soldats de Fréménil morts pour la France pendant la guerre 14-18. Il y a les natifs du pays qui figurent au monument aux morts, ainsi que les soldats tués sur notre commune qui sont inhumés tant au cimetière de notre village que dans les nécropoles militaires de notre environnement.

Dans un billet récent , nous avions rappelé le nom d'un soldat tué à Fréménil le 24/09/1914 à l'âge de 30 ans. Il s'agissait de Camille,Théophile AUBERT, caporal au 342e RI. Il repose au carré militaire du cimetière de Domjevin, tombe N° 63.

Notre premier billet rappelait également les noms des 8 enfants de Fréménil morts pour la France qui figurent au monument aux morts de notre commune :

  • Jean-Louis                   BENOIT   mort en 1914
  • Charles, Julien              GERBE      "     1914 (30 ans)
  • Paul, Joseph, Eugêne         BALLAND    "     1914 (28  " )
  • Eugêne, Léon                 ANTOINE    "     1914 (34  " )
  • Paul, Arthur                 HENRY      "     1915 (28  " )
  • Louis, Charles, Edmont       BENOIT     "     1916 (33  " )
  • Jean-Baptiste, Hubert, Henri BENOIT     "     1914 (29  " )
  • Joseph                       CHATON     "     1916 (43  " )

Nous avons également mentionné les 4 noms des soldats de la guerre 14-18 qui reposent dans les tombes du cimetière :

  • Pierre, Eugêne               BENOIT   mort en 1916 (30 ans)
  • Pierre                       MEILLAT    "     1918 (40  " )
  • Emile                        JOUBERT    "     1915 (23  " )
  • Vital                        TROMBERT   "     1915 (26  " )

Nous avons relevé aussi le nom de Pierre PINGUET, sapeur-mineur 4é Régiment de Génie, tué à Fréménil le 05/12/1915 à l'âge de 29 ans. Il était né le 13/04/1886 à BLON ( Haute Vienne).

Nos dernières recherches nous ont amené a mettre un nom sur 4 soldats tués à Fréménil, appartenant au 335e RI et qui reposent à la nécropole nationale de Reillon après avoir été inhumés initialement au cimetière de Fréménil. Il s'agit de :

  • PELIPPEAU Jean, 335e RI, mort pour la France à Fréménil le 08/07/1915. Lieu de sépulture REILLON, tombe individuelle N° 876.
  • GAUDIN Joseph, 335e RI, mort pour la France à Fréménil. Lieu de sépulture REILLON, tombe individuelle N° 817.
  • PELLIER Pierre, Joseph, né le 17/12/1887 à VERIN ( Loire), mort pour la France à Fréménil le 08/07/1915 (28 ans), soldat de 2e classe-335e RI- classe 1907, bureau de recrutement ANGERS- matricule 613. Lieu de sépulture REILLON, tombe individuelle N° 874.
  • CHESNAUX Gustave, 335e RI, mort pour la France à Fréménil. Lieu de sépulture REILLON, tombe individuelle N° 815.

Apparemment, ces 4 soldats relevant du recrutement d'ANGERS, étaient originaires de cette belle et douce région. Il est possible que d'autres soldats aient été inhumés initialement au cimetière de Fréménil et aient été transférés ensuite dans leurs familles à la demande de ces dernières. Tous renseignements complémentaires (dates de naissance et de décés, régiments) seront bienvenus.

Reillon_141002.jpg

En visitant ces nécropoles militaires, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée émue pour ces soldats morts au combat, fauchés dans leur jeunesse, ils avaient de 23 ans à 40 ans ! Je n'oublierai jamais le terrible bilan de la première guerre mondiale qui se traduit rien que pour la France par 7,9 millions de Français mobilisés, 1,4 millions de morts ou disparus et 4,3 millions de blessés.  Concernant le bilan à l'échelle mondiale, il s'élève au chiffre hallucinant de 9 millions de morts , 8 millions d'invalides....

Cela mérite une sérieuse réflexion et un légitime respect...

Jean SPAITE   Septembre 2014

mardi, août 19 2014

Guerre 14-18. "Morts pour la France" à Fréménil. (2)

Monument_Poilus_Cimetiere_Domjevin.jpgEn ces temps de commémoration du centenaire du premier conflit mondial, nous poursuivons nos recherches historiques. Nous avons déjà publié un article sur ce sujet le 2 Juin 2014. Nous venons de découvrir que, tout près de nous, dans le carré militaire du cimetière communal de Domjevin, repose un soldat de cette guerre 14-18 qui a été tué à Fréménil dont voici la fiche de renseignements :

Légende : Le monument des Poilus, et le carré militaire du cimetière de Domjevin (Cliché l'Est Républicain)


AUBERT Camille, Théophile

  • Caporal au 342éme Régiment d'Infanterie
  • Matricule 408 - Recrutement d'Epinal
  • Né le 25/05/ 1884 à Igney  88, Vosges
  • Tué à l'ennemi-Mort pour la France le 24/09/1914 à Fréménil 54, Meurthe et Moselle [30 ans]
  • Inhumation à Domjevin 54, Meurthe et Moselle, cimetière communal- carré militaire
  • Il était fils de Joseph, Emile AUBERT et de Catherine Célestine DROUAIN

Un de nos lecteurs peut-être, nous fera savoir si Camille AUBERT était marié et avait une descendance. Ayons une pieuse pensée pour ce jeune soldat vosgien mort à 30 ans en notre village tout au début de la déclaration de la guerre. 

Jean SPAITE    Août 2014

lundi, juin 2 2014

Guerre 14-18. "Morts pour la France" à Fréménil.

MonumentPoilu.jpgEn ces temps de commémoration du centenaire du premier conflit mondial, nous rappelons que, déjà en 2008, nous nous sommes fait un devoir de mémoire pour évoquer sous le titre "11 Novembre 1918- 11 Novembre 2008 : 90 ans déjà" le souvenir de ces braves soldats tombés sur notre sol de France.

Notre monument aux morts comporte huit noms de ces morts pour la France :

  • BENOIT   Jean-Louis                  mort en 1914
  • GERBE    Charles, Julien               "     1914   (30 ans)
  • BALLAND  Paul, Joseph, Eugène   "     1914   (28  " )
  • ANTOINE  Eugène, Léon               "     1914   (34  " )
  • HENRY    Paul, Arthur                   "     1915   (28  " )
  • BENOIT   Louis, Charles, Edmont  "     1916   (33  " )
  • BENOIT   Jean-Baptiste, Hubert, Henri  "     1914   (29  " )
  • CHATON   Joseph                         "     1916   (43  " )

Précisons que Paul BALLAND était le jeune instituteur de l'école de Fréménil depuis 1912.

Dans notre cimetière reposent dans des tombes de famille des soldats de la guerre 14-18 :

  • BENOIT   Pierre-Eugène            mort en 1916   (30 ans)
  • MEILLAT  Pierre                                "     1918   (40  " )

Deux autres tombes ont accueilli les corps de :

  • JOUBERT  Emile             tué à Fréménil en 1915   (23 ans)
  • TROMBERT Vital            tué à Reillon          1915   (26  " )

Les familles de ces deux soldats avaient choisi de laisser reposer leurs fils en terre fréméniloise où ils étaient stationnés et accueillis chaleureusement, et leur avaient érigé pour chacun un monument funéraire. Les années passant et en dépit d'un entretien discret, les tombes de ces soldats accusaient un mauvais état. En 2002, l'Association "Le Souvenir Français" a remplacé les monuments en souffrance par deux tombes normalisées "Mort pour la France" dont l'aspect est irréprochable.

Précisons que :

  • Emile JOUBERT  2e classe, 10e Batterie, 8e Régiment d'Artillerie, était originaire de PARIS.
  • Vital TROMBERT   sergent, 230e Régiment d'Infanterie, était originaire d'EVIAN.  

Trop nombreux furent-ils les braves poilus stationnés à Fréménil et qui sont montés à l'attaque sur le front à Blémerey, à Vého, à Leintrey ou à Reillon, et qui ont trouvé la mort face à l'ennemi. Leurs pauvres corps reposent maintenant au cimetière militaire de Reillon.

Au cours de ce premier conflit mondial, notre village a subi des bombardements d'artillerie ennemie. Si les destructions ont été moindres que dans les villages de Domjevin ou de Blémerey par exemple, ces chutes d'obus explosant en provocant des éclats extrêmement dangereux, ont occasionné des victimes mortelles. Parmi celles-ci, relevons le nom de Pierre PINGUET, sapeur mineur au 4e Régiment de Génie, Cie 13/04 Dre, tué par un éclat d'obus à Fréménil le 5 Décembre 1915 alors qu'il se trouvait derrière l'église ( témoignages de Madeleine HOURDIAU et de Mathilde FLAVENOT née MALGRAS ). Il était né le 13 Avril 1886 à BLON (Hte Vienne). Il était en cantonnement dans notre village. Après avoir été enterré au cimetière communal, il a été transféré ensuite et se trouve depuis 1935-1936 au cimetière de Reillon.  Notons que notre cimetière comportait sept tombes de soldats tués à Fréménil pendant la guerre 14-18, faisant l'objet d'un profond respect patriotique de la part des habitants. Les-dites tombes ont été relevées (vers 1935-1936) et les corps ont été enterrés définitivement comme il est dit ci-avant au cimetière militaire de Reillon.

Ayons une pensée émue pour ces victimes de la première guerre mondiale. Ne les oublions pas.


Jean SPAITE - Mai 2014

Reillon.jpg

Crédit photographique :

lundi, mai 12 2014

Blockhaus à l'abandon

Blockhaus Fréménil, selon DelormeTout le monde le sait : Actuellement, nous sommes en pleine commémoration du centenaire de la guerre 1914-1918.

Ce premier conflit mondial a vu converger sur la frontière Nord-Est de notre pays les soldats mobilisés venus des quatre coins de la France et beaucoup ont donné leur vie pour que nous puissions vivre en paix. Il est tout à fait légitime de ne pas laisser cette douloureuse période sombrer dans l'oubli. Avec leur courage, avec leur sang, nos poilus, qui sont nos ancêtres, ont marqué notre terre lorraine de leur empreinte. Beaucoup reposent dans nos cimetières avec la mention "mort pour la France". De par nos communes, on rappelle leur histoire glorieuse : ici une fortification, des monuments, là des casques, des fusils et des balles, et puis des récits, des livres, des conférences, des photographies, des lettres aussi.

Cette vague d'émotion ne devrait pas laisser insensible notre propre commune qui possède en son lieu deux vestiges de la guerre 14-18; à savoir, les blockhaus Ouest et Est de part et d'autre de notre petit village. Ces monuments militaires méritent une mise en valeur alors qu'ils offrent pour le moment une figure d'abandon. Ces postes fortifiés de mitrailleuses constituaient une garde défensive du village complétée par ailleurs par un réseau de tranchées. En ces temps de danger, proche des premières lignes du front, le village abritait, outre la population restée en place, un nombre important de soldats prêts à monter au combat, mais aussi un poste de secours avec infirmerie accueillant des blessés.

Il y avait une communion entre ces acteurs de la guerre : ces troupes armées et les habitants du village dont les maisons lorraines constituaient leur abri. La paix revenue, les échanges de correspondances, les visites respectives, ont témoignés de l'importance des moments tragiques vécus ensemble dans notre petite commune.

Il restait en souvenir ces vestiges fortifiés qu'étaient les blockhaus bâtis dans bien des efforts par ces soldats avec le sable et le gravier du territoire local. Avec le temps, au fil des années, le fier souvenir témoin du passé s'est traduit par un abandon. Le blockhaus Ouest cohabité par des veaux et des arbres qui viennent mourir sur ses flans. Son frère fortifié à l'Est déjà marqué par une position inclinée, sombre dans l'indifférence sous une abondante végétation faite de ronces, d'orties, d'aubépine.

Quel spectacle affligeant en cette époque de célébrations du centenaire de la guerre 14-18 où, par d'éloquents discours, on rappelle la mémoire de tous ces braves ancêtres qui se sont battus pour défendre leur patrie, et que l'on oublie ces monuments fortifiés, témoins de leur dur travail, laissés à l'abandon.

Vaches_et_Blockhaus.jpg


Il est grand temps que les édiles locales, les responsables du département et de la région se décident pour réparer cette attitude ingrate. Le réveil doit être sans délai. Nous attendons des actes au nom de nos chers soldats de 14.

Jean SPAITE    Mai 2014

Vous pouvez retrouver sur notre site quelques articles en rapport avec la première guerre mondiale :

mardi, février 4 2014

Le rail au service de l'OTAN (3ème partie - Compléments)

Nous avions signalé à nos amis internautes intéressés par l'histoire militaire, les transports et plus particulièrement les transports sur rails, la parution d'un dossier historique : "Le Rail au Service de l'OTAN" dans la belle revue VOIE ETROITE n° 248-Février-Mars 2012, et  n° 249- Avril-Mai 2012.

La même revue VOIE ETROITE dans son récent n° 260- Février-Mars 2014, fait paraître un complément (pages 33, 34, 35) à ce dossier initial.

On y trouvera des cartes et plans des Camps et Bases US en Lorraine :

  • Toul Croix de Metz -     Toul Enginering Dépôt - TED
  • Toul Rosières Air Base - TRAB
  • Nancy Forêt de Haye -    Nancy Ordnance Dépôt  - NOD
  • Nancy Ochey -            BA 133
  • Chambley Bussières -     Chambley Air Base     - CAB
  • Saint Baussant  -        Dépôt de carburant

On découvrira également des photographies d'engins ferroviaires ayant circulé sur les rails de l'OTAN. Tous les documents de ce nouveau dossier historique devraient satisfaire la curiosité des amoureux des trains. A tous, bonne lecture.

Vous pouvez commander cette revue au prix de 7,35 Euros franco l'unité à APPEVA, BP 70106- 80001 AMIENS Cédex 1


Jean Spaite - Février 2014

dimanche, décembre 15 2013

La Guerre 1914-1918 et les trains

Grande_Guerre_Est_Repu.jpg

L'évocation de la première guerre mondiale est devenue un thème commun en cette période du 100ème anniversaire du conflit. Ce rappel historique doit se révéler durable et permettre une remise en mémoire des événements et des hommes de cette époque.

L'annonce d'une manifestation historique a retenu notre attention. Intitulée "Approche(s) de la Grande Guerre", il ‎s'agit d'une journée d'études fixée le samedi 23 Novembre 2013 et organisée par le Comité d'Histoire Régionale à l'Hôtel de la Région Lorraine, Place Gabriel Hocquard 57000 METZ.  La publicité parue dans le journal régional est illustrée au premier plan par une douille d'obus travaillée avec talent par un des poilus de ce dramatique conflit. Mais l'illustration de fond, tout comme la mise en exergue, a pour sujet le chemin de fer. Nous avons, avec beaucoup de précision, une vue d'un train en voie de 0,60m Decauville avec une célèbre locomotive Péchot-Bourdon à la silhouette caractèristique avec sa cabine unique au milieu abritant une chaudière à double foyer central et ses deux cheminées originales. En décor de fond est présentée une diagonale montrant une rame de wagons couverts circulant sur voie normale 1,435m et emmenant des soldats US coiffés de leurs chapeaux à larges bords très particuliers.

Il nous a paru intéressant, nous qui souvent rappelons les trains qui ont circulé dans notre secteur, de montrer cette annonce illustrée, traduisant l'appel au souvenir de ce conflit sous un aspect ferroviaire.

Le souvenir des trains militaires de la guerre 14-18 nous incite à rappeler des articles propres à notre région :

  • Le livre "L'épopée du LBB" par Marc GABRIEL (NMG éditions Nancy 2011) retraçant l'historique de ce chemin de fer à voie métrique, mais également son exploitation pendant le premier conflit mondial par les militaires de la 10° Section des chemins de fer de Campagne. La belle exposition qui y a fait suite les 28 et 29 Mai 2011 à Bénaménil montrait de nombreux documents historiques.
  • La revue "Voie Etroite" (Revue de l'APPEVA) N° 238-Juin-Juillet 2010 (pages 22 à 25) sous le titre "Le petit Tacot de la Forêt de Mondon et de la région Fréménil-Domjevin" nous invite à retrouver ce chemin de fer, voie de 0,60m., en grande partie forestier.
  • Avec son nouveau livre "La Grande Guerre à l'ombre du fort de Manonviller", Marc Gabriel (NMG éditions 2013), poursuit l'histoire de notre région pendant la première guerre , n'oubliant pas ces petits trains Decauville en voie de 0,60m. qui desservaient au plus près des lignes du front. Cette étude très fouillée est illustrée de photographies de la contruction de ces petites lignes par la main d'oeuvre militaire.
  • Mentionnons en annexe de cet ouvrage remarquable une carte d'état major qui n'est autre que le "canevas de tir Vezouze" du 19 Octobre 1918 avec le tracé des voies de 0,60m. ainsi que les positions des tranchées. Documents précieux pour les chercheurs de l'histoire du conflit. Une exposition dans la salle communale de Domjevin, précédée d'une conférence le 9 Novembre 2013 a permis à la population locale et des villages environnants de prendre acte des souvenirs de cette guerre mais aussi de découvrir le rôle éminent des petits trains Decauville dans les transports de vivres et de munitions des combattants sans oublier l'évacuation des blessés.
  • Ce précieux travail historique nous a valu de nouveaux contacts : Tel Mr. Richard TUPIN qui nous a proposé deux photos prises dans la zone Blémerey-Reillon avec vue sur des voies Decauville. Grand merci à ce connaisseur compétent. Souhaitons que cet exemple soit imité par d'autres collectionneurs historiens.
  • Un autre document de référence est la thèse de Véronique GOLOUBINOFF, chargée d'études documentaires ECPAD (Editions ECPAD 2011) sous le titre "Les petits trains de la grande guerre" qui nous retrace la voie de 0'60m. militaire en 1914-1918.  Parmi les nombreuses illustrations d'époque on y retrouve des prises de vues ferroviaires :
    • En forêt de Parroy, wagon citerne au poste de ravitaillement d'eau (1916)
    • en forêt de Mondon, montrant des soldats italiens posant une voie de 0,60m.(1918)
    • à Domjevin avec l'entrée de l'hôpital souterrain desservi par une voie de 0,60m.(1916)
    • de même qu'en forêt de Mondon l'exploitation des bois prêts à partir pour la scierie(1916)
    • ainsi qu'une carte accompagnant l'article Voie Etroite N°238 Juin-Juillet 2010 (déjà cité en (2))
  • Citons l'auteur: "La voie de 0,60m. connait son apogée au cours de la 1ère guerre mondiale avec, à la fin du conflit, 3.800 Km. de voies sur lesquels circulent 740 locomotives tractant plus de 600 wagons e diverse nature".
  • Longtemps oubliés de la "grande histoire" de la grande guerre, les petits trains de la grande guerre ont tenu un rôle important dans le déroulement des hostilités. Qu'ils soient en voie de 0,60 ou en voie métrique, les petits trains ont été mobilisés au service de la patrie. Si beaucoup de ces acteurs ferroviaires ont disparu, il nous faut signaler une renaissance dans le département de la Meuse en la "personne" de la locomotive "La Suzanne" qui va bientôt pouvoir circuler sur un petit parcours du Chemin de fer historique de la Voie Sacrée. Cette ligne a permis un approvisionnement du front au même titre que l'épisode connu "des taxis de la Marne" mais en y ajoutant en plus le transport des munitions, du ravitaillement en vivres et surtout le retour des blessés. Initialement cette voie ferrée d'1m. allait de Bar-le-Duc à Verdun. Grâce au travail des bénévoles de l'association elle va renaître de Bar-le-Duc à la ferme Saint Christophe (4,2 Km.). La Suzanne est une locomotive Corpet-Louvet de 1890, Type 031T, restaurée complétement, classée monument historique, et capable de circuler à pleine vapeur sur la voie nouvelle qui lui est réservée.


Nous souhaitons que ces quelques lignes en rapport avec les petits trains de la première guerre mondiale constituent un rappel historique entrant dans la mémoire des  événements de cette époque. Les soldats-cheminots des petits trains ont droit à un hommage respectueux: Ils ont accompli leur mission avec bravoure. Ils ne doivent pas être oubliés.

Jean SPAITE      Décembre 2013

Photo_14-18_01.jpg

Embranchement voie Decauville à Blémerey, ravitaillement d'une batterie.
Collection Richard TUPIN

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Voie Decauville Blémerey-Reillon - Collection Richard TUPIN

Centenaire de la Guerre 1914-1918

14-18: La lorraine au rendez-vous


Tel est le titre en première page de l'Est Républicain du Vendredi 8 Novembre 2013 marquant "l'ordre de mobilisation" donné par le Président de la République pour la réussite des commémorations de la première guerre mondiale.

De son côté Marc GABRIEL, après avoir fait une conférence-exposition au château de Lunéville le 19 Octobre, renouvelle son exercice à Domjevin le 9 Novembre pour évoquer la grande guerre dans le lunévillois à l'ombre du fort de Manonviller. Cette conférence très ciblée, impliquant les villages relevant de cette période conflictuelle, s'est poursuivie par des expositions localisées à Domjevin bien sûr, mais également à Laneuveville aux Bois, Leintrey, Bénaménil, et de nouveau à Lunéville.

Les témoins directs de ces événements sont malheureusement disparus. Il nous reste des témoignages précieux sous la forme écrite ou photographique. Dans notre vallée de la Vezouze, nous avons des cimetières où reposent les acteurs des combats mais également des constructions fortifiées bâties par nos chers poilus. Plus précisément notre commune possède deux blockhaus déjà décrits dans nos dossiers (Requiem pour un blockhaus, Monuments) qui méritent d'être mis en valeur à l'occasion du centenaire du premier conflit mondial.


Dans le cadre de "l'ordre de mobilisation " décrété par le Président de la République, nous souhaitons que les responsables officiels, tant régionaux que locaux, prennent les décisions utiles pour mettre en valeur ces deux témoignages en dur, fruit du travail opiniâtre des soldats de notre armée en position à Fréménil.

Nous espérons que cet appel légitime soit entendu des autorités, marquant ainsi le centenaire de la guerre 14-18 dans le respect de la mémoire de nos ancêtres acteurs bien malgré eux de ces heures tragiques. Ne rien faire, serait un affront envers ceux qui se sont sacrifiés pour que nous vivions en liberté dans notre belle patrie.

Jean   SPAITE    Décembre 2013

lundi, octobre 14 2013

La guerre 14-18 et... Fréménil

La lecture du livre de Marc GABRIEL "La grande guerre à l'ombre du fort de Manonviller" nous apporte des renseignements utiles concernant notre commune.

Dans la liste des PRISONNIERS des villages environnants le fort de Manonviller (Annexe 1- page 326), on trouve pour Fréménil :

  • ADAM Christian , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (1887- 1956)
  • ADAM Louis     , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (    -     )
  • VOINOT Joseph  , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (1893- 1942)

Précisons que 6° RAP est le 6° Régiment d'Artillerie à Pied et que le camp de Landshut est situé en Bavière, au Nord-Est de Munich sur l'Isar. Ce camp est un camp principal de prisonniers (camp de triage: Durchgangs-Lager). L'arrivée des prisonniers qui a lieu le 28 Juillet 1916 donne de l'animation dans la ville (page 294) où la population allemande se trouve le long du chemin qui mène au camp. Les prisonniers qui sont enfermés dans le camp de Landshut relèvent notamment des communes de Bénaménil, Domjevin, Fréménil, Laneuveville aux Bois, Laronxe, Manonviller, Reillon, Thiébauménil.

Landshut_Camp_de_Prisonniers.jpg

Dans la liste des OTAGES (Annexe 2-page 327) on trouve pour Fréménil :

  • ADAM Félix   ,maire          (1861- 1938)

Tous les otages sont emprisonnés au fort "Von der Thann" à Ingolstadt, situé au Nord de Munich ; ils proviennent des villages de Bénaménil, Domjevin, Emberménil, Fréménil, Laneuveville aux Bois, Leintrey, Manonviller, Vého.  On notera leurs différentes fonctions de maire, instituteur ou curé. Le choix de l'ennemi dans les prises d'otages était d'avoir une représentativité des fonctionnaires civils et religieux des communes concernées.

Le livre de Marc GABRIEL nous apporte des précisions concernant cet aspect méconnu de la guerre 14-18. Qu'il en soit remercié.

Jean SPAITE   Octobre 2013  

Crédit photo : Carte postale ancienne

lundi, octobre 7 2013

Un nouveau livre "La grande guerre à l'ombre du fort de MANONVILLER" par Marc Gabriel

Livre Fort de ManonvillerAprès avoir présenté son dernier ouvrage au "Livre sur la place" à Nancy, Marc GABRIEL nous offre un rappel historique sur le premier conflit mondial. "La grande guerre à l'ombre du fort de MANONVILLER" nous situe le lieu du Lunévillois où vont se dérouler les événements importants des hostilités.

D’Août 1914 à Novembre 1918, une région souvent citée dans les communiqués officiels mais cependant oubliée par l'histoire.

La région du Lunévillois située autour du fort de Manonviller figure rarement dans les livres d'histoire. Pourtant ce fort a joué un rôle important dans l'issue de la bataille de lorraine, qui a permis la victoire de la Marne.

Plus que les combats, ce livre évoque la vie des hommes (militaires et civils) et des villages impliqués, dans cette zone frontalière où, après la chute du fort et la victoire de Lorraine, le front se stabilise pendant quatre années. On y retrouve des noms que la France entière apprend à connaître dans les communiqués de guerre: le Rémabois et le bois Zeppelin, Leintrey, Reillon, Blémerey, Vého, Emberménil, Domjevin, Laneuveville-aux-Bois, Manonviller, Thiébauménil, Bénaménil, Laronxe et St-Clément. 

"La grande guerre à l'ombre du fort de MANONVILLER" de Marc GABRIEL a le mérite de nous apporter une abondante documentation sur des événements d'histoire qui ont marqué durablement notre Lorraine et qu'il est utile de rappeler, car les historiens se montrent discrets à son sujet au profit d'autres lieux des combats. Le centenaire de ce conflit mondial nous apporte l'occasion d'une information historique précieuse sur ce front de Lorraine méconnu.

Un ouvrage de 250 pages avec photos et cartes.

Vous pouvez vous faire une idée de la qualité de cet ouvrage en lisant quelques chapitres ici.

NMG Editions. 49 Rue de Cronstadt 54000 NANCY

25 Euros pour France métropolitaine.

Vous pouvez commander ce livre en ligne à l'adresse suivante : http://nmgeditions.free.fr/

dimanche, août 4 2013

Décoration d'un Fréménilois

Yvon Ramos décoration

Plus connu pour son dévouement, par les nombreux services qu'il rend autour de lui, notamment dans le domaine de la soudure dont il se révèle un artisan de talent, Yvon RAMOS adjoint au maire de Fréménil par ailleurs porte-drapeau officiel, a reçu le 14 Juin dernier des mains du Chef de bataillon Roland BOULANGER, l'insigne national des porte-drapeaux pour ses cinq années d'exercice.

C'est devant les trente porte-drapeaux de l'amicale réunis auprès du monument aux morts des Bosquets à Lunéville, à l'occasion de la journée commémorative des "morts pour la France en Indochine" qu'Yvon RAMOS a reçu les félicitations d'Alexis ANDRES sous-préfet de Lunéville et de Jacques LAMBLIN député-maire.

Toutes nos félicitations à notre sympathique et dévoué fréménilois.

J. S.     Juillet 2013

Crédit photographique : Cliché L'Est Républicain

mardi, juin 4 2013

N'oublions pas les démineurs

Récemment, l'EST Républicain du 26/4/2013 publiait un article sur Michèle CHAMBRION, 44 ans, qui fait partie des quatre femmes françaises qui exercent la profession de démineur. Actuellement, ils sont 314 démineurs en France a faire ce métier hors du commun.

Un métier à risques mais combien utile dans nos régions qui recèlent pour de longues années encore des milliers d'obus, mines, bombes, grenades, autant de menaces pour les vivants que nous sommes, face à ces vestiges de guerre particulièrement dangereux.

Ce récent article sur la profession de démineur, nous remet en mémoire un authentique héros de la Résistance : Henri GILLE de TOUL qui, à la Libération, s'est consacré pendant des années à la tâche délicate mais combien nécessaire d'assurer le déminage des arrondissements de notre département. Il a déminé près de 100.000 engins de guerre.  Rien que dans le Lunévillois il a détruit :

  • 22.800 mines
  • 11.500 obus
  • 4.590 grenades
  • 236 bombes

Henri GILLE a exercé son travail de démineur dans notre commune où de nombreuses mines avaient fait des victimes : ( voir article : Morts pour la France [1939-1945])

  • Fernand THIERY  48 ans ,et son fils
  • André   THIERY  17 ans
  • Charles HEFTER  75 ans 
  • Camille OTTON   63 ans

L'article de l'EST Républicain du 27/12/1976 nous rapporte que Henri GILLE, 81 ans à l'époque, "porte toujours les douloureux stigmates d'une explosion qui le défigura et qui entraîna une trépanation". L'ancien démineur déclarait "Et j'ai encore des éclats dans le crâne!".

Henri_GILLE.jpg

N'OUBLIONS PAS LES DEMINEURS qui, au péril de leurs vies, ont permis de sauver des milliers de vies humaines. Le remarquable monument des Démineurs au Ballon d'Alsace se dresse vers le ciel en témoignage de leurs missions périlleuses.

Monument_des_demineurs Wikimedia

Jean SPAITE   Juin 2013

Crédits photographiques :

Henri GILLES (Cliché Est Républicain 1976)
Monument des démineurs (Wikimedia)



vendredi, mai 31 2013

Souvenirs de 14-18 : 100 ans, un Anniversaire

SOUVENIRS DE 14-18 :  "100 ans, UN ANNIVERSAIRE"
Un témoignage de reconnaissance pour les poilus de 14

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jeudi, mai 9 2013

Souvenir de 14-18 : Le Fort du TILLOT dans la Place forte de TOUL

Fort Tillot - Lettre PepereJ'ai retrouvé, tout à fait par hasard, une lettre de mon grand-père Albert MANONVILLER quand il était mobilisé pendant la première guerre mondiale. Cette lettre est datée de Mai 1915 et à cette époque mon grand-père avait 45 ans. Beaucoup plus tard, en évoquant ces événements, ma grand-mère m'avait toujours dit qu'il faisait partie des "vieux soldats" à la limite de l'âge de mobilisation. Toujours est-il qu'il était affecté au 6ème Régiment d'Artillerie à pied- 4ème Batterie bis, et qu'il servait au Fort du TILLOT. J'ai longtemps situé ce fort sur la commune de "Le THILLOT" dans le département des Vosges entre REMIREMONT et BUSSANG. Cette commune vosgienne est située au pied du Ballon d'Alsace et est fière de ses anciennes "Hautes Mines de Cuivre". Mais ce n'est pas de ce "Thillot" là qu'il s'agit.

J'ai découvert que le fort du TILLOT où mon grand-père Albert avait servi faisait partie des ouvrages fortifiés de la place forte de TOUL, implanté entre CHAUDENEY sur Moselle et DOMGERMAIN. En notre XXI° siècle, l'autoroute A 31/ E21 Nancy-Dijon passe dans son environnement.

La place forte de TOUL fait partie du système fortifié "Séré de Rivières" consistant en une succession de forts et d'ouvrages complémentaires réalisés sur nos frontières entre 1874 et 1918. Pour TOUL, la ville est ceinturée d'une enceinte fortifiée constituant le noyau central, mais tout autour de ce noyau on retrouve des forts traduisant un système de défense très élaboré, soit 12 forts. Nous trouvons les forts de :

  1. GONDREVILLE
  2. VILLEY le Sec
  3. CHANOT 
  4. TILLOT
  5. de BLENOD
  6. DOMGERMAIN
  7. ECROUVES
  8. Saint MICHEL
  9. BRULEY
  10. LUCEY
  11. TRONDES
  12. VIEUX CANTON

Ces forts étaient complétés par une multitude d'ouvrages abritant des batteries balayant tous les horizons. Pour notre région Nord-Est, nous rappelons les autres places fortes de VERDUN, EPINAL, BELFORT. 

La place de TOUL, outre ses 12 forts, comprenait 16 ouvrages, 3 redoutes, 76 batteries d'artillerie armées d'environ 400 canons. Cet inventaire est impressionnant. Ces fortifications, mises en oeuvre après la guerre de 1870 qui a vu l'amputation de l'Alsace-Lorraine de notre territoire national, représentent un investissement considérable mais jugé nécessaire pour faire face à la menace permanente à l'Est de notre frontière. Redoutant le contournement des places fortes, les autorités militaires décident la réalisation d'ouvrages intermédiaires complémentaires, comme le fort de MANONVILLER, fort d'arrêt moderne assurant la protection de la trouée de CHARMES.

Revenons au fort du TILLOT.

Fort Tillot - Plan de situation

Il a été construit de Décembre 1874 à 1879. Il était prévu pour un effectif de 419 Hommes. Il était équipé de 2 tourelles de 75, d'1 tourelle de mitrailleuse et de 3 observatoires cuirassés. Il avait également 1 magasin à poudre, une boulangerie, 4 puits et 1 citerne. Le fort était connecté au réseau ferré (voie de 0,60) qui desservait toute la plateforme stratégique touloise.

La lettre de mon grand-père était écrite au crayon car l'écriture à l'encre n'était pas toujours possible en ces temps de guerre, et les stylos devaient être rares! Le papier utilisé émanait de la "Coopérative des Sous-officiers, Brigadiers et Canonniers de la Ferme de la Haye St Jacques, du Fort du TILLOT et de la Ferme du Chazot"; ce qui nous situe l'emplacement géographique du fort et de ses annexes. D'autre part nous voyons que le magasin d'intendance, dénommé souvent "le foyer", assurait la vente du papier à lettres à "en-tête".

Mon grand-père Albert s'inquiétait du devenir de sa chère épouse Alice et de ses deux filles qui assuraient ensemble la continuité de la marche de l'exploitation agricole. Et puis , il y a cette guerre qui dure et dont on ne voit pas le bout !...

Il y aura bientôt un siècle après cette missive; que d’événements imprévus à cette époque. Le plus important qu'il nous faut retenir : c'est l'entente franco-allemande enfin réalisée durablement.

La paix que nous vivons maintenant doit être appréciée à sa juste valeur. Ne l'oublions jamais...

Jean SPAITE     Mai 2013

Crédit photographique : le dessin du 'camp retranché de Toul' provient de l'excellent site sur les fortifications à l'adresse suivante http://sabreteam.free.fr/prefortif.htm

mercredi, janvier 23 2013

Souvenirs de la guerre 14-18 : Soldats de Fréménil

Dans notre écho du 14 Mai 2006 intitulé "Un peu d'histoire à partir d'une carte postale", nous avions retrouvé les noms de certains régiments stationnés à Fréménil. Récemment, c'est une liste nominative de soldats de la guerre 14-18 que nous avons exhumé du passé. Comme notre site est fréquemment visité par des internautes chercheurs de l'histoire de ce premier conflit mondial, nous nous faisons un devoir de publier cette liste. Elle pourra répondre aux attentes des historiens de cette période. Ce sera notre contribution aux recherches de ces spécialistes qui découvriront peut-être un parent ou une connaissance. Merci de nous signaler le fruit de vos recherches chers amis historiens internautes.

  • ANAIM  Augustave   333° d'Inf. Hopital Temporaire C. Pavillon Emile Raymond Salle 2 . CHAUMONT  (Hte Marne)
  • PRATTA Francisque  333° d'Inf. Cycliste  Secteur Postal 107
  • DELBECQ Louis      16° Bataillon de Chasseurs 2° Compagnie Secteur Postal 35
  • ANTOINAT Eugène    S. Lieutenant 16° Bataillon de Chasseurs  2° Compagnie Secteur 35
  • FONTENAND Marius   217° d'Inf. 19° Compagnie Secteur 197
  • COQUELOT Arthur    Sergent Téléphoniste 168° d'Inf. C.H.R. Secteur 191
  • GOMVEAU  Léon      168° d'Inf. 5° Cie. Secteur 191
  • BONNEROT Alexandre 167° d'Inf. Bombardier C.H.R. Secteur 191 
  • DOMIN Léon         167° d'Inf. Bombardier C.H.R. Secteur 191
  • LANGUI Auguste     167° d'Inf. Cycliste Service de Santé  Secteur 191
  • ARIEN BOMPOIS      167° d'Inf. 9° Cie Secteur 191
  • BRU Pierre         52°  d'Artillerie 131° Batterie de bombardier Secteur postal 7
  • MERGEN Pierre      Eclaireur monté 369° d'Inf. C.H.R. Secteur 149
  • SAIMOT Henri       Section Parc Autos N°35  B.C.M.  PARIS            (ou SAINSOT)
  • GOURVEAU Léon      36° d'Inf.  36° Comp. 9° B.I.  S. Postal 187      (autre mention: 168°d'Inf.P.L.M.3° Bataillon)
  • POCHEL Eugène      Gefang Lager Traustein Bavière                    (camp de prisonnier)
  • MANGIN Eugène      G.P.A. N°XI détachement d'Artillerie N°56 corps mobilisateur N°56
  • MANONVILLER Nicolas 141° Territorial conducteur 3° Cie Secteur 64    (autre mention: Etat Major 1° Bataillon S.P.56)
  • CORNILLE Eugène    X° d'Artillerie 107° batterie de 58 S. Postal 126 (autre mention: 176° C.R. 7° groupe S.P.79)
  • GERARD Jules       8° d'Artillerie 107° Batterie Secteur postal N°126
  • BIGOT Philibert    168° d'Inf. 5° Comp. S.P.191
  • ANOIAN Augustave   333° d'Inf. Hopital 77 Salle 23 C. DIJON  (Côte d'Or) (à vérifier avec le premier de cette liste)
  • APPOLINAIRE Eugène 83° d'Artillerie lourde 62° batterie détachement La Pie par CRETEIL  (Seine)
  • FONTENAUD Marius   366° d'Infanterie 17° Compagnie Secteur Postal 175
  • ANCIAN Augustave   46° Section d'autos canons de 75 par convois automobiles PARIS (à vérifier comme ci-dessus)
  • QUILICHINI Jean    22° d'Artillerie coloniale 27° Batterie Secteur 173
  • FERACCI Charles    Capitaine 22° d'Artillerie coloniale 27° Batterie  Secteur 173
  • THIBERT François   23° d'Artillerie 26° Batterie  Secteur 171
  • DROUHAND E.        Maréchal des logis chef 249° d'Artillerie 22° Batterie Secteur 166
  • LANGIN Auguste     Dépôt intermédiaire 76° Division 1° Comp. Secteur 516 (autre mention:227° d'Inf. 13° Cie)
  • EMILE Raymond      35° d'Infanterie 7° Compagnie Secteur 169
  • CORNILLE Eugène    176° d'Artillerie 25° Batterie Secteur 210  (ou 218)
  • EMILE Hubert       8° colonial 2° Cie annexe 46° groupe  TOULON  (Var)
  • ROCHE Albert       Musicien 325° d'Inf. B.E.M. 4° Bataillon  Secteur 94
  • SPAITE Charles     107° d'Artillerie lourde  1° Groupe  Etat Major. T.S.F. Secteur 40
  • MUSCAT François    135° d'Artillerie 7° Batterie 3° Groupe   Secteur 26
Il peut y avoir des différences orthographiques dans les noms. Ceci est dut à la transcription calligraphique de cet ancien document dont la lecture n'est pas parfaite.  Nous nous en excusons d'avance.

J.S.  Janvier 2013

mercredi, mai 2 2012

Le Rail au Service de l'OTAN (2e partie)

Dans un billet précédent, nous vous faisions part de la publication de la 1° partie du dossier "Le Rail au Service de l'OTAN", dans le N° 248 de la revue VOIE ETROITE.


Aujourd'hui nous vous annonçons la publication de la 2° partie de ce dossier, dans le N° 249 de la revue VOIE ETROITE.
Vous pouvez commander ces revues au prix de 6,95 € franco l'unité à APPEVA, BP 70106, 80001 AMIENS Cedex 1, en indiquant vos noms, prénoms, adresse, code postal-ville, accompagné d'un chéque correspondant à votre commande, à l'ordre de APPEVA.
Bonne lecture.

jeudi, mars 1 2012

ADRIAN : Le Casque et les Baraques

Les générations dernières connaissent peu ADRIAN. Ce nom ne leur évoque pas grand'chose. Pour les générations précédentes, ce nom avait un écho : le "casque ADRIAN" porté par les soldats de la première guerre mondiale (et qui a re-servi au début de la seconde!), ainsi que les "baraques ADRIAN" dont certaines existaient encore dans notre village au siècle dernier.

Mais qui était ADRIAN ?

  • Louis, Auguste ADRIAN est un Lorrain, il est né à METZ le 29 Aout 1859. D'une famille modeste, son père receveur à la Compagnie du Gaz, décide de quitter la Lorraine annexée par la Prusse après la défaite de 1870 pour gagner la France de l'intérieur. Pauvre, mais brillant élève, Louis ADRIAN devient Ingénieur de l'école polytechnique et se spécialise dans le génie. Sa carrière militaire l'amènera à MADAGASCAR, puis au Service de l'Intendance des Armées dont il assurera la réforme. Il part en retraite en 1913. Mais en Août 1914, à la déclaration de la guerre, il a 55 ans, il se porte volontaire pour servir le pays.
Le Casque Adrian
  • Dès les premiers combats, on relève un pourcentage élevé de morts et de blessés victimes à la tête d'éclats d'obus et de balles. La protection des hommes par un casque est à repenser rapidement. L'ingénieux Louis ADRIAN met au point un casque qui portera son nom, relativement léger 700 grammes, qui sera fabriqué dès 1915 notamment par les usines JAPY de PARIS et de BEAUCOURT (territoire de BELFORT). Dès la première année de fabrication en 1915, les usines françaises assurent l'approvisionnement de l'armée. On mentionne que le casque ADRIAN est sorti à 7 millions d'exemplaires et il a permis de sauver des centaines de milliers de vies humaines. Le casque ADRIAN sera également adopté par les armées Belge, Italienne, Serbe, Roumaine, Russe, Hollandaise.

Les Baraques ADRIAN
  • Le génial inventeur ne se limitera pas au casque de protection qui porte son nom. Il met au point une veste contre le froid en peau de mouton, que les fantassins des tranchées apprécient en la surnommant "la peau de bique". Des bottes en cuir les chausseront grâce à Louis ADRIAN. Mais c'est dans l'abri des troupes en campagne qu'il va montrer encore son esprit novateur. Constatant que les troupes ne trouvent refuge que dans l'hébergement chez l'habitant ou sous la toile de tente individuelle, très limitée dans la protection du froid et de la pluie, il met au point un baraquement démontable et de construction rapide. Il mobilise 200 entreprises qui vont sortir "les baraques ADRIAN". Ces abris pourront mesurer jusqu'à 30 m. de long , mais le modèle de base aura une longueur  de 12 m.. Les baraques recouvertes de toile goudronnées seront chauffées. Tout l'avantage du système ADRIAN réside dans la conception originale des fermes en bois qui constituent l'ossature des baraques. Ces  fermes seront espacées régulièrement de 2m. Cet espace intercalaire recevra des panneaux planchéiés formant les murs. Une part de ces murs sera équipée en partie haute de châssis vitrés. La charpente bois assemblée constituant les fermes comportera des poteaux verticaux reposant sur des semelles bois; une écharpe prenant appuis sur les semelles et fixée à l'entret horizontal du plafond s'amarerra à mi-chemin au poteau vertical. Des panneaux planchéiés équiperont également la partie inclinée inférieure des écharpes.  Cette astuce de construction a pour objet d'éloigner les eaux pluviales de ruissellement des parties basses du bâtiment, puisque le-dit bâtiment n'est pas muni de gouttières ni de descentes d'eau. Les baraques pouvaient servir de dortoirs, d'infirmeries, de cantines, de bureaux. L'utilisation en abri de matériel imposait à la commande le choix de pignons équipés de grandes portes à battant permettant l’accès à des voitures, des camions, alors que les baraques étaient généralement équipées de petites portes.
  • En général, les baraques ADRIAN avaient une largeur utile de 6,70m. sur une longueur de 12m. et une hauteur totale de 4m. avec une hauteur utile sous entret de 3,70m. La largeur d'emprise au sol totale était de 8m. ce qui offrait une bonne stabilité compte tenu de l'augmentation du polygone de sustentation. Si la couverture était assurée initialement par l'emploi de toile goudronnée peu coûteuse, d'une mise en oeuvre rapide, on a relevé fréquemment l'utilisation de plaques de tôles ondulées comme matériau de couverture.
  • Le bâtiment proprement dit présentait des avantages appréciables de par sa conception, sa facilité de mise en oeuvre même par une main d'oeuvre non spécialisée, il restait un point délicat à régler, c'était le choix de son implantation qui dépendait de la nature du sol supportant l'ouvrage et de l'assainissement de ses abords. Cet aspect important dépendait des responsables des cantonnements où était décidé la mise en place des baraques.
Baraque Adrian

ADRIAN et Fréménil

  • Notre village avait vu l'implantation, dans le secteur Grande Rue- Chemin de la Maxelle, de plusieures baraques ADRIAN formant un poste de secours en campagne pendant la première guerre mondiale. La paix revenue, ces bâtiments ont été vendus aux enchères par le Service du Génie. C'est ainsi que l'on pouvait voir au siècle dernier, au lieu-dit Le Camp sur la route d'Ogéviller, trois baraques ADRIAN remontées à l'usage d'abris de matériel agricole et appartenant à MMrs. René HENRY, Camille MANONVILLER et Albert MANONVILLER. Au Faubourg, Pierre CHATEL exploitant en vannerie avait réutilisé une baraque pour y abriter son matériel et ses produits finis.
  • Quant aux casques ADRIAN, il n'était pas rare d'en trouver dans nos fermes. Ils avaient une utilisation bien précise: à l'heure de "donner à manger aux poules", ils servaient de réceptacle pour le grain à distribuer aux volailles!

Revenons à l'inventeur des casques et des baraques. 

Très en avance sur son époque, il a fait des recherches sur l'utilisation de l'énergie solaire. ADRIAN, un prècurseur méconnu.

En Octobre 1915, Louis ADRIAN l'Intendant militaire est promu Commandeur de la Légion d'Honneur pour l'ensemble de son travail et le 16 Juin 1920 il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur. Malade, il se retire en Normandie à GENETS, face au Mont St Michel. Il décède en Aout 1933 à l'Hopital du Val de grâce à PARIS et repose au cimetière de GENETS (Manche) aux cotés de son épouse Marguerite et de son beau-père, le Chef de Bataillon PIGEON.

L'évocation de Louis ADRIAN est un hommage au génie d'un homme qui, dans une période particulièrement meurtrière, s'était donné comme mission la protection de ses frères d'armes. Il mérite que nous ne l'oublions pas.  Qu'il repose en Paix.

Jean SPAITE     Mars 2012

PS : La photo du casque Adrian provient de Wikipedia et est diffusée sous licence libre CeCILL. La photo de la baraque Adrian provient de "pages 14-18 - forum" et a été mise en ligne par michelnemo.

Liens : 

samedi, février 4 2012

Le rail au service de l'OTAN

C'était au siècle dernier...

Les initiés l'attendaient. Les amis de l'histoire, de même que les amis des chemins de fer, posaient la même question d'une manière récurrente : "Alors, quand est-ce que paraîtra l'article sur l'OTAN ?"  La réponse est toute récente: Dans son N° 248 de Février-Mars 2012, la revue "VOIE ETROITE" publie en pages 32-33 la première partie du dossier "Le Rail au service de l'OTAN" rédigé par votre serviteur.

Pendant 16 ans, de 1951 à 1967, la France a fait partie intégrante de l'OTAN. Les bases aériennes et les camps y ont utilisé des personnels civils. En Meuthe et Moselle il y a eu 3.500 emplois dont certaines personnes de nos villages. Ces bases aériennes et ces camps sont équipés d'embranchements ferroviaires permettant un trafic important par le rail. Il était souhaitable de ne pas oublier ces pages d'histoire lorraine.

Vous pouvez commander le N° 248 de VOIE ETROITE (prix 6,95 Euros franco) à APPEVA, BP 70106, 80001 Amiens Cedex 1, en indiquant vos noms, prénoms, adresse (code postal-ville accompagné d'un chèque de 6,95 Euros à l'ordre de APPEVA.  Vous en saurez plus en vous rendant sur le site de la revue

Bonne lecture.

dimanche, septembre 25 2011

Souvenirs de la guerre 14-18

Vestiges de guerre :

Au cours de la première guerre mondiale, nous avons vu que la numérotation des maisons du village était effective grâce à l'action du Commandant LAMY (nos billets du 30/10/2008 et du 14/5/2006). Le signalement des caves voûtées destinées à servir d'abris contre les bombardements s'était lui aussi traduit par une inscription peinte sur le mur de façade. Autre inscription : la capacité de l'habitation sous la forme d'un cadre peint au droit de la porte d'entrée mentionnant le nombre d'hommes, d'officiers, de chevaux, susceptibles d'être accueillis dans la maison. Nous avons gardé des photographies de ces inscriptions. Peu à peu, elles s'effacent. Le temps passe et nos maisons font peau neuve. En conséquence, dans notre village, on ne peut plus voir à ce jour les inscriptions "cave voûtée" et "hommes, chevaux" en vigueur au cours de la guerre 14-18. Seules quelques photographies, heureusement conservées, témoignent de cette période difficile.

Cave voutée 01Cave voutée 04Cave voutée 02
La Médaille en Chocolat !
 
Dans les années 1980, on avait renouvelé la porte d'entrée de la mairie-école qui accusait son âge. Pensez donc : elle avait été mise en place à l'époque de la reconstruction après la guerre de 14. En tant que porte d'entrée de la mairie-école, elle avait été très sollicitée par des va-et-vient incessants tant des adultes que des plus jeunes surtout. Il avait été décidé de la changer pour une porte plus moderne. A mon humble avis, on aurait pu la rajeunir grâce au talent d'un menuisier ébéniste compétent. Oui, mais voilà, la sentence était tombée sans appel: il faut du neuf !... Avant que mort n'arrive, j'ai eu la bonne idée de prendre en photo l'objet du délit. Oui, j'ai fixé à jamais sur la pellicule, celle que l'on ne voyait plus, tant elle faisait partie du quotidien mais qui, irrémédiablement malade, devait faire place à "autre chose de mieux". En résumé, tournons la page en tournant la porte.  J'ai retrouvé la photographie de l'ancienne porte et j'ai découvert la sculpture qui ornait la partie médiane, à savoir : la CROIX DE GUERRE !  La croix de guerre avait-elle été décernée à notre village après le premier conflit mondial ?

Porte Mairie


La réponse est NON. Pourtant notre village était situé juste après les premières lignes, zone des combats. Il était le premier village de l'arrière, accueillant les poilus, les blessés, les mourants, remontant le moral à tous ces braves venus des quatre points du pays en montrant une vie civile active, accueillante, tout proche de ce front de Lorraine. S'il n'avait pas subi les destructions massives comme ses proches voisins Domjevin, Blémerey, Vého, vides de leurs habitants évacués, il avait été frappé de plein fouet le 5 Novembre 1916 par un obus ennemi qui avait endommagé cruellement la magnifique porte ouvragée du XVIII° siècle de la maison MANONVILLER qui faisait l'orgueil du village, voyant ainsi disparaître le fleuron de son patrimoine rural (nos billets du 19/3/2011 et du 25/3/2007). Les autres maisons de la commune montraient de nombreuses traces d'éclats d'obus témoignant d'une période loin d'être calme.  Alors voilà ! La porte datant de la reconstruction avait été réalisée par un un menuisier ébéniste qui avait anticipé sur "la remise des médailles" pour les pays du front de Lorraine. Fréménil n'a pas fait partie de la liste des villages médaillés. Seul le menuisier lui a attribué la croix de guerre "en bois". Autrement dit, notre commune a reçu une médaille en chocolat !...en dépit de son rôle au contact immédiat des premiéres lignes des combats.


Quel dommage que l'on n'ait pas conservé cette porte ou tout au moins la sculpture la décorant. L'homme de l'art s'était montré plus reconnaissant que les hommes de l'état vis à vis des citoyens lambda.



Jean SPAITE    Septembre 2011

samedi, juillet 9 2011

Souvenirs de la Guerre 14-18

La première guerre mondiale a laissé des traces durables dans notre région dite à l'époque "le front de Lorraine". Notre commune de Fréménil garde deux blockhaus à l'Ouest et à l'Est du village qui ont été décrits sur notre site il y a un an. Si le vestige militaire "Ouest"(côté Domjevin) est bien conservé, il mérite néanmoins une réelle mise en valeur. Le vestige militaire "Est" (côté Ogéviller) accuse un abandon regrettable, indigne des courageux poilus de 1916 qui y ont consacré leurs efforts, et qui, pour certains, dorment au cimetière militaire de Reillon tout proche. Pécisons qu' Edmond DELORME, Président de l'Association des Amis des Beaux-Arts et des Arts Industriels de l'Arrondissement de Lunéville, s'est longuement arrêté à la description de ces ouvrages bétonnés d'un réel intèrêt (voir son ouvrage "LUNEVILLE et son Arrondissement"-1927). De même, plus récemment, la Communauté de Communes de la Vezouze a rappelé dans son inventaire relatif aux monuments de la vallée de la Vezouze, ces deux ouvrages dignes d'intérêt (voir "Des Communes à Vivre"-2003). Le temps qui passe ne doit pas se traduire par une passivité synonyme d'une ingratitude regrettable. Les instances officielles se doivent de réparer cet oubli et de mettre en valeur ces monuments militaires qui méritent une visite sous la forme d'un itinéraire spécialisé : "la route des vestiges militaires".

La vie quotidienne dans nos villages retrouvant la Paix après le bouleversement violent qu'a été la terrible guerre mondiale, a récupéré beaucoup de matériel abandonné. Si le célèbre casque ADRIAN a servit pacifiquement de réceptacle pour "donner du grain aux poules", cependant que la gamelle ronde réglementaire et son couvercle étaient orientés à des fins culinaires comme moule idéal pour faire "le quatre-quart", la baraque ADRIAN qui avait servit de dortoir pour la troupe à l'arrière, a été reconvertie après achat par nos paysans en abri pour le matériel agricole après démontage, transport et édification pour leur destinée nouvelle. Notre village, après la guerre en a compté au moins six.

Les fers cornières avec crans et les "piquets tire-bouchons" destinés aux faisceaux de barbelés devant les tranchées, débarrassés de leurs fils en acier et de "leurs piquants " barbelés sont devenus piquets de parc.

Piquets de barbelés type tire-bouchon


La première période de reconstruction des villages (1918-1920) a été marquée par l'utilisation intensive des "éclateurs".

Il s'agit de monoblocs en béton de 0m45x0m45 épaisseur 0m10 dotés de deux épingles croisées en rond à béton de 10mm de diamètre facilitant la manutention pour la mise en oeuvre. Le poids unitaire dépassait les 50 kilos. Initialement ces pièces ont été prévues pour la protection du remblai des tranchées contre les "éclatements" des obus qui tombaient à proximité. En effet, ce revêtement bétonné s'est révélé efficace par un pavage pentu sur deux rangées. Mais les poilus pataugeant par temps de pluie au fond de leurs boyaux boueux qui avaient déjà réalisé des sols par utilisation de planches récupérées ou des assemblages de rondins (des charbonnettes) n'ont pas tardé à utiliser les éclateurs comme allées bétonnées plus confortables. Les soldats du Génie et les artilleurs ont compris très vite qu'un revêtement en béton des cheminements les rendant plus carrossables pour les pièces d'artillerie allait considérablement leur faciliter la vie surtout en zones boueuses. D'où les chantiers de fabrication "d'éclateurs" dans les régions dotées de carrières de sable (comme notre commune), ce travail relevant principalement des hommes du Génie (mais en cas de demande intensive toute main-d'oeuvre était mise à contribution).  Les éclateurs servaient aussi à monter un quadrilatère de protection, murs bétonnés à montage rapide, pour l'exécution d'un puits de mines et destruction de munitions ennemies non éclatées.

Utilsation d'eclateurs comme marche d'accès

Le sol d'une grange réalisé avec des éclateurs
Revenons en 1918.

Le front de Lorraine s'est fixé pendant les quatre années de guerre sans pour autant se traduire par une inactivité, en témoignent les différentes offensives et les nombreux morts qui reposent dans nos cimetières militaires (Reillon). En Octobre 1918 le Maréchal FOCH considérant que l'ennemi utilise le maximum de ses forces sur le front de la Marne, décide d'une ultime opération qui doit être déterminante. Elle aura lieu sur le front de Lorraine, considéré comme le point le plus vulnérable du front allemand. La date fixée est le 15 Novembre 1918. La direction de cette opération d'envergure est confiée au Général CASTELNAU qui disposera de 30 divisions. Le Général MANGIN aura son PC à Tantonville (88) et sera responsable du 2° Corps d'Armée dont le PC se situera à Einville, et du 6° Corps d'Armée dont le PC lui, est situé à Saint Clément.  Pour faciliter la progression de l'offensive française qui sera déterminante, le service du Génie doit réaliser la fourniture massive d'éclateurs qui vont être mis en place dans les forêts de Mondon et de Parroy. Les chantiers de production travaillent à plein rendement.

Pendant ce temps, que se passe-t-il du côté ennemi ?  Les allemands ont depuis longtemps fabriqué leurs propres éclateurs sous la forme de longrines bétonnées destinées au même usage que leurs homologues français mais beaucoup plus lourds. Ils offrent l'avantage de réaliser des tabliers d’aqueducs pour le passage des nombreux cours d'eau à franchir; mais leur poids élevé est souvent un handicap.  Les services d’espionnage allemands ne sont pas restés inactifs. Ils connaissent la date fixée pour l'offensive projetée par les français et ils sont au courant des importantes forces rassemblées... Voilà de quoi réfléchir.

L'Etat-Major allemand  prend rapidement une décision devant l'imminence d'une attaque d'envergure sur un front lorrain difficile à renforcer. Ce sera la demande d'armistice qui sera effective le 11 Novembre 1918 à 11 Heures....

Les canons se sont tus, la Paix est enfin revenue, il nous faut enterrer nos morts des deux côtés du front et il nous faut reconstruire nos villages.

Les granges et les écuries de nos fermes qui n'avaient connu que la terre battue, vont bénéficier d'un pavage bienvenu par l'utilisation des éclateurs retrouvés en nombre dans les forêts de Mondon et de Parroy.

Et c'est ainsi que bientôt un siècle plus tard nous retrouvons sous nos pas, dans nos maisons paysannes lorraines, les éclateurs de la grande guerre.


Jean SPAITE    Juillet 2011






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