Les terrains de jardin.

 Une habitante du village a posé cette question inattendue :

Question :  Pourquoi la profondeur de mon jardin situé derrière ma maison est plus petite que celle de mon voisin qui va nettement plus loin ?

Réponse :  Rappelons que la fondation  de notre village remonte aux environs de l’an 1000. Cette fondation débute avec la rue actuelle de la Prairie (qui a été baptisée à l’époque Grande Rue ) suivie de la partie Est de la Grande Rue actuelle (baptisée initialement  Rue du Puits ). Les maisons se sont construites sur les terrains bordant les rues ; ces terrains étant différents tant dans leurs dimensions que ce soit en longueur comme en largeur. Nos ancêtres étaient plus ou moins riches d’où les maisons de fermiers-laboureurs côtoyant les maisons plus modestes des manouvriers avec évidemment des terrains correspondants à usage de jardin .    Au fur et à mesure des années qui s’écoulent, des siècles nombreux ont vu des modifications, des changements dans les propriétaires successifs des maisons et de leurs jardins. Des fortunes diverses, des successions se traduisent par des héritages, des ventes, des achats. Et en 1000 ans on trouve des propriétés dites “normales” et des propriétés “nettement plus grandes”.

Voilà pourquoi, Madame , il y a des jardins qualifiés de “petits” et d’autres “plus grands”.

A titre indicatif, on trouve une égalité relative dans les maisons et jardins des cités-ouvrières bâties au XIXe siècle à l’ère industrielle illustrée par les cités des “wagons” à Lunéville, les “cités Solvay” à Dombasle, ou les lotissements ouvriers des cités des employés des Chemins de fer de la Cie de l’Est à Blainville, sans oublier les cités-ouvrières du Pays Haut berceau de la Sidérurgie ou des Mines.

Qu’il soit petit ou qu’il soit grand, il fait toujours bon dans son jardin….

Les constructions militaires.

Question : Pourquoi les blockhaus de notre village sont-ils construits “à cheval” sur deux propriétés différentes ?

Réponse :  Il nous faut remonter à la période de la guerre 14-18.

Comme dans tous conflits, une règle dominante apparaît :

La priorité est donnée à l’autorité militaire; l’autorité civile: maire et conseillers s’effacent devant l’armée.    C’est ainsi qu’apparait les réquisitions de tout espace libre dans les habitations pour abriter les soldats, les chevaux et le matériel, mais également des terrains.

Rappelons que dans les temps anciens, l’armée vivait sur les vivres des habitants : le pain, les saucisses, les jambons et le vin étaient réquisitionnés !!!...

Au cours de la première guerre mondiale l’intendance militaire suivait et était souvent partagée avec les populations occupées.

Revenons au positionnement des blockhaus.

Le village et sa population étant gardée en place, est occupé par la troupe. L’autorité militaire décide, face au voisinage tout proche du front (Blémerey, Vého, Leintrey ) de protéger efficacement cet espace habité par la population locale et par ses troupes.

Le commandement décide en 1916 la construction de deux blockhaus, un à l’Est l’autre à l’Ouest du village sous la forme de fortification en béton armé abritant chacune deux chambres équipées de mitrailleuses lourdes avec meurtrières orientées vers le Nord face à une éventuelle attaque ennemie. Entre ces deux fortifications,  toujours côté Nord du village, on trouve des tranchées occupées par la troupe prête à la défensive.

C’est le commandement en place qui décide du positionnement des blockhaus. 

C’est là et pas ailleurs !   Sans aucun respect du cadastre et des propriétaires des terrains ! 

 Pour justifier toute décision, on entendait souvent cette formule “ A la guerre, comme à la guerre” qui ponctuait fermement l’ordonnance. 

 Seule la topographie du lieu décide du positionnement le plus opérationnel.

Et nous voici au XXIe siècle, héritiers de ces constructions stratégiques qui méritent une mise en valeur 100 ans après les événements.

Depuis fort longtemps une décision civile aurait put être prise pour régler la situation .

Constatons l’inutilité d’un tel ouvrage bétonné à des fins agricoles pour le terrain occupé.

Le respect que l’on doit à nos aînés qui ont laissé leur vie au cours de ce meurtrier conflit devrait nous conduire à la conservation de ces témoignages fortifiés.

La solution est dans la cession à la commune de la partie construite sur terrain privé pour l’Euro symbolique avec une bande de terrain en périphérie de 1,50 m. environ.  

Cette opération notariale a été réglée par de nombreuses communes qui désormais en assure la complète conservation par une mise en valeur.

C’est ainsi que l’on écrit l’histoire , par des actes.

Il est toujours temps de commémorer le Centenaire de la première guerre mondiale.

Jean  SPAITE   Mai 2019