Le petit pont de bois s'en est allé,
      Usé, abimé, défoncé,
      Le passage du ruisseau n'était plus sécurisé.
      Il fallait bien en convenir,
      Le petit pont de bois était bon pour mourir....

Et pourtant cet ouvrage fort modeste avait une histoire.
Les vieux plans de la commune le mentionne. Le chemin rural dit du cimetiére, longeant le champ du dernier repos, par ce pont franchissait le cours d'eau que l'on retrouve sous l'appellation " ruisseau d'Alhan " pour desservir la prairie. On peut se souvenir, à l'époque oû tout se faisait à la main, des cohortes de faucheurs suivies bientôt par les troupes de faneurs et de faneuses qui envahissaient les près pour retourner "l'herbe coupée" du matin devenant "le foin" l'aprés-midi par les bienfaits du soleil. Ces acteurs efficaces bavardaient, chantaient pour rendre le travail moins pénible.


Bien sûr, on pouvait aussi accéder à la prairie par le pont de "la Banvoire", mais le "pont du cimetiére" avait ses habitués, ceux la-même qui parlaient encore de l'exploitation de la "carriére du cimetiére" par l'entreprise France-Lanord, de son chef de chantier "le Père Boudini" et du petit tacot Decauville. Nous aurons l'occasion dans un prochain article de parler de ce petit train en voie de 0,60 m.,construit en 1916-1917 par l'armée française pour desservir les troupes du front positionnées à BLEMEREY, VEHO, REILLON, et qui, la Paix enfin revenue en 1918, a vaillament servi à la reconstruction des régions dévastées par le conflit, grâce notamment à l'embranchement de la carriére où opérait "le Pére BOUDINI" .


Le petit pont du chemin du cimetière était constitué par deux culées en maçonnerie enrichies au fil des ans par un bétonnage complémentaire. Le tablier en bois représenté par un platelage de 2,50m. environ de large   renforcé par 2 poutrelles ( fers IPN ) reposant sur les culées. Les passages successifs de plus en plus lourds en passant du chariot à cheval au tracteur beaucoup trop pesant, ont accéléré l'endommagement de l'ouvrage.


La commune s'oriente vers un pont réservé aux piétons, promeneurs, pécheurs, tolérant les bicyclettes, mais interdisant tout véhicule à moteur, à deux ou à quatre roues. La simplicité d'un tel ouvrage s'accompagne d'une réalisation spartiate, économe, par utilisation d'anciens poteaux en béton armé avec un revêtement de chaussée en béton. Les gardes-corps en tubes soudés sont en cours d'installation en mai 2009, et les panneaux de limitation de circulation sont prévus à chaque extrèmité du tablier.


Ainsi, grâce à l'équipe des ouvriers intercommunaux sous la direction du conseiller municipal chargé des travaux, le petit pont du chemin du cimetiére va revivre pour la plus grande satisfaction des promeneurs et des pêcheurs.


Ami de la nature, viens jouir de la vue de la verte prairie, viens rêver au son du doux clapotis de l'eau du ruisseau où les nombreux poissons dansent pour la plus grande joie des yeux des enfants qui les découvrent, ravis...

J.S. Mai 2009