Bien sûr, ce n'était pas un gros cultivateur (il avait 2 vaches, 2 porcs, des poules et des lapins...) mais il produisait du blé, de l'orge, du foin, de la pomme de terre et des betteraves. Comme tout le monde ici, il faisait son jardin, son verger. Mais il était aussi :
  • Apiculteur (il avait une vingtaine de ruches)
  • Vigneron récoltant (il réalisait un honnête vin de table)
  • Vannier (il produisait son osier et le travaillait pour faire des paniers, des bonges, des charpagnes...)
  • Coiffeur-Barbier (sa clientèle locale venait le voir le samedi en fin d'aprés-midi et le dimanche matin avant la messe !!!)
  • Infirmier (il savait soigner bien des maux, les blessures et a souvent tenu, avec réussite, le rôle de "sage-femme"...)
  • Garde-Champêtre
  • Garde-Pêche
  • Appariteur (il arpentait les rues du village avec son tambour pour annoncer les avis officiels)
  • Tueur de cochons (il savait débiter la bête comme un vrai boucher et traîter la cochonaille au maximum de rentabilité. (Il est vrai que dans le cochon, tout est bon !! )
  • Sonneur de cloches (il s'était révélé, au cours des ans, un trés bon carillonneur. On reconnaissait ses mélodies dans les villages environnants : "Tiens, ça, c'est "le Lucien "qui sonne!!")
  • Sacristain (il aidait Monsieur le curé, et, pendant de longues années, c'était lui, "le Lucien", qui préparait le pain béni dans "des paniettes" sur la tablette de la fenêtre de la sacristie. C'était le temps du pain béni...)
  • Maçon (monter un mur ne lui faisait pas peur, réparer un toit ou même remettre en état les culées du pont du chemin du cimetiére (dans les années 1934-1935) entrait aussi dans ses compétences.)
  • Fossoyeur et croque-mort (dans les derniers moments d'un être humain, on faisait appel "au Lucien". Il savait habiller un mort, le préparer pour la veillée funèbre, quelque fois même il a réalisé le cercueil,e t il s'occupait de "faire le trou" au cimetiére.)
  • C'était aussi un amateur de champignons et un pêcheur averti.

En voila des métiers, et pour lesquels, en ces temps-là, on n'exigeait pas de C.A.P. Ce qui comptait, c'était d'être utile.
Lucien joseph CARMENTRE etait né le 24 Septembre 1886 à Fréménil il est décédé le 11 Juin 1982 à Lunéville à l'àge de 96 ans.
Durant la derniére guerre, injustement dénoncé, il fut interné à la prison Charles III à Nancy pour détention d'armes. Toujours prêt à rendre service, le village lui doit beaucoup.

La photo illustrant l'article date de 1964

J S Aout 2008