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  • Le 11 novembre, c'est la commémoration de l'armistice de 1918. C'est le jour où notre petit village se réunit devant le monument aux morts pour une cérémonie toute simple, devenue traditionnelle, et qu'il nous faut pérenniser au fil des ans : c'est le jour du souvenir.
  • Le Maire de la commune préside la cérémonie. Ici, pas de drapeau, pas de sonnerie de clairon. Quand il y avait le corps de sapeurs pompiers volontaires, les soldats du feu au nombre d'une dizaine se mettaient au garde à vous de chaque côté du monument. Le premier magistrat lisait la lettre du ministre des anciens combattants et victimes de guerre, écoutée par l'assistance dans un respectueux silence, troublé seulement par le chant des oiseaux.
    Et, en cet instant où l'on évoquait les victimes de guerre, cette ambiance de paix faisait mesurer à l'auditoire le sacrifice de ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Puis venait l'appel "A nos Morts", ceux de la guerre 14-18 suivi de ceux de la deuxième guerre mondiale. A chaque appel d'un nom, l'assistance répondait "Mort pour la France". Après l'appel des morts pour la France, la chorale paroissiale entonnait a-capella la Marseillaise, notre hymne national qui faisait passer un frisson parmi les présents. Notre maire, après avoir remercié l'assistance, invitait alors la population à venir "prendre le pot de l'amitié" pour clore cette cérémonie. Et traditionnellement, avant de se diriger vers la salle communale, chacun allait faire une visite au cimetière à ses parents, à ses amis, à ceux qui ont connu ces maudites guerres, à ceux qui en ont souffert et qui ont quitté ce monde.
  • Le temps passe. Les souvenirs s'effacent. L'évocation de ces noms inscrits sur le monument aux morts parlent encore aux plus anciens d'entre nous. Quoique ?... Ceux de la première guerre mondiale sont déjà éloignés. Peut-être un ancêtre y figure-t-il ? Pour la seconde guerre, c'est un peu plus proche et l'on peut encore mettre un visage sur un nom évoqué. Mais pour les générations futures ?... Quelle peut être la réaction devant un Dupont ou un Durand mort pour la France et dont ils n'ont jamais entendu parler ? La situation va s'accentuer avec les années qui passent et avec l'apport des populations nouvelles qui ont choisi d'habiter un village dont ils apprécient le calme mais dont ils ignorent l'histoire.
    L'Histoire, elle se lit au monument aux Morts. Encore faudrait-il y ajouter une traduction pour être comprise de tous. Comprise et respectée.
    Cette démarche doit être plus facile dans notre village dont la population n'atteint pas les 200 habitants. Démarche moins évidente dans les villes où l'on ne peut connaître tout le monde.
    Dans la pratique, sous la forme d'un livret, à chaque nom peut correspondre les dates de naissance, de décés et à quel endroit (Verdun, la Somme etc.), le régiment auquel il appartenait. Dans la vie civile : sa profession (cultivateur, vannier etc.), était-il marié, avait-il des enfants, éventuellement l'identité de ses parents.
    Quel programme !...
    Mais quel devoir de mémoire.
    Il est souhaitable que cette démarche ne tarde pas à être réalisée de manière à transmettre aux générations futures le message de ces enfants du pays qui ont cédé leur vie pour que nous puissions vivre en paix. Une façon aussi de mieux connaître l'histoire de son village. N'oublions pas ces hommes qui nous ont précédés.
Article rédigé par Jean SPAITE, Juillet 2006
Voir aussi, en complément, l'article sur les 11 fréménilois disparus lors du second conflit :Morts pour la France (1939-1945)