Fréménil, un village lorrain

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Toponymie et histoire, personnages

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lundi, août 15 2016

Tombé du ciel et sauvé par la Résistance...

A propos d'un récit sur la chute d'un avion allié le 27 Août 1944 dans le secteur de BENAMENIL, les recherches des historiens permettent de progresser pour une meilleure connaissance de ce crash.

Rappelons que dès 1997, sous le titre "Tombés du ciel" nous avions fait paraître un article dans la Revue Lorraine Populaire (RLP N°134-Février 1997) concernant les aéronefs tombés dans le Sud Lunévillois. Plus précisément en page 281-Repère 11- nous citions l'avion allié tombé le 27 Août 1944 dans le secteur de BENAMENIL.

En 2009 nous avons publié un ouvrage "La Résistance à FREMENIL" évoquant cette chute d'avion et le sauvetage d'un membre de l'équipage par le groupe de résistance de FREMENIL (voir notre article).

En complément de cet acte de sauvetage, nous avions fait un écho "En mémoire des Résistants de FREMENIL" faisant appel a un besoin légitime d'une plaque-souvenir pour marquer cet événement. La réalisation de cette plaque-souvenir a été effective le 11 Novembre 2015 au cours de la cérémonie anniversaire du 11 Novembre 1918.

Toujours sur notre site, le samedi 20 Juin 2015, nous avions rappelé la composition du groupe local de Résistants, le sauvetage d'un membre de l'équipage de l'avion du 27 Août 1944 (date initialement mentionnée), et l'évocation que ce fait des soldats de l'ombre méritait d'être sauvé de l'oubli.

Dans le monde discret des chercheurs de cette histoire des chutes d'avions de la deuxième guerre mondiale, les spécialistes avancent sérieusement. Sous réserve de renseignements toujours plus précis concernant ce crash, nous pouvons donner une image de cette tragédie. Longtemps annoncé comme étant une Forteresse volante US l'aéronef est en fait un avion anglais de la RAF.

Avro_Lancaster.jpg
Il s'agit d'un avion AVRO type LANCASTER MkI du N°61 Squ. Avion Bombardier de nuit britannique (Royal Air Force) quadrimoteur.

Sa mission : Bombardement de RÜSSELHEIM (Allemagne)

Décollage le 25/08/1944 à 20h32- Base LUDFORD MAGNA Lincolnhir UK (Angleterre)

N° de l'avion : NN 705 SR-O Type LANCASTER MkI

N° de l'escadrille : N° 101 Squadron

L'équipage était composé de 9 membres :

  • Chef de bord- Pilote       : FO.  STELL Malcom Joseph        31 ans (RN ZAF) Royal Newealand Air Force
  • 2° Pilote - Mécanicien     : FO.  ROSS  William              23 ans (RC AF)  Royal Canadian Air Force
  • Navigateur                 : Sgt. BRIERS John William        36 ans (VR)     Volontaire Réserve
  • Navigateur- Bombardier     : F.Sgt. SCHOFIELD Eric           33 ans (VR)            "
  • Bombardier-Opérateur Radio : F.Sgt. REID John Mac Donald     20 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. ROWLEY Joseph Peter        22 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. BRACEGIRDLE Julian Charles 26 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. TWELL Harry                32 ans
  • Mitrailleur                : Sgt. MORE  Thomas                ?

Notons que l'équipage normal d'un LANCASTER MkI se compose de 7 membres. Il y avait donc 2 personnes supplémentaires pour cette mission.

Si l'on se réfère au récit de Gaston CARMENTRE résistant qui a opéré au sauvetage d'un membre de l'équipage, le LANCASTER revenant de sa mission de bombardement en Allemagne avait survolé OGEVILLER avec un moteur en feu. Poursuivant sa course à basse altitude au dessus de la forêt de MONDON, le Sergent Thomas MORE Mitrailleur en aurait profité pour sauter en parachute et atterrissant brutalement à la lisière du bois sur la commune de BENAMENIL. Le groupe de résistants avec notamment Julien MALGRAS a opéré rapidement au sauvetage de l'aviateur blessé aux jambes en le cachant chez lui à FREMENIL. Gaston CARMENTRE nous rappelle dans son récit (voir "La Résistance à FREMENIL" 2009 page 21) l'épisode du transport du blessé caché dans une charrette de foin jusqu'à BENAMENIL auprès du Docteur SEGALL lui-même résistant, ainsi que le retour à FREMENIL en utilisant le même stratagème. Nous savons que le Sergent Thomas MORE (matricule 978 951) après guérison a pu retrouver la liberté grâce à la filière d'évacuation des Résistants.

Qu'était-il advenu de l'avion et des 8 membres de l'équipage restant ?

Vraisemblablement il a du voler péniblement avec son moteur en feu dans l'espoir incertain d'un retour à sa base.

On n'a pas retrouvé le lieu exact de chute du LANCASTER. Peut-on le situer dans la région Sud de NANCY ou de TOUL ? Ce qui est certain, c'est que les 8 membres de l'équipage sont décédés et reposent désormais au cimetière britannique de CHOLOY-MENILLOT (54). Soulignons la jeunesse de l'équipage de ce LANCASTER qui a donné sa vie pour que nous vivions aujourd'hui en PAIX. Ne les oublions pas. Gardons également le souvenir des résistants de FREMENIL, acteurs efficaces du sauvetage du Mitrailleur Thomas MORE, qui ne doivent pas, eux aussi , tomber dans l'oubli.

Tombes_Equipage_Lancaster_NN_705_SR-O.jpg
Pour compléter nos recherches nous nous sommes rendu au cimetière militaire de CHOLOY-MENILLOT (CD118 Toul-Foug) dans la nécropole britannique-néozelandaise où nous avons retrouvé les tombes des huit aviateurs de la RAF qui reposent en ce lieu. Ils sont unis désormais sur une même ligne de repos [1D] reconstituant pour toujours l'équipage du LANCASTER MkI de l'escadrille 101 Squ. qui s'est écrasé le 26 Août 1944.

  • Tombe 1D1- Sergent TWELL Harry                   32 ans Mitrailleur (Anglais)          Matricule 515 294
  • Tombe 1D2- Sergent BRACEGIRDLE  Julian Charles   26 ans Mitrailleur                          "   2209182
  • Tombe 1D3- Officier Aviateur STEEL Malcom Joseph 31 ans Pilote Chef de bord                  "   424 533
    (Royal Newzealand Air Force)
  • Tombe 1D4- Sergent Aviateur SCHOFIELD Eric       33 ans Navigateur Bombardier (Anglais)      "   1506088
  • Tombe 1D5- Sergent ROWLEY Joseph Peter           22 ans Mitrailleur (Anglais)                "   1579631
  • Tombe 1D6- Officier Aviateur ROSS William        23 ans 2e Pilote Mécanicien                 "   J/26796
    (Royal Canadian Air Force)
  • Tombe 1D7- Sergent BRIERS John William           36 ans Navigateur (Anglais)                 "   1815067
  • Tombe 1D8- Sergent Aviateur REID John Mac Donald 20 ans Bombardier Opérateur Radio (Anglais) "   1318282

Le plus jeune avait 20 ans, le plus agé 36 ans...

Ils ont donné leur vie pour libérer le pays dans lequel nous pouvons vivre en PAIX. Ne les oublions pas.

Tombe_H.T.Well.jpgTombe_J.C.Bracegirdle.jpgTombe_E.Schofield.jpgTombe_M.J.Steel.jpgTombe_J.M.Reid.jpgTombe_J.W.Briers.jpgTombe_W.Ross.jpgTombe_J.P.Rowley.jpg
Restent donc les questions suivantes :

  • Quel est le lieu exact de la chute du LANCASTER du 101 Squadron ?
  • Qu'est devenu le Sergent Thomas MORE (matricule 978951) après son sauvetage par le groupe de résistants de FREMENIL ?

En ce qui concerne le lieu du crash du LANCASTER de la RAF nous lançons un APPEL à toute commune du Sud du département 54 qui a été le théâtre de cet accident pour nous signaler l’événement. Peut-être que les huit aviateurs décédés ont été inhumés provisoirement en local (cimetière communal par exemple) avant de reposer définitivement au cimetière militaire de CHOLOY-MENILLOT ce qui pourrait figurer dans les archives communales de 1944.

Espérons en savoir plus par la suite grâce à nos chercheurs de l'Histoire.

Pour l'heure, nous devons la progression des recherches historiques concernant cet épisode de la Seconde Guerre Mondiale à :

  • Michel   AUBURTIN   de FAMECK (57)
  • Alain    CARMENTRE  de MANONVILLER (54)
  • Jérome   LECLERC    de VEZELISE (54)
  • René     LOUBETTE   de BENAMENIL (54)
  • Edouard  RENIERE    de BRUXELLES (Belgique)

Rappelons également les noms des membres du groupe de Résistants de FREMENIL (Secteur 416) qui ont tous aujourd'hui disparus :

  • Julien   MALGRAS         (1905-1995) Responsable du groupe.
  • Paulette BENOIT          (1916-1971)
  • René     HENRY           (1893-1975)
  • Nicolas  DENIS           (1891-1958)
  • Pierre   ADAM            (1921-1944)
  • André    CARMENTRE       (1924-1984)
  • Gaston   CARMENTRE       (1925-1998)
  • Docteur Laurian I.SEGALL (1900-1991)

N'oublions pas ces fidèles Soldats de l'ombre.

Jean SPAITE   Août  2016

Sources :

  • Avro_Lancaster_B_I_PA474 par Kogo — Travail personnel, GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=473193
  • Photos du cimetière RAF de Choloy-Menillot : Collection personnelle

Cimetière RAF de Choloy-Ménillot :
Nous avons eu quelques difficultés à trouver la nécropole de la RAF de Choloy Ménillot. Pour vous éviter ces déboires, vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessous pour obtenir une carte Google Maps avec les coordonnées du cimetière.

Coordonnees_Google_Map_Cimetiere_RAF_Choloy_Menillot.jpg


Here follows a Google-Translation of this article for our fellow-english readers (Sorry for the approximations) :

About a story about a plane crash ally August 27, 1944 in BENAMENIL sector, historians research permits progress towards a better understanding of this crash.

Recall that in 1997, under the title "Lost in Transit" we published an article in the Revue Populaire Lorraine (RPL No. 134, February 1997) about an aircraft fell in the South Lunévillois. Specifically on page 281-mark 11- we quoted allied aircraft dropped 27 August 1944 in the BENAMENIL sector.

In 2009 we published a book "The Resistance Fréménil" suggesting that an aircraft crash and rescue a crew member by Fréménil resistance group (see article).

In addition to this act of rescue, we made an echo "in memory of the Resistance fighters Fréménil" employing a legitimate need for a plate souvenir to mark the event. The completion of this plate souvenir was effective November 11, 2015 during the anniversary ceremony of November 11, 1918.

Always on our site, Saturday, June 20, 2015, we recalled the composition of the local Resistance group, the rescue of a crew member of the aircraft of 27 August 1944 (date previously mentioned), and evocation it makes the shadow of soldiers needed to be rescued from oblivion.

In the discrete world of researchers of this story falls aircraft of World War II, experts argue seriously. Subject to ever more specific information about this crash, we can give a picture of the tragedy. Long billed as a US Flying Fortress aircraft is actually an English aircraft of the RAF.

This is a kind AVRO LANCASTER MkI the No. 61 Squ. British Night Bombardier aircraft (Royal Air Force) four-engine.

His mission: Bombing of Rüsselsheim (Germany)

The takeoff 08/25/1944 at 20h32- Base LUDFORD MAGNA Lincolnhir UK (England)

No. plane: NN SR-705 Type O LANCASTER MkI

No. Squadron: No. 101 Squadron

The crew was composed of 9 members:

    Board- Chief Pilot: FO. STEEL Malcom Joseph 31 (RN ZAF) Newealand Royal Air Force
    Flying Officer - Pilot : FO. ROSS William 23 (RC AF) Royal Canadian Air Force
    Flight Engineer : Sgt. BRIERS John William 36 (VR) Volunteer Reserve
    Navigator - Air Bomber F.Sgt. Eric SCHOFIELD 33 (VR) "
    Air Bomber - Radio Operator : F.Sgt. REID John MacDonald 20 (RV) "
    Wireless Operator - Gunner Sgt. ROWLEY Peter Joseph 22 (VR) "
    Air Gunner Sgt. BRACEGIRDLE Julian Charles 26 years (VR) "
    Air Gunner Sgt. H.T WELL Harry 32
    Gunner Sgt. MORE Thomas


Note that the normal crew of a MkI LANCASTER consists of 7 members. So there were 2 more people for this mission.

If one refers to the story of Gaston CARMENTRE resistant which operated the rescue of a crew member, the LANCASTER returning from his mission of bombing Germany had flown OGEVILLER with an engine on fire. Continuing its low-altitude race above the forest MONDON, Sergeant Thomas MORE gunner would have the opportunity to parachute and landing abruptly on the edge of the wood in the municipality of BENAMENIL. The resistance group including Julien Malgras quickly made to rescue the airman wounded in the legs by hiding him home to Fréménil. Gaston CARMENTRE reminds us in his story (see "The resistance Fréménil '2009 page 21) episode of transporting injured hidden in a hay cart to BENAMENIL from Dr. SEGALL itself resistant, as well as return to Fréménil using the same ploy. We know that Sergeant Thomas MORE (registration number 978951) after healing could find freedom through the evacuation chain of Resistance.

What happened to the plane and 8 crew members remaining?

Presumably he has difficulty flying with its engine on fire in the uncertain hope of a return to its base.

We have not found the exact place of falling LANCASTER. Can we locate it in the South region NANCY or Toul? What is certain is that the 8 crew members died and now based at the British Cemetery CHOLOY-MENILLOT (54). Emphasize youth crew this LANCASTER who gave his life that we might live today PEACE. Do not forget them. also keep the memory of resistant Fréménil, effective actors of rescue Gunner Thomas MORE, which should not, too, fall into oblivion.

To supplement our research we realized the military cemetery of CHOLOY-MENILLOT (CD118-Foug Toul) in the British-New Zealand's necropolis where we found the graves of eight RAF airmen buried in this cemetery. They are united now in one line off [1D] reconstituting forever LANCASTER MkI the crew of the squadron 101 Squ. that crashed Aug. 26, 1944.

    1D1- Twell Tomb Sergeant Harry Gunner 32 (English) Unique Number 515294
    Tomb 1D2- BRACEGIRDLE Sergeant Julian Charles 26 years Gunner "2209182
    Tomb 1D3- Pilot Officer Malcom Joseph STEEL 31 years Driver Skipper "424533
    (Newzealand Royal Air Force)
    Tomb 1D4- Sergeant Airman Eric SCHOFIELD 33 Bombardier Navigator (English) "1506088
    ROWLEY falls 1D5- Sergeant Joseph Peter Gunner 22 (English) "1579631
    Tomb 1D6- Pilot Officer William ROSS 23 Mechanic 2nd Driver "J / 26796
    (Royal Canadian Air Force)
    Tomb 1D7- BRIERS Sergeant John William 36 years Navigator (English) "1815067
    Tomb 1D8- Sergeant Airman REID John MacDonald 20 Bombardier Operator Radio (English) "1318282

The youngest was 20, most aged 36 years ...

They gave their lives to liberate the country where we can live in PEACE. Do not forget them.

This leaves the following questions:

    What is the exact location of the fall of LANCASTER 101 Squadron?
    What happened to Sergeant Thomas MORE (registration number 978951) after his rescue by the resistant Fréménil group?

Regarding the crash of the RAF LANCASTER we launch an APPEAL to all South municipality of the department 54 which was the scene of the accident to report us the event. Maybe the eight deceased airmen were buried temporarily in local (municipal cemetery for example) before finally rest at the military cemetery of CHOLOY-MENILLOT which could be included in the municipal archives in 1944.

Hopefully more later thanks to our researchers in history.

For now, we have the progress of historical research on this episode of the Second World War:

    Michel AUBURTIN of FAMECK (57)
    Alain CARMENTRE of MANONVILLER (54)
    Jerome Leclerc of VEZELISE (54)
    René Loubette of BENAMENIL (54)
    Edouard Renière BRUSSELS (Belgium)

Also remember the names of members of the Resistance Fréménil group (Sector 416) have all disappeared today:

    Julien MALGRAS (1905-1995) Group responsible.
    Paulette BENOIT (1916-1971)
    René HENRY (1893-1975)
    Nicolas DENIS (1891-1958)
    Pierre ADAM (1921-1944)
    CARMENTRE André (1924-1984)
    CARMENTRE Gaston (1925-1998)
    Dr. Laurian I.SEGALL (1900-1991)

Do not forget these faithful shadow soldiers.

Jean Spaite August 2016

sources:

    Avro_Lancaster_B_I_PA474 by Kogo - Own work, GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=473193
    Photos cemetery RAF Choloy-Menillot: Personal Collection

RAF Choloy-Ménillot:
We had some difficulty finding the necropolis of RAF Choloy Ménillot. To avoid these disappointments, you can click on the image below to get a Google map with the coordinates of the cemetery.

vendredi, avril 22 2016

Des pèlerinages...

Jakobs_Brueder-1568.pngOn se souvient qu'après la seconde guerre mondiale, la paix revenue, un groupe de Fréméniloises avait fait le pèlerinage à pied depuis notre village jusqu'à Notre Dame de Bonsecours à NANCY
Il y a quelques années, la presse régionale nous avait présenté Monsieur Claude ROBERT maire de la commune de VANDIERES (54121) qui avait réalisé la longue route du pèlerinage de Saint Jacques de COMPOSTELLE (Espagne) depuis la Lorraine.

Dans un monde où les Pèlerinages apparaissent souvent comme des exceptions, nous vous informons des événements suivants qui peuvent intéresser des marcheurs ( et aussi des croyants ) dans une ambiance de fraternité qui vous laissera un souvenir marquant.

  • 8 Mai 2016  -  38ème pélerinage de DOMREMY à VAUCOULEURS.
    Départ 8 H.30 devant l'église de DOMREMY.
    Bivouac la veille sur le plateau de Beauregard à MAXEY s/ Meuse.
    Organisation : Association "Pélerins de Lorraine".
  • 13,14 et 15 Mai 2016 - 32 ans de marche sur les routes du Pélerinage de chrétienté de PARIS à CHARTRES
    Organisation : Le Chapitre de Saint Sigisbert.
  • 15 Mai 2016          - Petit Pélerinage de LANEUVELOTTE à Saint NICOLAS de PORT pour la Saint Nicolas d'été.
    Départ 9 H. 30 au TREMBLOIS.
    Organisation : Jean-Marie CUNY Le Tremblois 54280 LANEUVELOTTE
    Contact : jmcuny@hotmail.fr

Voilà donc une invitation à prendre la route en marchant en compagnonnage.  Comme le disait au siècle passé Madeleine HOURDIAU la mémoire du village :  "Allez-y z'afants, allez-y don' tant qu'vous pouvez marcher, nem don ! "

Complément :Au moment d'éditer ce texte sur les Pèlerinages, on m'informe de ne pas oublier le Petit Pèlerinage de SIONVILLER à Notre Dame de la Bonne Fontaine à DOMJEVIN pour le 15 Aout. Discret, modeste, mais un exemple dans sa fidélité, il regroupe une dizaine de pèlerins qui, depuis de nombreuses années, marchent sur une distance de 19 Km. en parcourant un décor champêtre, évitant le plus possible les routes à grande circulation.
                        Renseignements : Gérard DARNOIS Auberge La Lorraine Buissonnière 5 Route de Croismare 54300 SIONVILLER
Le groupe de pèlerins de SIONVILLER ne demande qu'a s'étoffer pour parcourir ce cheminement marial qui mérite d'être connu.

BON PELERINAGE à TOUS.

Jean SPAITE      Avril 2016    

Crédit photographique : Wikimedia

lundi, février 15 2016

Fréménil, au temps des soles...

vannier02.jpg

L'Est Républicain du 27 Décembre 2015 a publié un article ayant pour titre "L'osier se récolte en décembre". Le texte a pour cadre la commune de DOMBROT sur VAIR dans la plaine des Vosges à 11,5 Km. de VITTEL et CONTREXEVILLE où exerce un des derniers osiériculteurs de France , Monsieur Régis COLIN. Saviez-vous qu'ils ne sont plus qu'une vingtaine d'osiériculteurs à exercer leur métier en France.

Cette activité n'est pas sans nous rappeler l'époque de l'osier et de la fabrication des paniers qui régnait dans notre vallée de la Vezouze et même au-delà.

vannier01.jpg

Oui, au mois de Décembre par des températures souvent peu clémentes, ils allaient "couper des soles" dans leur "sauci" (1) qu'ils avaient entretenus avec soin dans les mois précédents, nos paysans de notre village. "Au temps des soles" on utilisait le "serpillon" (2) et il fallait se courber pour tailler l'osier occasionnant des courbatures pour les opérateurs et opératrices, car les épouses avaient droit à cette corvée.

L'article concernant Mr. Régis COLIN nous le montre en pleine récolte de l'osier mais à l'aide d'un motoculteur : On n'arrête pas le progrès, nous sommes au XXIème siècle !

Que de souvenirs nous reviennent en mémoire : le bottelage des tiges d'osier, le triage en fonction de la longueur, la mise à l'eau des bottes dans des rigoles pour conserver la souplesse des soles, puis au printemps le pelage et le séchage pour avoir de la belle sole blanche; et enfin la mise en œuvre par le travail de vannerie pour obtenir des paniers aux formes multiples. C'est ainsi que nos ancêtres confectionnaient des volettes pour présenter les tartes et autres pâtisseries, jusqu'aux malles de voyage ou autres valises : du plus petit article au plus volumineux.  Qui ne se souvient de l'habillage en osier des bonbonnes de verre chargées de recevoir "la mirabelle" distillée à l'automne. Peut-être avez-vous encore un de ces merveilleux berceaux en osier qui a abrité le sommeil de vos bébés chéris. Toujours très prisé par les heureux propriétaires d'une cheminée où l'on peut contempler les flammes, le panier de buches reste un accessoire très pratique et toujours demandé.

vannier03.jpg

vannier04.jpg

Mais au cours de la deuxième moitié du XXème siècle, la concurrence asiatique a provoqué une chute importante de la production nationale de vannerie.  On se souvient également que notre région lorraine a comporté de 1954 à 1963 une école de vannerie située à OGEVILLER notre voisine. Mais il existe toujours depuis plus d'un siècle l’École Nationale de Vannerie et d’osiériculture à FAYS-BILLOT (Haute Marne) qui accueille de nombreux élèves.

Si, après cette lecture évoquant "le temps des soles" et "le monde des paniers", vous éprouvez le besoin de confectionner vous aussi ces beaux articles de vannerie, nous vous proposons trois livres au choix :

  • Techniques de vannerie,      par Sue GABRIEL et Sally GUYMER
    Eyrolles éditeur           → 26,00 Euros
  • Guide de la vannerie,        par Marie PIERONI
    Fleurus éditeur            → 14,95 Euros
  • Manuel pratique de vannerie, par Paul HASLUCK
    Editions Emotion primitive → 22,00 Euros
Et si le cœur vous en dit, pour retrouver "le monde des paniers", projetez un petit voyage dans les Vosges aux environs de VITTEL et visitez le magasin de Monsieur Régis COLIN , Vannier-Osiériculteur
                       220 Rue de la Goutelaine
                       88170  DOMBROT sur VAIR


Notes : (1) SAUCI     →  Terrain de culture des "soles", de l'osier.
            (2) SERPILLON →  Outil de coupe manuel avec une lame en forme de croissant particulièrement coupante.



Jean SPAITE     Février 2016

Crédit photographique :
  • Image 1 - Osériculture Régis Colin - Cliché Vosges Matin
  • Image 2 - Site Blâmont-Info
  • Image 3 et 4 - Clichés personnels de l'auteur

samedi, février 6 2016

Décès d'Yvette Daloz, notre ancienne institutrice

Instituteur_1943.Yvette.Dalloz.jpgNous venons d'apprendre le décès d'Yvette DALOZ le lundi 25 Janvier 2016 dans sa 92ème année, à la maison de retraite Saint Charles de Vézelise. Elle était née le 27 Juillet 1923 à Haguenau où son père, qui était militaire, était responsable de l’hôpital militaire du lieu.

Dans la liste des instituteurs de Fréménil, nous la trouvons en 1942 où elle assure son premier poste d'enseignante à l'âge de 19 ans. La jeune institutrice de ces années de guerre se révèle tout de suite d'une compétence remarquable qui augure une longue carrière dans l'éducation nationale. Elle s'adapte dès le départ aux problèmes particuliers de l'école mixte en milieu rural. Elle complète les traditionnels cours de français, de calcul, d'histoire et géographie, qu'elle présente sous un jour nouveau mieux saisi par ses élèves, sans oublier de les initier au théâtre. Elle réalise en effet une présentation publique où les élèves-acteurs, en touchant un art pour eux inconnu jusqu'alors, leur apporte aussi une certaine assurance dans leur personnalité.

Yvette DALOZ quitte à regret son poste de Fréménil, ses élèves et ses habitants pour intégrer les services du rectorat. Elle gravira les échelons d'une carrière administrative récompensée par les palmes académiques et le titre de commandeur dans l'Ordre National du Mérite. C'est en 1988 qu'elle prend sa retraite restant à Nancy où elle se dévoue à l'Université du Temps libre- Université de la Culture Permanente de Nancy.

Instituteur_2015.Yvette.Dalloz.jpgElle se retrouve dans le petit village de Vaudèmont auprès de sa maman jusqu'au décès de celle-ci. Son séjour à la campagne du Saintois lui permet de s'occuper de jardinage et de confectionner des confitures. Suite à des ennuis de santé, elle est contrainte en Septembre 2015 à intégrer la maison de retraite Saint Charles de Vézelise où elle s'éteint le lundi 25 Janvier 2016. Ses obsèques ont été célébrées le Vendredi 29 Janvier en l'église Saint Gengoult de Vaudémont. Elle repose dans le caveau familial du cimetière local.

Nos condoléances et notre souvenir ému à une personne qui a marqué son passage dans notre village.

Voir aussi sur notre site : "Maires, instituteurs, curés".

Jean SPAITE      Février 2016

Crédit photographique :

Image de 1943 - Collection personnelle de l'auteur
Image récente : Est Républicain du Samedi 30/1/2016  Edition Nancy - Vaudémont, Banlieue Sud

samedi, janvier 30 2016

Notre patois lorrain

Patois_Lorrain.gif

Avec le titre "Enseignement - Le patois lorrain en 10 leçons à Moivrons", l'Est Républicain du 20 Janvier 2016 - Édition de Nancy-page 02, nous présente un article intéressant.

A l'initiative de Mmes Isabelle DEFAUX institutrice en retraite habitant Nomeny, et de l'institutrice titulaire de l'école de Moivrons Elisabeth SENECAUX, les 19 élèves de la classe CP-CE1 ont fait connaissance avec le vocabulaire de notre patois lorrain qui mérite de ne pas être oublié. Bel exercice de mémoire de ces mots qui font partie de notre patrimoine culturel qui a permis de découvrir "la bocotte"(la chèvre), "la zaubette"(la fille), "la bedotte"(le nombril), et tant d'autres mots appris par les jeunes écoliers avec le sourire et le bonheur de mettre au jour un parler du siècle précédent.

Félicitations à ces petits lorrains pour leur apprentissage du patois de chez nous et nos compliments chaleureux au dévoué personnel enseignant pour leur initiative qui pourrait être imitée avec succès . Car notre patois lorrain qui chante notre province ne doit pas mourir.


Jean  SPAITE     Janvier 2016 

EstRepublicain160120.jpg
Crédit photographique : Est Républicain 20/01/2016 Edition de Nancy Page 2

samedi, janvier 16 2016

Jean La Ferraille

Qui se souvient de lui ?

Je l'ai vu parcourir les rues des villages de la vallée de la Vezouze. On l'entendait de loin : il agitait une grosse cloche en clamant son enseigne, presqu'en chantant sa raison commerciale :

   " Peaux d'lapin, peaux,
   " Chiffons , ferraille,
   " Y a rien à vendre ?

Marchand_de_peaux_de_lapins.jpg

Je l'ai vu sur sa charrette, tirée par un bourricot, puis les affaires aidant et suivant le progrès, il est passé à la camionnette. Mais toujours en proclamant bien haut son refrain et en sonnant longuement la cloche. Il faisait une halte pour prendre livraison d'une peau de lapin bien sèche tendue par une baguette d'osier ou un gros fil de fer dessinant une hyperbole, explorant le sac de chiffons en l'estimant avec un peson (1), chargeant chutes de ferraille et vieux chaudrons, même les vieilles bouteilles vides, il en faisait son affaire. Après une estimation rapide, il réglait en espèces son achat du jour. Puis il reprenait son pèlerinage sonore, ponctué par la cloche, et repartait vers d'autres lieux.
De son vrai nom : Jean  JUNGEL ,il habitait à DOMEVRE où il avait son tas de ferraille et son entrepôt de peaux de lapin et de nombreux objets des plus divers. Le Jean la Ferraille faisait partie du siècle dernier dans nos campagnes, à une époque où l'on récupérait un maximum, une forme d'économie oubliée dans la période qui a suivit : "La Société de Consommation", où l'on a vu des tas d'objets, notamment électroménager, programmés à l'obsolescence au bout de peu de temps. Nos ancêtres s'en sont retournés dans leur tombe !!...

NOTA:  (1) PESON : Balance simplifiée composée d'un ressort et munie d'un crochet, pour mesurer le poids d'un objet.      

Jean SPAITE    Janvier 2016

Crédit photographique : L'image illustrant cet article provient du site cparama.com et montre une charrette de marchand de peaux de lapins tirée par un chien.

Sur ta Lorraine

Sur_Ta_Lorraine.jpgNous avons fait paraître récemment un article sur "Notre Dame de Bonsecours à travers la Lorraine en 1944". Nous mentionnions notamment que les pèlerins participant à ce parcours de village en village chantaient un cantique typiquement lorrain ayant pour titre " Sur ta Lorraine" . Après des recherches, nous avons la chance de vous présenter la partition de ce cantique créé en 1935 par Monseigneur Maurice KALTNECKER (1884-1959) pour la musique et l'Abbé Paul FILIPPI (1884-1969) pour les paroles. Cette présentation répond à la demande des personnes qui ont connu cet événement, lequel rappelle de nombreux souvenirs, mais également à des membres des nouvelles générations qui découvrent cette manifestation dont l'esprit religieux étonne dans notre monde d'aujourd'hui.

Jean SPAITE  Janvier 2016.

mercredi, décembre 16 2015

NOTRE DAME DE BONSECOURS à travers la Lorraine en 1944.

Nous sommes en Mai 1944 pendant la deuxième guerre mondiale .
L'évêché de Nancy a préparé un pèlerinage de la statue de N.D. de Bonsecours cheminant à travers la Lorraine, allant de village en village pour implorer la PAIX. On peut s'étonner qu'en pleine période d'occupation, les allemands aient accordé l'autorisation à une telle procession aux autorités religieuses présidées alors par Monseigneur Marcel FLEURY. Partie de Nancy le 29 Avril 1944, la statue de la Sainte Vierge devait être de retour le 3 Juin 1944.

NDB_Statue.jpg


Bien des soldats "vert de gris" ont regardé étonnés et goguenards ces françaises et ces français qui priaient pour la fin de la guerre. Certains occupants en silence se joignaient en pensée avec les pèlerins, car cette guerre qui n'en finissait pas était lourde à porter même pour "les vainqueurs " du moment. On nous a rapporté que certains militaires occupants, présageant une tournure moins favorable des événements, auraient avoué :" Cette fois-ci on est foutu, ils promènent leur sorcière !!" . Le débarquement des alliés du 6 Juin 1944 aura fourni la réponse. 

Nous avons reconstitué les étapes de ce pèlerinage marial oublié depuis plus de 70 ans, dans nos villages du lunévillois et du blamontois. Le principe était pour chaque étape de faire une arrivée de jour dans la paroisse désignée, d'assurer une veillée de prières la nuit, et de repartir le lendemain pour la paroisse voisine. Voici l'itinéraire dans notre secteur avec les dates des étapes paroissiales :

                   .....O    THIEBAUMENIL
                        :
                        O    MANONVILLER   24 Mai 1944
                        :
                        O    BENAMENIL     25    "    
                        :
                        O    OGEVILLER     26    "
                        :
                        O    FREMENIL      27    "
                        :
                        O    DOMJEVIN      28    "
                        :
                        O    VEHO          29    "
                        :
                        .....

NDB_Etapes.jpg

Le cortège entre les villages était souvent constitué d'un chariot lorrain sur lequel était déposé le brancard-support de la statue de N.D. de Bonsecours, décorée de fleurs et de feuillage. Ce chariot était tiré par des chevaux montés par leurs cavaliers. L'ensemble était précédé d'une lourde croix de bois portée par des hommes figurant des pénitents. On retrouvait le clergé paroissial accompagné par les enfants de choeur, les membres des congrégations religieuses avec leurs bannières et la foule des hommes et des femmes de nos villages chantant des cantiques (1) puis récitant le chapelet. Arrivée dans le village, la statue était portée à bras d'hommes sur son brancard puis installée au choeur de l'église pour des moments de prières dirigés et commentés par le curé de la paroisse et les oblats de Sion accompagnants du pèlerinage. Une veillée de prières avait lieu toute la nuit jusqu'au lendemain où la statue de la Vierge gagnait la paroisse voisine, l'échange se faisant à mi-chemin des villages. Le transport n'était pas toujours effectué par chariot tiré par des chevaux. C'était donc à bras d'hommes que la statue retrouvait son église-étape.

Ce pèlerinage de N.D. de Bonsecours a marqué les populations des villages-étapes, croyants et même incroyants. On a vu par là la force d'une communauté chrétienne implorant l'intercession de la Vierge pour la fin de la guerre par la libération du pays et le départ de l'occupant.

Aujourd'hui, en nos temps troublés, il nous semble bon de se souvenir du pèlerinage mariale du siècle précédent, même si le matérialisme contemporain marque les esprits au dépend du spirituel.

Le pèlerinage de N.D. de Bonsecours en 1944, c'est une page d'histoire lorraine qu'il ne faut pas oublier.

Remercions les personnes qui, par leurs écrits ou par leurs photos, ont contribué à la réalisation de cet article souvenir. Notamment :  Mme  Jeanne MAIRE née LIVET de LENONCOURT, MMrs René   LOUBETTE    de BENAMENIL et     Lucien MANONVILLER de DOMJEVIN

A voir également sur le site notre article "Un pèlerinage, un merci..".

Nota : (1)  Parmi les cantiques entonnés à pleine voix :
             " Sur ta Lorraine
             " sur tes lorrains
             " ô douce Reine
             " étend les mains.

             dont le caractère religieux était intimement lié au côté patriotique: la libération de notre pays.


Jean  SPAITE    Décembre 2015

P.S. Si vous relevez des lacunes dans les dates des étapes, merci d'avance de nous les signaler.

Reportage photographique :

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[1] - 25 Mai 1944.  Sur la route de Manonviller à la RN4 (D161A)
La procession avec les bannières des congrégations. La tête du cortège a quitté Manonviller et se dirige vers la RN4. Au fond, arrière plan gauche, le clocher de l'église de Manonviller.

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[2] - 25 Mai 1944.  Sur la RN4 (Paris Strasbourg).
Les paroissiens de Bénaménil ont pris le relais avec un chariot lorrain tiré par des chevaux.

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[3] - 25 Mai 1944.  Arrivée à Bénaménil.
Tête de la procession avec les enfants de choeur. Arrivée près de l'église (RN4).

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[4] - 25 Mai 1944.  Toujours à Bénaménil.
Arrivée de la statue de ND de Bonsecours portée à bras d'hommes et précédée par un prêtre avec trois filles en habit de communiante qui jettent des pétales de fleurs au passage de la Vierge.

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[5] - 28 Mai 1944.  Domjevin.
La tête du cortège avec les enfants de choeur se dirige vers le village de Domjevin. la statue de la Vierge vient de Fréménil, le relais s'est fait près de l'ancienne gare LBB de Domjevin. Nous sommes sur la D19, bordée d'arbres (à l'époque) la route aux sept ponts.

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[6] - 28 Mai 1944.  Domjevin.
La foule des hommes avec au fond la statue de la Vierge portée à bras d'hommes.

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[7] - 29 Mai 1944.  Domjevin.
Dans la rue principale (D19). Arrêt de la procession devant la maison de Georges BREDA, séminariste, grand malade, pour demander sa guérison. Prières à genoux.

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[8] - 29 Mai 1944.  Entre Domjevin et Vého. (D19).
Le cortège avec la grosse croix en bois et ses porteurs pénitents suivie par la statue de ND de Bonsecours portée à bras d'hommes.

samedi, novembre 7 2015

Domjevin : la gare du Tacot... pendant la 1ère guerre mondiale.

C'est grâce aux recherches historiques de Mr René LOUBETTE de Bénaménil que nous pouvons vous présenter une photographie de la gare LBB de Domjevin prise pendant la guerre 14-18. Ce cliché a été réalisé par un photographe militaire le 14 Décembre 1916. Il nous montre la voie principale présentée en diagonale de la photographie avec le branchement de la voie d'évitement sur laquelle stationne un wagon tombereau chargé de bois. On reconnait ensuite le bâtiment de la gare proprement dite avec son édicule WC. Tout au fond, en arrière plan, un rideau de camouflage a été planté, masquant à l'ennemi la vue sur la gare et son trafic militaire. Ce camouflage prend naissance à gauche depuis la route de Fréménil (aujourd'hui CD 19A) et doit couper la voie du Tacot vers Fréménil, puisqu'à cette date le trafic avait été interrompu. Le document présenté permet de mesurer la position délicate de notre village Fréménil avec ses habitants dans le théâtre des opérations militaires. A la droite du cliché, on note la présence du calvaire de Domjevin élevé en 1791 au carrefour des routes de la Baraque (CD 19) et de Bénaménil à Fréménil (CD 19A).

Gare_Tacot_Domjevin_1916.jpg

Si le calvaire pouvait parler, il en raconterait des choses qui se sont déroulées dans ce carrefour stratégique. Il nous parlerait certainement de la construction du Tacot inaugurée en 1911, mais aussi des guerres de 1914-1918 et de 1939-1945 avec la disparition du bâtiment voyageurs de Domjevin en 1944 sous les obus de l'artillerie de l'US ARMY, et plus près de nous la construction du centre de déchets toxiques devenu CHIMIREC-Est.

Afin de ne pas oublier la présence en ce lieu du Tacot Lunéville-Blamont et Badonviller qui a rendu tant de services à la population de la vallée de la Vezouze, nous présentons une reproduction de la carte postale ancienne de la gare de Domjevin. Le cliché date de 1911 peu après l'inauguration de la ligne.

Gare_Tacot_Domjevin_1911.jpg

Jean SPAITE  Novembre 2015

Crédit photographique :

  • Cliché militaire de 1916 - Ministère des armées
  • Carte postale de 1911 : Cliché Octave - Maxéville-Nancy - Edition Paciet


dimanche, novembre 1 2015

Les décrottoirs

Peu connus, souvent ignorés, ces équipements des habitations rurales répondaient à une nécessité : LES DECROTTOIRS.

Majoritairement installés à droite de la porte d'entrée en façade, comme son nom l'indique, ils permettaient au visiteur entrant dans la maison de se défaire de la crotte, de la boue, de la neige qui encombrait ses chaussures, ses sabots. Cette installation correspondait à l'environnement au sol dans les siècles passés. Les voiries n'étaient pas souvent nettoyées après le passage des charriots, des instruments agraires opérant dans les champs, et des animaux dont les pattes étaient maculées par la boue. Les paysans recueillaient dans leur passage ce surplus non désiré dans l'habitation. D'où l'utilisation des décrottoirs.

Constitué souvent par une barre métallique cintrée et fixée dans la partie basse du mur de jambage de la porte à 15 à 20 cm. du sol, on pouvait le rencontrer sous la forme d'une barre droite scellée perpendiculairement au mur et ouvragé par une volute qui lui donnait un air plus stylé. Nous vous présentons quelques spécimens trouvés en place dans notre village. On nous a rapporté que certains décrottoirs rustiques étaient constitués simplement d'une lame de bêche scellée au sol, solution efficace mais présentant un danger en cas de chute du visiteur !

Decrottoir01.jpgDecrottoir02.jpgDecrottoir03.jpgDecrottoir04.jpg
 La mairie, l'école, l'église bénéficiaient obligatoirement de cet équipement, ce qui se traduisait par un beau tas de boue au pied du décrottoir certains jours en fonction de la fréquentation!!!

Ça aussi, c'était dans le temps. Gardons ces témoignages d'une époque...

Jean SPAITE - Novembre 2015

lundi, octobre 19 2015

Fréménil sous la neige... pendant la première guerre mondiale.

Toujours discrets, les chercheurs de l'histoire poursuivent leur travail de Bénédictins. C'est à Mr. René LOUBETTE de Bénaménil que nous devons ces trois photographies concernant notre village. Qu'il en soit particulièrement remercié pour ce travail de recherche.

Ces clichés ont été pris par un soldat stationné dans le secteur, photographe militaire officiel. Bien qu'annoncés à différentes dates, ces trois documents ont été pris en saison hivernale 1917-1918 : La neige était précoce et abondante en ce temps-là puisque relevant du mois d'Octobre 1917 pour deux vues.

"Vue du village prise de la rive gauche de la Vezouze"- Octobre 1917.

Nous voyons le quartier de la Banvoire sous la neige. Relevons qu'au premier plan on remarque des piquets avec barbelés. La neige nous masque l’existence de tranchées et la Verdurette qui coule au pied de la pente. Notons que sur le groupe de maisons à gauche de l'image, le premier bâtiment a de nos jours disparu. Sur le groupe de maisons à droite on voit les portes de granges avec leur linteau cintré en anse de panier. En arrière plan en haut de la rue (baptisée Rue de la Prairie aujourd'hui) nous avons l'église coiffée de son clocher.

Nous proposons une photographie du même lieu prise en Octobre 2015. Cette vue d'actualité nous permet de voir l'évolution de ce quartier avec bientôt un siècle de distance. Pour les cartophiles, on peut comparer également ce document de 1917 avec une carte postale ancienne prise en 1909 par E. BASTIEN libraire éditeur à Lunéville, qui est limité à la partie construite de cette rue.

Fremenil_vue_de_la_rive_gauche_de_la_Vezouse_-_1917.jpgFremenil_vue_de_la_rive_gauche_de_la_Vezouse_-_2015.jpg


"Vue prise de l'église vers la Vezouze"- Janvier 1918.


Nous sommes toujours dans le quartier de la Banvoire (actuellement Rue de la Prairie) sous la neige. Nous tournons le dos à l'église et nous regardons vers la prairie de la Vezouze. Notons de nombreux personnages, majoritairement militaires, ainsi que des chariots de l'armée.

Pour montrer l'évolution avec un siècle de distance, voici une vue prise en Octobre 2015. Nous constatons des changements dans les maisons à gauche ainsi que dans les véhicules en stationnement.
Toujours dans le domaine des cartophiles, comparons le document de 1918 avec la carte postale ancienne prise en 1904 par E.BASTIEN libraire éditeur à Lunéville.

Vue_prise_de_l_eglise_vers_la_Vezouze_-_1918.jpgVue_prise_de_l_eglise_vers_la_Vezouze_-_2015.jpg


"Rue principale (route d'Ogéviller)- Octobre 1917.

Nous sommes dans le quartier du Camp dans un décor neigeux abondant. La maison à gauche (actuellement N° 5 Grande Rue) appartient à l'époque à Albert MANONVILLER. Le chariot lorrain "a couché dehors". N'oublions pas que nous sommes en guerre et qu'il y a des chevaux de l'armée dans la grange, et qu'une majorité des volets sont fermés pour garder la chaleur pour les habitants, tant la famille que les soldats logés. Admirons le magnifique sapin du jardin de " Mademoiselle MENGIN " qui est équipé d'une plateforme d'observation avec vue sur Blémerey et le front des opérations.   Notons l’appellation "Route d'Ogéviller" existant en 1917 et qui devrait logiquement revivre aujourd'hui.

La photographie prise en Octobre 2015 nous montre ce quartier du "Camp" dans son actualité. Là aussi il y a quelques changements mais , dans son ensemble " la Rue d'Ogéviller" a gardé son aspect.
Et pour les cartophiles, comparons le document d'Octobre 1917 avec la carte postale ancienne prise en 1911 dénommée elle aussi " Rue d'Ogéviller" par OCTAVE, Maxéville-Nancy- BENOIT éditeur.

Rue_principale_-_route_d_Ogeviller_-_1917.jpgRue_principale_-_route_d_Ogeviller_-_2015.jpg


Voici donc trois vues de Fréménil prises pendant l'hiver 1917-1918.  C'était la guerre et il y avait de la neige en abondance.  La rue principale (aujourd'hui Grande Rue) était dégagée: passage de chasse-neige hippomobile ? 
Nous vous laissons à vos réflexions sur....le temps qui passe.

NOTA: Les cartophiles pourront rechercher dans leurs albums de collection les cartes postales anciennes rappelées avec références.

Jean  SPAITE    Octobre 2015

lundi, août 3 2015

Un ermitage dans le paysage : Mystère...

Le récit qui va suivre est le fruit de conversations-souvenirs recueillies en son temps auprès des personnes suivantes :

  • Marthe MANONVILLER (1903-1987) épouse René FLAVENOT
  • Simone MANONVILLER (1906-1991) épouse René HENRY
  • Alice  HEFTER      (1874-1961) épouse Albert MANONVILLER (ma grand'mère)
  • Madeleine HOURDIAU (1898-1996) la mémoire du village.
    Cette dernière a confirmé toutes les informations sur le sujet.


D'après ces témoignages on peut situer les faits au XVIIIe siècle sans aucune précision.

En ces temps-là, il existait un ermite qui avait pris place à la limite de la commune de Fréménil mais sur le territoire de la commune voisine d'Ogéviller au lieu-dit "Le Champ PAILLOT". On peut s'étonner qu'un saint homme se soit établi dans cet espace dégagé aujourd'hui. A l'époque du récit, il devait y avoir un boqueteau servant d'abri pour cet ermite. Ce qui est sûr et qui a été rapporté par les parents, les grands-parents et les arrières grands-parents, c'est que les gens des villages voisins venaient rendre visite au saint homme, lui apportaient de la nourriture, et demandaient en retour l'intercession de "L'Armite du Champ PAILLOT", suivant l’appellation patoisante locale, pour accéder à leurs vœux, à leurs prières. 

Voilà, par de-là les ans ce qui s'est passé et ce qui a été transmis par de-là les générations. On ne connaissait pas le nom de ce brave homme ni le lieu dont-il était originaire. Ce que l'on savait, c'est qu'il passait sa vie à prier... POUR LES AUTRES. C'était un homme pieux et discret. De nos jours, il n'y a plus d'ermite dans notre paysage. Il reste le mystère.

Jean SPAITE    Août 2015

mercredi, juillet 15 2015

Après l'école, en 1920-1930

La jeunesse de notre village en ce XXIe siècle trouve tout naturel le ramassage scolaire par le bus affecté à ce service. Il nous faut rappeler qu'au siècle passé, comme partout dans notre monde rural, notre commune avait la chance de posséder une école. La classe unique prenait les écoliers à partir de sept ans et les amenait jusqu'à quatorze ans, sachant lire, écrire, compter, cet acquis étant sanctionné par le diplôme du certificat d'études. Tout cela a fonctionné jusqu'en 1963 et le dernier "mait' d'école" a été Monsieur Lucien CLAUDE. Après, il y a eu le ramassage scolaire par le bus dans lequel la prime jeunesse estudiantine rigolait bien !!

Mais après cette période, que devenait-on ?

De nos jours, après le collège et le lycée, on passe le bac, on poursuit les études ou on cherche un métier et, en ces moments difficiles où il n'y a pas de place pour tout le monde, c'est vers la case ANPE que l'on est dirigé. Drôle d'époque !!...

Qu'en était-il dans le temps ?

Revenons en arrière dans la période 1920-1930.

Le monde rural d'alors était marqué par l'agriculture, l'élevage et les activités dérivantes de ce contexte. Après l'école de tous les jours, les écoliers avaient un rôle à remplir auprès de leurs parents: garder les vaches au pâturage, aller chercher de l'herbe pour les lapins, enlever l'herbe dans le jardin. Ce n'était pas du tout "la semaine des quatre jeudis". Très tôt la jeune main-d’œuvre était employée aux travaux des champs. Et à la belle saison, on allait en famille dans la prairie pour faner, retourner l'herbe fauchée, puis chargée sur les chariots et rentrée au grenier. En prévision des froideurs de l'hiver, c'est à la belle saison que l'on rentrait le bois fendu et séché au soleil. Les petites mains remplissaient corbeilles et brouettes et rangeaient les morceaux en des piles volumineuses. Nous constatons que la famille constituait une main-d’œuvre indispensable dans la vie à la campagne. Si les garçons s'occupaient des "gros œuvres", les filles n'étaient pas pour autant inactives. Elles étaient plus orientées vers les tâches ménagères: lavage, repassage, raccommodage, cuisine; et très tôt dans notre univers marqué par la broderie blanche et la broderie perlée, elles étaient initiées à ces pratiques.

Comme nous l'avons évoqué précédemment, les années scolaires étaient marquées par une étape importante: le certificat d'études. Les "plus savants" allaient jusqu'au "premier ordre" voire le "brevet" mais exceptionnellement au-delà: le baccalauréat et les facultés.

D'où la question: Après l'école ?

Le chansonnier lorrain, humoriste George CHEPFER (1870-1945) dans une saynète folklorique savoureuse résume la situation en une phrase: "Qu'est-ce que nous pourrions bien faire du Mimile ?", titre d'une paysannerie lorraine datée de 1929.

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Cette question, bien des parents se la posaient arrivé à l'étape du certificat d'études et des quatorze ans de leur Mimile ou de leur Nénette! Pour les garçons dans leur plus grand nombre ils devenaient main d’œuvre agricole auprès de leur père. Le soucis de ce dernier étant d'assurer la continuité de l'exploitation de la ferme. D'autres garçons s'orientaient vers des métiers manuels: maçonnerie, menuiserie, charpente, couverture. Avec l'avantage d'être exécuté chez soi, le métier de vannier avait ses partisans et l'école de vannerie d'OGEVILLER y a contribué efficacement. Certains brûlaient d'envie de devenir fonctionnaires: La Poste, les Chemins de fer, la Police, la Gendarmerie, les Ponts et Chaussées, les Compagies d'Electricité et du Gaz, les Hôpitaux de Nancy et Lunéville sans oublier l'Armée où, après le service militaire obligatoire, "on rempilait" dans un métier sûr! 

Considérant que l'école primaire avait rempli son rôle, mais que leur rejeton ne pourrait quand même pas envisager de longues études, quelques parents assuraient ces années indispensables par un complément. C'est ainsi que le Collège de Lunéville et l'Institution St Pierre Fourier de Lunéville (1) ont accueilli des garçons de Fréménil pour une période limitée. Autre solution, mais plus rare : le Lycée Poincaré de Nancy, l’École Normale d'Instituteurs ou le Séminaire de Bosserville, mais là il fallait faire preuve d'une vocation bien spéciale.

Et les filles, que devenaient-elles ?

Les_Saints_Anges_Luneville.jpg

Après l'école, la plupart restaient à la maison en s'activant à aider la mère de famille qui l'initiait à devenir à son tour une bonne mère de famille. N'oublions pas l'importance de la cellule familiale : les "basses-ailes" étaient naturellement appelées à se marier un jour et à fonder une famille! Pour garder le futur mari, il était indispensable d'être une bonne cuisinière rappelait-on avec conviction. Il n'est pas étonnant qu'après la période scolaire initiale, certaines filles soient pensionnées dans des écoles bien spécifiques : l'Institution des Saints Anges à Lunéville (2) qui offrait un enseignement complémentaire général, plus un enseignement ménager réputé. A Baccarat il y avait l’École privée de Gondrecourt, célèbre pour son enseignement ménager. Donc après l'école, les filles de notre village, si bien sagement elles attendaient "le prince charmant" qu'il soit cultivateur ou fonctionnaire, bien des appelées se sont orientées vers la broderie blanche, la broderie perlée, la couture, la cuisine. Certaines sont allé à Lunéville et à St Clément pour travailler dans la faïence ainsi que dans l'industrie de la chaussure (Bata). On en retrouve dans le milieu hospitalier à Lunéville et à Nancy, ainsi que dans l'administration: La Poste, les Chemins de fer, les Compagnies d’Électricité et du Gaz. Pas loin de notre village, elles ont trouvé du travail dans les laiteries, fromageries. Et puis bien de nos filles ont fait carrière comme "employée de maison" ou dans les commerces d'épicerie et boulangerie; mais bien peu dans l'enseignement.

Voilà donc, comment au siècle passé, entre les deux guerres mondiales, nos garçons et nos filles de l'époque ont répondu à la question "Après l'école?" et sont devenus des adultes. Ainsi passe le temps...



NOTES

(1) Dénommée "PF" par les étudiants lunévillois.

(2) L'Institution des Saints Anges de Lunéville relevait de l'enseignement catholique privé. Une prière propre à l'institution est parvenue jusqu'à nous:

     Prière du Matin :
     Bonjour mon bon Ange
     C'est à vous et à Dieu que je me recommande
     Vous m'avez gardé la nuit
     Gardez-moi le jour sans que mon Dieu soit offensé.

     Prière du Soir :
     Bonsoir mon bon Ange
     C'est à vous et à Dieu que je me recommande
     Vous m'avez gardé le jour
     Gardez-moi la nuit sans que mon Dieu soit offensé.

                   Jean SPAITE         Juillet 2015

samedi, juin 20 2015

La Résistance à Fréménil

FFI.png OUI, pendant la deuxième guerre mondiale, dans notre petit village, il y a eu un groupe de résistants qui relevait du Secteur 416.  Il est temps de le rappeler.  Ce groupe était composé de :

  •  Julien   MALGRAS responsable du groupe
  • Paulette BENOIT  qui assurait la réception et la transmission des plis et des messages
  • Pierre   ADAM
  • René     HENRY
  • Nicolas  DENIS
  • André    CARMENTRE
  • Gaston   CARMENTRE
  • Docteur Laurian I.SEGALL, contact avec les membres de l'organisation de résistance, diffusion des nouvelles et recueil des renseignements du secteur opérationnel.

Les années passent, et même si des cérémonies relatives à la fin des hostilités, de la libération du pays ont eu lieu, il faut constater que rien n'a été fait concernant le souvenir du groupe local de résistants. Afin de rafraîchir les mémoires, rappelons un épisode de cette époque (1)

Le 27 Août 1944, un bombardier US, type forteresse volante, passant au-dessus d'OGEVILLER avec un moteur en flamme, s'écrase à la lisière de la forêt de MONDON. L'équipage a eu le temps de sauter en parachute. Recueillis par des résistants (Secteur 416), les survivants sont dirigés vers une filière d'évacuation. Un membre de l'équipage, blessé aux jambes, est dans un premier temps caché chez Julien MALGRAS à FREMENIL, puis transporté par Gaston CARMENTRE sur une charrette de foin tiré par un mulet jusqu'à BENAMENIL où il sera soigné par le Docteur SEGALL, lui-même résistant. Julien MALGRAS, les jours suivants, utilisera le même stratagème de cachette dans une voiture de foin pour ramener le blessé dans le grenier de sa ferme. L'aviateur blessé transitera dans une autre cachette, le tas de paille du grenier de René HENRY, autre résistant de FREMENIL, avant d'être évacué quelques jours plus tard vers la Liberté par une filière.

Les témoins de ce récit sont : Gaston CARMENTRE de MANONVILLER, Julien MALGRAS   de FREMENIL

L'évocation de cet épisode fait partie de l'histoire de la résistance locale.  OUI, ces soldats de l'ombre méritent d'être sauvés de l'oubli. Ne pourrait-on pas envisager la réalisation d'une plaque souvenir rappellant leurs noms, comme c'est le cas dans d'autres communes ?  Formulons le souhait d'une prochaine concrétisation.

Jean SPAITE     Juin 2015

(1) Voir aussi notre article de 2009 sur "La résistance à FREMENIL" ainsi que, plus récemment "En mémoire des résistants de Fréménil"

Lien : Fondation de la Résistance

samedi, juin 6 2015

Notre patois lorrain (18ème partie)

Patois_Lorrain.gif

Nos amis internautes, curieux de "Notre patois lorrain" ont pris l'habitude de visiter notre site. Le dictionnaire (un bien grand mot !) "patois- français" engendre souvent des surprises et parfois un accès de bonne humeur mêlé au rappel des souvenirs. Et l'on est pas loin de conclure par un "Mon Dieu, c'était le bon temps !".
 
Dans notre article du 16 Octobre 2013 intitulé " Le patois lorrain ... à la radio", rappelons :
"Quand on vous dit que l'on parle encore le patois lorrain chez nous, vous êtes étonné et pourtant c'est la réalité".  Suivait l'évocation du présentateur de Radio Bleu-Sud Lorraine Maël LERNER, qui nous parlait de "chaouées" dans un bulletin météo, ainsi que le verbe "frâler" pour un bâtiment qui s'était effrondé. Voir également nos articles "Notre patois lorrain" du 18 Janvier 2013 et du 15 Octobre 2012.

Au-delà de ce rappel anecdotique, c'est L'Est Républicain du Jeudi 28 Mai 2015 (c'est tout récent) qui nous annonce la publication d'un ouvrage "Le p'tit Colas en causeries dâ Vosges" 144 p. Éditions Imav. 15 Euros + Frais d'envoi

Le Petit Journal du Girmont : Il s'agit des histoires du Petit Nicolas (Goscinny et Sempé) traduites en "dialectes vosgiens" qui font partie du patois lorrain. A l'origine de ces traductions en patois , Mme Elisabeth PIERRET passionnée par les patois locaux. Voir également l'Association "La Patoisante dâ tro R'vères" Tel. 03-29-66-55-30 ou 06-73-02-47-26.

Voilà de quoi vous esclamer :"Môôôn,le P'tit Nicolas !"

Vous voyez bien que not' patois lorrain n'est pas mort, nem' don !

Jean SPAITE       Juin 2015

mercredi, mars 11 2015

En mémoire des résistants de Fréménil

Ils étaient les soldats de l'ombre.

Pendant la seconde guerre mondiale, au risque de leur vie, ils ont contribué à retrouver notre liberté : Les Résistants de Fréménil, relevant du Secteur 416. Ne les oublions pas.

Dans le cadre de l'histoire de la deuxième guerre mondiale un ouvrage ayant pour titre "La Résistance à Fréménil" est paru en 2009. Il a permis de rappeler des événements vieux de soixante dix ans que bien des personnes ont découvert. Nous voici six années après la parution de ce livre et nous constatons que l'évocation des soldats de l'ombre de notre commune risque de sombrer dans l'oubli.
 
Pourtant le silence vient d'être rompu par la proposition de réaliser une plaque-souvenir. Formons le voeu que ce projet puisse enfin se réaliser. On parle d'une cérémonie pour la pose de cette plaque-souvenir à laquelle pourraient assister des représentants des Résistants, parents, témoins.

En voici la liste :
                                    ↓ En 2015, représentants ↓

  • Pierre   ADAM             * sa cousine            Mme Geneviève V.   54 TOMBLAINE
  • Paulette BENOIT         * son cousin et filleul Mr  Jean S.        54 FREMENIL
  • Julien  MALGRAS         * sa fille              Mme Marie-Rose R.  54 FREMENIL
                                      * son fils              Mr  Robert M.      54 FREMENIL
  • René     HENRY           * son fils              Mr  Marcel H.      54 FREMENIL
  • Nicolas  DENIS           * sa petite fille       Mme Marie-José D.  78 St CYR l'Ecole
  • André  CARMENTRE    * son épouse            Mme Jeanine C.     54 FREMENIL
  • Gaston CARMENTRE    * son fils              Mr  Alain C.       54 MANONVILLER
  • Dr Laurian I.SEGALL    * plus personne.

Si la pose de la plaque-souvenir du groupe de Résistance de Fréménil, Secteur 416, a la chance de se réaliser assez prochainement, nous pourrons compter sur la présence des représentants rappelés ci-dessus. Soyons conscients que le temps poursuit son oeuvre d'une manière définitive et inexorable : Si nous tardons, nous risquons de voir la mention "plus personne" et ne pas pouvoir représenter les membres du groupe local de Résistance. Soyons vigilants pour rendre un hommage légitime à ceux qui, au péril de leur vie, ont participé à la lutte contre l'ennemi. Par une cérémonie patriotique, ce sera l'occasion de dire par de-là les ans : " On ne vous oublie pas ".  Ce sera surtout une forme de respect pour ceux qui nous ont précédés dans des moments tragiques.


Jean SPAITE     Mars 2015

samedi, janvier 31 2015

C'était au siècle dernier (4)

Toubhans_Jacques_et_ses_chevaux_1947.jpg

Nous sommes actuellement au XXIéme siècle. Le monde agricole s'est entièrement transformé; dans notre village il n'y a plus d'exploitation agricole en tant que telle. Notre territoire cultivable est exploité par des agriculteurs extérieurs à notre commune (Barbas, Blémerey) et les tracteurs modernes impressionnants par leurs dimensions ont remplacé depuis longtemps les chevaux des petits cultivateurs locaux du siècle dernier. A ce sujet, il ne subsiste dans notre paysage que les chevaux de race montés par des "cavalières et cavaliers du dimanche", rien à voir avec nos chevaux de trait ardennais qui nous étaient familiers "dans l'ancien temps".

A cette époque, les propriétaires de ces équidés les considéraient comme des compagnons de travail et ils étaient aimés comme des êtres humains. Il y avait une relation de profonde amitié entre ces animaux vivants auprès de leur maître. On les sentait respirer, peiner et la caresse de la main du paysan sur l'encolure de la bête traduisait un sentiment sensible qui n'existe pas avec les tracteurs d'aujourd'hui. Il ne faut pas s'étonner si ces braves bêtes avaient été baptisées d'un nom qui relevait d'un certain esprit de leur propriétaire. Cette appelation pittoresque mérite d'être tirée de l'oubli.

Nous avons la chance de rappeler les noms de ces propriétaires en indiquant leurs adresses en notre commune suivies du nom de baptême des chevaux :

  • Albert  MANONVILLER    Cultivateur et marchand de bois →  BAYARD
    ( 5 Grande Rue )
  • Jean    HENRY          Cultivateur                     → COQUETTE, POULETTE
    ( 3 Rue de la Prairie )
  • Nicolas MANONVILLER    Cultivateur              → MARQUIS
    ( 4 Rue de la Prairie )
  • Jean    FLAVENOT       Cultivateur                  → JEANNOT, MOUSSE
    ( 2 Rue de la Prairie )
  • Joseph  TOUBHANS       Cultivateur               → COQUETTE
    puis Jacques TOUBHANS 
    ( 27 Grande Rue )
  • René    HENRY          Cultivateur                   → POLKA, DICK, GRISETTE, MARGOT
    puis Marcel HENRY
    ( 9 Grande Rue )

N'oublions pas les bœufs qui, attelés aux instruments agricoles, assuraient eux aussi un service bien utile.

  • Nicolas MANONVILLER    Cultivateur             → STAVISKY, BLUM
    ( 4 Rue de la Prairie )
    Nous retrouvons l'esprit critique de ce brave paysan lorrain qui n'appréciait nullement ces deux personnages mêlés aux affaires financières et politiques d'avant guerre.

Par l'évocation des noms de ces animaux, nous avons fait revivre une page très particulière de cette vie dans nos campagnes, au siècle dernier. Voilà de quoi tirer de l'oubli cette histoire de nos chevaux et de nos bœufs.


Jean SPAITE         Février 2015

Crédit Photographique : La photo de Jacques Toubhans et ses chevaux provient de nos archives personnelles.

Libération du camp d'Auschwitz 1945-2015

Delestre_-_Liberation_des_camps_2015.jpg

Le 27 Janvier 2015, une cérémonie internationale s'est déroulée pour le 70 éme anniversaire de la libération du camp d'AUSCHWITZ- BIRKENAU (Pologne). Il faut rappeler que le 27 Janvier 1945, c'est l'armée soviétique qui a découvert l'effroyable camp d'extermination là où environ 1,1 million de personnes dont 1 million de juifs ont été victimes de la barbarie nazie.

Notre petit village a le triste privilège de compter parmi ses habitants trois déportés qui périrent dans ces camps dont deux au sinistre camp d'Auschwitz.

  • René HENRY   (29/11/1914-1944)  Mort en déportation à 30 ans à AUSCHWITZ
    Cultivateur habitant avec sa mère Alice HENRY née GLAUDEL au 17 Grande rue. Il avait été exempté du service militaire pour mauvaise vue. Il fut arrêté par les allemands alors qu'il tentait de rejoindre les américains qui étaient déjà à Bénaménil le 6 Octobre 1944. Il est mort en déportation à l'âge de 30 ans.
    Le 21 Octobre 1944 il est interné au camp de DACHAU sous le matricule 117.409, puis il part le 24 Novembre 1944 au camp d'AUSCHWITZ où il disparaîtra.
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  • André DELONNOY (13/5/1926-1945)  Mort en déportation à AUSCHWITZ.
    Sans profession, célibataire, il habitait chez ses parents au 11 Rue de la Prairie. Arrêté lui aussi le 6 Octobre 1944 dans les mêmes circonstances, il est interné le 21 Octobre 1944 au camp de DACHAU sous le matricule 117.403, puis il part comme René HENRY le 24 Novembre 1944 au camp d'AUSCHWITZ où il disparaîtra âgé de seulement 19 ans.
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  • Marcel BUSSELOT (8/12/1920-1945)  Mort en déportation à 25 ans à AUGSBURG- HAUSTETTEN.
    Cultivateur, célibataire, il habitait chez ses parents dans la maison aujourd'hui disparue située entre le 5 bis et le 6 Rue de la Prairie. Arrèté par les allemands le 6 Octobre 1944 en voulant rejoindre les américains qui étaient à Bénaménil. Le 21 Octobre 1944 il est interné au camp de DACHAU sous le matricule 117.308. Il est envoyé au commando de travail d'AUGSBURG- HAUSTETTEN où il sucombera d'épuisement.
    Busselot.Marcel.jpg

Gardons en mémoire le souvenir de ces trois fréménilois morts en déportation, victimes de la cruauté d'une idéologie à réprouver à jamais.  Nous illustrons cet hommage souvenir avec les photos de ces trois martyrs, ainsi que le dessin de Philippe DELESTRE paru dans l'Est Républicain du 28 Janvier 2015. Avec une sobriété émouvante, il évoque la douleur poignante de ces millions de victimes enfermées derrière les barbelés et dont la seule fin était le four crématoire.

Ne les oublions jamais.

Jean SPAITE         Janvier 2015

Crédit Photographique : Dessin de Delestre paru dans l'Est Républicain du 28.01.2015 et Images d'archives personnelles

vendredi, janvier 16 2015

Notre patois lorrain (17ème partie)

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  • SCHLASS         N.M.      Un couteau "Alors, il a sorti son schlass !"
  • SCHEULER      Verbe     Boire
  • SCHEULAH      N.M.      Scheulâh → un ivrogne (on dit aussi un scheulard)
  • TORCHON de PLANCHER N.M.    La serpillère
  • TOTOSSE         N.F.       La tétine
  • TOUILLER        Verbe    Remuer avec une cuillère
  • SE TRISSER      Verbe   Se sauver, déguerpir, dégager
  • TUTE                 N.F.      Une tûte → une trompette
  • USOIR              N.M.     Espace devant la maison lorraine. On y met le tas de bois de chauffage mais surtout le tas de fumier: plus il est important, plus le propriétaire est riche.
  • VAUTE              N.F.      Une vaute → Crêpe lorraine épaisse
  • VENTRET          N.M.     Tablier. On le retrouve aussi sous la forme "d'ventret" ou "d'vantreu". Un tablier que l'on met devant soi, devant son ventre pour le protéger des salissures.
  • VERGEON        N.M.      Elément supérieur d'une canne à pêche; scion souple.
  • VIGOUROU      Adj.       Vigoureux
  • VILAIN            N.M.       Poisson- Un chevesne
  • VOL'               Prép.      Volle → Voici
  • VOLETTE         N.F.       Plateau-support en osier pour servir la tarte
  • VORET            N.M.       Un cochon, un porc- déformation de verrat
  • ZAUBETTE       N.F.       Une fille un peu délurée
  • ZINGUE           Adj.       Zingué→ Bruit produit par un récipient en verre qui se casse" Il a envoyé zingué la bouteille contre le mur! "
  • ZOQUER        Verbe     Heurter, frapper "Il a zoqué la porte! "
  • ZONE              Adj.       Zôné → Ivre " Il est complétement zôné", il a perdu la raison, il est devenu fou
  • ZONER          Verbe     Zôner → bourdonner "Les abeilles du Lucien se mettent à zôner quand il va faire de l'orage"
  • WOUARE       Verbe     Wouâre → regarder "Viens wouâre": Viens regarder, viens ici. (Autre forme →" File Wouâre": Donne moi- déformation de refiler: refile-moi.)

Jean SPAITE     Janvier 2015

Le baromètre

De nos jours, nous avons droit au bulletin météo, aux prévisions météorologiques sous toutes les formes : le journal, la radio, la télévision, l'internet, etc... Il n'en était pas de même au siècle dernier, surtout au début du siècle. Certes les prévisions de l'Almanach du Grand Messager boiteux de Strasbourg ainsi que le calendrier du facteur avaient leurs partisans convaincus.  En local, la station météo, c'était l'instituteur. Le "maît' d'école" avait la lourde tâche de consulter le Baromètre abrité dans une niche vitrée du mur de l'école. Tout le monde pouvait regarder le précieux appareil dont l'aiguille traduisait la pluie, le vent ou le beau temps, mais seul le Maît' d'école proclamait officiellement la pluie ou le beau temps !

A cette époque, le représentant de "l'Instruction Publique" républicaine et laïque était le détenteur éminent du savoir. Quand il annonçait le beau temps pour les jours prochains, c'était parole d'évangile : on pouvait lui faire confiance.

BarometreFremenil.jpg

La petite niche équipée de sa porte vitrée était établie dans le mur de la mairie-école jointif de la maison voisine (actuel N° 24 de la grande rue).  Aujourd'hui, il n'y a plus d'instituteur, il n'y a plus d'école, le baromètre et son petit abri vitré n'existent plus. Si vous voulez savoir le temps qu'il fait, contactez le Service Météo officiel, à moins que vous ne soyez équipé d'un de ces appareils modernes remarquables qui vous donne avec exactitude : le temps qu'il fait et le temps qu'il fera dans les jours qui viennent. On n'arrête pas le progrès !

BarometreBourdon.jpg
Gardons le souvenir des instituteurs qui se sont succédés à Fréménil en annonçant consciencieusement la pluie et le beau temps du lieu grâce au vénérable baromètre fort utile.

 Jean SPAITE       Janvier 2015

Illustrations :

  1. Reproduction d'une photo du Centre de Fréménil (la flèche indique le baromètre)
  2. Photo d'un baromètre Bourdon (sur Wikipédia)

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