Fréménil, un village lorrain

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dimanche, janvier 21 2018

Conférence à Manonviller sur "Les portes monumentales de la Vallée de la Vezouze" le 10/02/2018

Chers abonnés,

Cette petite brève pour vous informer que notre ami, historien régionaliste, Marc Gabriel, donnera une conférence le 10 février prochain à la Salle Polyvalente de MANONVILLER sur le thème :

Les portes monumentales de la Vallée de la Vezouze

Sujet dont nous avons souvent parlé sur notre site puisque Fréménil s’enorgueillit d'une belle porte, hélas fortement endommagée le 5 novembre 1916 par un obus allemand.

En souhaitant une large affluence à cette intéressante conférence,

Jean Spaite - Janvier 2018

ConferencePorteMonumentale.jpg

mardi, octobre 17 2017

Une plaque pour le blockhaus Ouest

Que de fois sommes-nous intervenus sur le site fremenil.com pour signaler l'abandon des blockhaus héritages du passé militaire de notre village, plus exactement au cours de la guerre 14-18.

L'actualité récente se traduit par l'installation d'un poteau support d'une pancarte signalant le blockhaus OUEST, ouvrage latéral au CD19A .

PanacarteBlockhausOuest02.jpgPanacarteBlockhausOuest01.jpg

Dans le cadre du centenaire de la date de construction de cet ouvrage fortifié, c'est la moindre des choses. 

Monsieur le Maire nous a promis de compléter cette innovation par l'installation sur le montant du poteau support d'une plaquette imprimée avec le texte suivant :

Le blockhaus OUEST a été construit en 1917 par l'armée française.
Cette fortification en béton armé est constituée de deux chambres cubiques abritant chacune une mitrailleuse lourde.
Cet ouvrage était destiné à assurer la protection du village face à une attaque éventuelle de l'ennemi venant du NORD :
BLEMEREY- VEHO où se situait le front.
Un ouvrage identique destiné aux mêmes fonctions a été construit côté EST.

Souhaitant une réalisation prochaine d'un tel programme qui serait intéressant d'associer à un nettoyage de l'environnement : tonte du gazon, propreté de la partie supérieure de l'ouvrage.

N'oublions pas le blockhaus EST.

Peut-être que la première étape concernant le blockhaus OUEST incitera-t-elle à sauver également son frère fortifié côté EST...

Jean  SPAITE    Octobre  2017

jeudi, juin 1 2017

Sauvons le blockhaus Est

Non, ce n'est pas la première fois que nous vous parlons des blockhaus situés sur notre commune et tout particulièrement du Blockhaus Est qui gît en plein abandon.

Blockhaus_Est_2017_01.jpg

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Depuis notre dernier article en date de Dimanche 9 Avril 2017, illustré par une photo montrant l'état d'envahissement par la nature de l'ouvrage militaire centenaire, nous sommes retournés sur place le Samedi 13 Mai. Constat : Un dépôt de terre important tente de faire écran au blockhaus Est abandonné. Une manière de dire sans vergogne : "Loin des yeux, loin du coeur ". La dernière photographie est affligeante. En un mois de temps, on affiche encore plus son mépris en occultant le sujet. Ces deux vestiges militaires font partie du Patrimoine et ont droit à un respect légitime par une mise en valeur.

Blockhaus Est, Facade Nord, 1979

Rappelons Edmont DELORME, Historien érudit, Président fondateur de l'Association des Amis des Beaux Arts et des Arts Industriels de l'Arrondissement de Lunéville, dans son ouvrage "Lunéville et son Arrondissement" 1927-Tome 2- Pages 202-203 : "Village ...(où l'on ) retrouve la plus curieuse des constructions blindées que cette guerre a laissées dans notre région". Suit la description des ouvrages bétonnés.

Blockhaus_Est_Delorme.jpg
Plus près de nous, le site de la Communauté de Communes de la Vezouze rappelle dans son inventaire des monuments intéressants de la Vallée de la Vezouze (Rubrique:Zoom Communes: Fréménil)...les blockhaus de Fréménil. Il convient donc de préserver ces témoins du passé.   

De notre coté sur notre site nous avons fait paraître de nombreux articles appelant au sauvetage et à la mise en valeur de ces monuments. En voici le rappel :

  • 25 Mars     2006   >  Monuments.
  • 30 Octobre  2008   >  11 Novembre 1918-11 Novembre 2008: 90 ans déjà.
  • 14 Février  2009   >  Réquiem pour un blockhaus.
  • 31 Mai      2013   >  Souvenirs de 14-18: 100 ans, un anniversaire.
  • 15 Décembre 2013   >  Centenaire de la guerre 14-18.
  • 12 Mai      2014   >  Blockhaus à l'abandon.
  • 11 Juillet  2015   >  Les maisons nouvelles.
  • 23 Février  2016   >  Le blockhaus Ouest.
  • 4 Aout     2016   >  Préservation du Patrimoine.
  • 9 Avril    2017   >  Le blockhaus Est.

Voilà plus de 10 Ans que nous appelons AU SECOURS, sans résultat.

Quelle ingratitude vis à vis de ces poilus, nos aînés, qui ont construit de leurs mains il y a un siècle ces ouvrages de défense destinés à protéger notre village et ses habitants.  L’œuvre de nos aïeux ne doit pas tomber dans l'oubli.

 Ah ! Si tous les gars du monde voulaient se donner la main...

Renouvelons notre APPEL AU SECOURS, en espérant , enfin, en une réalisation de la mise en valeur des blockhaus de Fréménil, dans le respect de ceux qui nous ont précédés. N'oublions jamais que les générations à venir jugeront sans pitié les générations précédentes. Le mépris du Patrimoine témoin de l'Histoire sera traduit comme une faute impardonnable.

Jean  SPAITE     Mai 2017  

dimanche, mai 21 2017

Les vitraux de l'église

Nous avons eu l'occasion d'évoquer l'histoire de notre église Saint Pierre aux liens. (voir nos articles "Notre Eglise" et "Eglise , présentation générale")

Nous avons détaillé les descriptions du tableau exceptionnel de St Pierre, du maître-autel ainsi que de la splendide chaire à prêcher du XVIIIe siècle, classés monuments historiques. Mais il est bon de découvrir les vitraux qui habillent les baies latérales à ouverture romaine en plein cintre.

Ces différentes œuvres d'art sont le fruit du travail du peintre-verrier lorrain BENOIT.  Les vitraux actuels datent d'après la seconde guerre mondiale, car les bombardements allemands des 6, 7 et 8 Novembre 1944 sur le quartier centre du village, même s'ils n'ont pas touchés directement l'église, ont occasionnés la destruction totale des vitraux existants par déflagration.

Déjà après la première guerre mondiale, l'ensemble des vitraux de l'église après destruction avaient fait l'objet d'une reconstruction que l'on peut situer vers 1920.  On peut constater qu'entre les deux conflits, la durée de vie des vitraux aura été à peine d'un quart de siècle.

Pour l'histoire locale, rappelons qu'après le second conflit, la rentrée des habitants, qui avaient été évacués de force par l'armée allemande, ont pu retourner à leurs maisons très endommagées par les bombardements et les pillages. La pauvre église encore debout était vouée aux courants d'air avec ses fenêtres démunies de vitraux. Un nettoyage de grande ampleur avait été nécessaire. La commune, propriétaire des lieux, a demandé les dommages de guerre au gouvernement pour réparer les dégâts.

Souvenons-nous que pendant cette période où le bâtiment cultuel n'était pas disponible, Mlle Marie-Elisabeth-Anna MENGIN avait créé dans son grenier une chapelle provisoire pour permettre les célébrations habituelles.

Rappelons que les vitraux dans une église viennent équiper les fenêtres, plus exactement les baies, apportant l'éclairage naturel à l'intérieur de l'édifice. Outre ce rôle d'éclairage, le vitrage constitue un isolement contre le froid notamment; mais le vitrage est aussi un support au dessin coloré qui peut se résumer à des motifs symboliques mais surtout en une page d'histoire divine ou du saint patronage du lieu. C'est une façon simplifiée de faire connaître, loin des longs discours, la vie d'un saint.  C'est un livre d'images à la portée de tous.

Vitraux_Eglise_Fremenil_Schema_descriptif.jpg
Découvrons plus en détail les vitraux de notre église.

Les vitraux avec illustration de personnages sont situés de part et d'autre du choeur:

  • Baie latérale Côté EST :
    Le vitrail très en couleur évoquant "La Remise des clefs à St Pierre", d'une manière solennelle avec deux personnages dont St Pierre acceptant la charge de son nouveau rôle de Chef de l’Église terrestre.
  • Baie latérale Côté OUEST :
    Nous trouvons le tableau "St Pierre est libéré de ses chaînes" avec deux personnages : St Pierre et l'ange libérateur dans un décor évocateur de chaînes et de liens. Les liens représentent les deux chaînes dont St Pierre est chargé : celle de JERUSALEM apportée à ROME, et celle de ROME dans la prison MAMERTINE où St Pierre se trouvait. Quand on les rapprocha l'une de l'autre, les deux chaînes se soudèrent miraculeusement. On trouve-là le symbole de l'union intime qui soude JERUSALEM où le Christ a vécu sa passion, et ROME siège du premier Chef de l’Église : St Pierre.

Vitrail_Remise_des_clefs_a_Saint_Pierre.jpg

Vitrail_Remise_Saint_Pierre_libere_de_ses_liens.jpg

Les vitraux avec motifs éclairent la nef au nombre total de six baies latérales (3 baies côté EST, 3 baies côté OUEST).

En entrant dans la nef depuis le porche d'entrée du clocher, nous trouvons côté EST les vitraux à motifs 1,2 et 3.

  1. Le pélican-            Le pélican qui déploie ses ailes pour protéger les siens.
  2. Le pain de vie-        Rappel de la multiplication des pains. On retrouve les pains dans une corbeille ainsi que des poissons.
  3. L'agneau -             Symbole de l'agneau pascal.
    En reprenant le chemin inverse dans la nef vers le clocher, nous trouvons côté OUEST les vitraux à motifs 4,5 et 6.
  4. La croix-              Symbole de la paix et de l'alpha et oméga: le début et la fin des temps.
  5. Le calice et l'hostie- Symbole de la cène du Jeudi Saint, de l'eucharistie.
  6. Le vaisseau-           Symbole du vaisseau de l'église du Christ voguant sur les eaux. Référence à la devise "Fluctuat nec nergitur" (Je flotte mais ne coule pas.)

Vitrail_1_Le_Pelican.jpg

Vitrail_2_Le_Pain_de_vie.jpg

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Vitrail_4_La_Croix.jpg

Vitrail_5_Le_Calice_et_l_Hostie.jpg

Vitrail_6_Le_Vaisseau.jpg

L'examen détaillé de l'ensemble de ces vitraux nous amène a une découverte artistique précieuse de l'histoire de l'église peu connue de ses visiteurs. On ne doit pas ignorer cette richesse de l'art du vitrail présente dans notre église locale. Notons également que pour la protection de chaque vitrail proprement dit, une baie vitrée vient la doubler en extérieur, ainsi qu'un panneau grillagé en métal contre les méfaits de jets de projectiles.      

Rappelons que les vitraux des églises de notre région du Lunévillois ont souvent été renouvelés après la période du conflit 1939-1945 par suite des destructions. C'est ainsi que les peintres verriers lorrains ont été mis à contribution pour leur talent.  En différentes églises nous retrouvons des noms célèbres dans ce domaine bien spécial des artisans d'art du vitrail :  J. BENOIT,  JANIN,  BASSINOT,    Peintres Verriers à Nancy.

En découvrant les vitraux peu connus de notre église locale, il était bon de rappeler les noms de ces artistes qui ont réalisé un éclairage coloré de ces lieux de culte de notre région. C'est avec respect que je salue leur talent.

Jean  SPAITE   Mai 2017

dimanche, avril 9 2017

Le blockhaus Est

NON, ce n'est pas la première fois que nous vous parlons des monuments militaires, témoins de la première guerre mondiale, implantés à chaque extrémité de notre commune. Déjà,  à la veille de la commémoration du centenaire, nous avions fait paraître un article souhaitant réveiller en local la fibre patriotique ( Souvenirs de 14-18: 100 ans un anniversaire )

Seul geste, le dégagement de la partie supérieure du Blockhaus OUEST (côté Domjevin-Bénaménil) qui a eu droit au désherbage des chardons et des orties poussant sur un dépôt inapproprié de terres (article "Blockhaus Ouest" ).

Le Blockhaus Est dit du Cimetière (côté Ogéviller) particulièrement négligé se trouve asphyxié par la végétation laquelle, oubliée de tout entretien depuis de nombreuses années, se traduit notamment par la présence d'arbres qu'il est grand temps de transformer en bois de chauffage, ce qui n'est pas un chantier insurmontable.

A l'occasion du Centenaire du premier conflit mondial, en mémoire de nos ancêtres, ces braves Poilus qui ont construit avec sueur, avec fatigue, avec peine ces monuments peu communs de la stratégie militaire, les deux blockhaus de FREMENIL doivent être sauvés et mis en valeur. Le devoir de mémoire passe par cette étape. C'est un acte de respect envers nos soldats, une preuve que leurs sacrifices n'ont pas été vains.

Nous publions une photo récente du Blockhaus Est vue partie arrière avec les deux porches d’accès, mais entouré d'une végétation abondante et indécente.

Blockhaus_Est_2017.jpg
En saisissant "Blockhaus" dans le champ "Rechercher" et en cliquant sur "ok" vous pourrez consulter tous les articles concernant les Blockhaus de FREMENIL.



Jean  SPAITE   Avril 2017

Sur le banc...

Sur_le_banc.jpg"Sur le Banc", c'est le titre d'une émission créée en 1937 sur Radio Luxembourg, arrêtée pendant la guerre et reprise de 1949 à 1963.

Présentée par l'actrice Jane SOURZA (1902-1969) et Raymond SOUPLEX (1901-1972) chansonnier et acteur, respectivement dénommés CARMEN et LAHURLETTE. Elle avait pour thème de brocarder les différents aspects de la vie quotidienne vue par les deux clochards de service, mais aussi de passer à la moulinette les personnalités et évènements de l'époque. Carmen et Lahurlette ont eu un succès mérité dont le seul décor était un banc public où avait lieu le dialogue croustillant entre les deux compères ponctué de coups de vin rouge, la boisson nationale!!

A propos de banc, notre attention s'est arrêtée sur les vestiges d'un banc qui subsiste en notre village et qui pourrait être classé monument historique, tant les exemplaires sont rares.

Devant la maison située 9 Grande Rue, propriété de Mr Marcel HENRY, on peut voir les piliers en grès sculpté qui servaient de supports à un banc situé à l'extérieur de l'immeuble. Le banc proprement dit était constitué par une grande planche d'assise épaisse de 5 cm. large de 40 cm. et longue de 4m.58. Elle s'encastrait dans la rainure des piliers extrêmes et reposait sur le pilier médian. La longueur totale de cet équipement de repos était de 4m.84. Les deux piliers extrêmes sont décorés d'une sculpture d'inspiration florale plutôt inattendue et d'un bel effet.

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Banc_Fremenil_02.jpgBanc_Fremenil_03.jpg

Ce genre d'équipement n'est pas courant et relève d'une certaine aisance du propriétaire constructeur en 1822,en l’occurrence Mr Nicolas MANGIN Maire de la commune de 1820 à 1829. Le banc complet a existé jusqu'en 1940-1944. Il avait été amputé d'une partie de planche d'assise côté droit et était resté en cet état jusqu'à la fin du XXe Siècle. Au siècle nouveau, il ne reste plus que les trois piliers témoins de cet ancien espace de repos.

Mais tel qu'il reste, orphelin de sa planche de repos, ce banc du XIXe siècle mérite l'intérêt, et pourquoi pas, une rénovation.
  

   Où pouvoir encore maintenant
   Parler d'amour?
   De la pluie et du beau temps
   En toutes saisons?
   OUI, mais c'est bien sûr...
   SUR LE BANC !


Jean  SPAITE  Avril  2017

Sources : Le cliché "sur le banc" en N&B est extrait du site www.cinema-francais.fr

jeudi, février 23 2017

Le calvaire de l'église a fait peau neuve

CalvaireFremenil2017_01.jpg

Ca y est ! Ils l'ont fait !

C'est le Jeudi 16 Février 2017 que les ouvriers de l'équipe intercommunale ont procédé au nettoyage du calvaire de l'église dont la partie supérieure attendait une intervention bienvenue.

Certes, un premier travail avait été effectué manuellement par brossage en Mars 2016, concernant le socle de base et le fût du monument comprenant la Piéta sculptée "Vierge de Pitié" associée à la croix, unique exemple du canton de Blâmont. La croix latine nécessitant l'emploi d'une grande échelle était en attente de traitement.

La récente phase de travaux a été réalisée par l'utilisation d'un Karcher qui a repris la totalité de l'édifice mémoriel. On peut dire que le calvaire de l'église a fait peau neuve. Mais il laisse apparaître aujourd'hui dans la partie supérieure , des détériorations évidentes qu'il conviendra de traiter par un délicat colmatage pour assurer une bonne conservation de ce monument historique datant de 1705. Soyons vigilants pour nous assurer que cet ultime travail soit réalisé. 

A l'occasion de cette phase de remise en état, le Karcher a été opérationnel aussi pour nettoyer les marches de l'escalier d'entrée  de l'édifice religieux rendant plus propre l’accès à l'église.

CalvaireFremenil2017_02.jpgCalvaireFremenil2017_03.jpg
Voilà du bon travail qui cadre parfaitement avec l'embellissement de notre village.

Jean  SPAITE   Février 2017

NOTA:  Voir aussi nos articles : 

samedi, février 11 2017

Fréménil et sa porte monumentale

FVPorteMonumentale01.jpgEn écho à la récente parution du nouveau livre d'Antoinette AUBRY-HUMBERT "Les Portes Monumentales du Lunévillois - Fin XVIIe et XVIIIe siècle":
 

  • Rappelons que la porte monumentale de MARAINVILLER située initialement 9 Rue Charles CHATTON, a été sauvée d'un exode vers l'Amérique grâce à l'action de Mr François ZAUG de MARAINVILLER avec l'aide efficace de Mr Jacques LAMBLIN, député de LUNEVILLE. La porte d'origine, démontée puis restaurée est remontée maintenant près de l'église du lieu faisant l'admiration de tous les visiteurs.
  • Autre mise en exposition visible à NANCY dans l'enceinte du Conseil Général 48 Rue du Sergent BLANDAN auprès des services du CAUE (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement) de la copie de la porte monumentale d'OGEVILLER située 23 Rue du Chateau, un chef-d'oeuvre dans sa réalisation par les apprentis du CFA de SAVERNE section des métiers de la pierre en Janvier 2007.
  • Souhaitons que FREMENIL, elle aussi, retrouve un jour une copie de sa porte monumentale afin de faire revivre cette richesse architecturale. A l'exemple de MARAINVILLER, ce projet pourrait trouver sa place contre le mur extérieur de la sacristie à l'arrière de l'église. La copie serait située non loin de la porte actuelle, 4 Rue de la Prairie, réduite aujourd'hui dans sa présentation après avoir été fortement endommagée le 5 Novembre 1916 par un obus allemand.
  • Autre solution réalisable entièrement en local, à l'exemple de la belle fresque murale oeuvre du groupe de peintres amateurs talentueux inaugurée officiellement le 15 Octobre 2016 : Un tableau illustrant la porte monumentale de FREMENIL dans son aspect initial pourrait trouver une place d'exposition pérennisant le souvenir de cet ouvrage architectural exceptionnel qui manque encore après un siècle.

Ce projet cadrerait tout à fait avec l'embellissement du village.

Jean  SPAITE   Février 2017

jeudi, août 4 2016

Préservation du patrimoine

La télévision nous offre chaque année le concours du plus beau village de France sous le titre "Le Village préféré des Français", une émission qui nous permet d'admirer un ensemble architectural différent suivant les régions , mais qui nous oblige à reconnaître notre modestie en ce qui concerne notre petit village.

Pourtant, d'années en années l'effort réalisé localement pour le fleurissement du village porte ses fruits et tout en présentant un aspect favorable et coloré se trouve logiquement récompensé par les instances officielles.

De l'époque du XIXe siècle et du début du XXe siècle, nos maisons lorraines avec leurs portes de granges à linteaux en anse de panier avaient le tort de voisiner avec le tas de fumier pourtant taillé au carré traduisant la richesse du propriétaire fermier. La voirie s'est aussi améliorée apportant un signe d'urbanisation. En notre XXIe siècle, on remarque un effort notoire dans la présentation des maisons qui, s'inspirant de la province voisine l'Alsace à laquelle nous sommes très attaché, s'affiche maintenant avec des fleurs et des parterres verdoyants.

Mais ce qui signale un village par dessus-tout, c'est le bâtiment le plus haut, le plus remarquable, en l’occurrence l'église. Tout le monde n'a pas la chance de posséder un château avec tours et donjon, mais nous avons une église qui se détache architecturalement de tout le bâti du village. Elle mérite une visite car elle recèle des tableaux et des meubles religieux de grande valeur et classés "monuments historiques". Reconnaissons aujourd'hui que la mise en valeur de l'ensemble mériterait un effort bienvenu. Nous avons hérité de nos ancêtres qui nous ont précédés dans l'Histoire de ce petit village d'une église bâtie à la force des mains, endommagée par les guerres, les révolutions, les tempêtes et les incendies; mais rebâtis, reconstruites courageusement avec l'aide des religieux mais aussi et surtout des paysans du lieu qui ont permis cette renaissance que nous devons pérenniser en ce XXIe siècle et pour l'avenir.

Eglise2014_01.jpg

Voir sur le site :

Comme nous l'avons indiqué précédemment, nous n'avons pas ici la présence d'un château fort attirant des touristes.

Mais nous avons la chance de posséder deux blockhaus construits par nos soldats lors de la première guerre mondiale avec des matériaux provenant des ressources locales.  Situés à l'Ouest du village (côté Bénaménil, Domjevin) et à l'Est (côté Ogéviller), ils avaient pour rôle de protéger notre village des attaques ennemies venant du Nord (côté Vezouze). Le blockhaus Ouest latéralement au CD 19A est bien visible mais mériterait une mise en valeur coïncidant avec la période actuelle du Centenaire de la guerre 1914-1918. Le blockhaus Est situé derrière le cimetière se trouve dans un état affligeant imposant un dégagement complet de son environnement immédiat.

Blockhaus.Ouest.2016.jpg

Voir sur le site :

Voici deux vestiges du conflit qui a fait tant de morts et qui accusent l'indifférence, la négligence, le manque de reconnaissance en local de notre génération.  Si rien n'est fait, dans les siècles à venir, la génération actuelle sera montrée du doigt par nos descendants en découvrant cette carence.

Il est grand temps d'agir pour la préservation de notre PATRIMOINE local, tant pour notre EGLISE que pour les deux VESTIGES MILITAIRES, fruits du travail opiniâtre de nos pères lors du premier conflit mondial qui a fait 18,6 Millions de morts il y a un siècle.(Voir Wikipédia)


Jean SPAITE     Août 2016

samedi, juin 4 2016

Le monument Leclerc de la forêt de Mondon

Monument_tranchee_Leclerc_Mondon.jpgSi vous empruntez la route forestière reliant BURIVILLE à MENIL-FLIN, au carrefour avec la "Tranchée des Loups", vous remarquez sur votre droite le monument de la "Chaussée LECLERC".
Érigé après la Libération, un peu oublié les années suivantes, ce monument présentant une croix de Lorraine évidée méritait une rénovation. C'est chose faite depuis fin Avril 2016.

Deux plaques-souvenirs rappellent la création d'un axe routier solide pour assurer le passage de la 2éme DB dans la Forêt de Mondon en lieu et place du chemin forestier "la Tranchée des Loups" rendu impraticable pour les chars par suite des intempéries de longue durée qui ont sévi en cette période. C'est le 13éme Bataillon du Génie sous les ordres du Commandant GRAVIER qui a conçu et réalisé ces importants travaux permettant un accès stratégique de 3,6 Km en sous-bois jusqu'à HABLAINVILLE,OGEVILLER et BACCARAT le 31 Octobre 1944 en contournant la Route Nationale LUNEVILLE, BACCARAT, St DIE (RN 59). Un Régiment de Génie Américain, le 1101 Engineer Combat Groupe, avec des bulldozers et 120  camions est venu prêter main-forte au 13éme Bataillon de Génie Français. Rappelons que cet axe routier renforcé a pu être réalisé en empruntant des pierres et des gravats provenant de deux villages détruits de REHAINCOURT (88) et St REMY aux Bois (54).
 
Saluons cette réalisation effectuée sur une courte durée (4 jours) et par des conditions atmosphériques peu favorables : pluies et brouillards.

Retenons la devise du 13éme Bataillon du Génie :

"A me suivre,
" Tu passes.

Et formulons l'espoir de conserver ce monument LECLERC en bon état pour l'avenir.


Jean SPAITE         Juin 2016

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de la Bataille de Lorraine

mardi, février 23 2016

Le blockhaus Ouest

Avant :

Maisons_nouvelles_0715_02.jpg

Après :

Blockhaus.Ouest.2016.jpg

C'était le Mardi 2 Février 2016. Le temps était pluvieux, il y avait du vent, et les deux employés du syndicat de gestion des ouvriers intercommunaux du Pays de la Vezouze ont été dépêchés pour dégager la partie supérieure du blockhaus Ouest envahie par de la terre glaise et une herbe sauvage où dominait les chardons et les orties. Il était grand temps d'éliminer ce décor disgracieux à l'entrée de notre village qui, par ailleurs fait de réels efforts pour devenir plus accueillant par un fleurissement réussi. Espérons que cette première phase de mise en valeur du monument fortifié soit suivie par une autre étape dans le cadre du centenaire de la guerre 14-18 et plus particulièrement du centenaire du blockhaus qui date de 1916.

Le système défensif élaboré par les autorités militaires consistait en la construction de deux ouvrages fortifiés en béton armé situés à l'Est et à l'Ouest du village de FREMENIL. Chacun des ouvrages "abritait deux chambres de mitrailleuses cubiques hautes de cinq à six mètres, larges d'autant, et réunies par une galerie de dix mètres environ de longueur", "les meurtrières sont dirigées vers le Nord du côté de BLEMEREY" ( description d'Edmond DELORME dans LUNEVILLE et son Arrondissement- Tome 2 ). Entre ces deux fortins, la défense était complétée par des tranchées équipées de ronces barbelées établies à la partie Nord du village sur la prairie (quartier de la Banvoire).

Concernant le blockhaus Ouest, la seconde étape de mise en valeur, après le nettoyage effectué de la partie supérieure, pourrait consister en une réalisation d'une surface recouverte de cailloux blancs entre l'ouvrage fortifié et le CD 19A très fréquenté, en donnant une image plus soignée et néanmoins peu onéreuse en investissement.  Le blockhaus Est situé près du cimetière présente un état de délaissement certain imposant un travail plus conséquent.

Après cette évocation historique et ces considérations techniques, à la manière de Georges CHEPFER (1870-1945) chansonnier et humoriste lorrain, laissons place à l’interprétation de la mère de "not' Mimile" pour évoquer cet évènement, à savoir le Centenaire du blockhaus de FREMENIL.

"Tiens toi droit Mimile ! Enlève ton bèret quand ça joue La Marseillaise. C'est-y pas Dieu possib' un jour comme aujourd'hui où c'qu'on célèbre les 100 ans d'la guerre de 14 et les 100 ans d'la construction du blockhaus. Pense à ton pépère qu' était mobilisé et qu'a travaillé avec les aut' poilus pour faire le gros machin-là en béton. Et tout ça à la main Mimile : fallait pas qu'i soient feignants les ouvriers du temps-là. Et faudrait pas l'oublier le blockhaus-là comme celui du cimetière, i s'ont tout fait à la main : pas d'bétonnière, pas d'bulldozer comme i disent maintenant. A c'tour qu'i s'ont enlevé toute la chardonnerie qu'était su la crête, tout comme ton bérêt su l'crâne Mimile, faut pas oublier les alentours nem', pou qu'ça soit présentab' ! Pour sûr qu'i vont s'y att'ler pisque c'est pas tous les jours les 100 ans d'la guerre de 14. I s'ont besoin qu'on les respecte les pauv' poilus qu'ont travaillé dur par tout les temps, en risquant leur vie nuit et jour pour qu'on vive en Paix maintenant. Les oublier, oublier leur ouvrage, c'est d'la pure ingratitude. T'as bien compris Mimile? T'oublieras jamais nem' ! Ah mais... "

Je vous laisse à vos réflexions...

Jean   SPAITE   Mars  2016

Autres articles sur les blockhaus de Fréménil :

dimanche, février 15 2015

Le puits à balancier de Fréménil

Dans sa précieuse monographie de 1888 consacrée à Fréménil, Aristide RENAULD l'instituteur du lieu nous signale la présence du puits à balancier de la commune. Il nous rappelle la voirie du village de cette époque avec trois rues :

  • La Grande Rue qui part de l'église pour aboutir au pont sur la Verdurette, avec accès à la prairie, desservant le quartier de "la Banvoire". De nos jours elle a pour nom "Rue de la Prairie".
  • La Rue du Puits qui part de l'église pour aller vers l'Est en direction du "Camp" (puis Ogéviller). Comme son nom l'indique, elle dessert le puits banal existant au carrefour du chemin de Buriville.
  • La Rue du Faubourg qui part du pont du ruisseau de la Maxelle pour aller vers l'Ouest en direction de Bénaménil en desservant le quartier "le Faubourg".

De nos jours, ces deux rues n'en font plus qu'une, baptisée "Grande Rue" et répertoriée officiellement CD19A. Cet axe routier constitue l'ossature Est-Ouest du village-rue typiquement lorrain où les maisons se serrent les unes contre les autres par des murs mitoyens.

On peut considérer que le village a pris naissance à proximité immédiate de la Verdurette (anciennement Ruisseau d'Alhan) pour son alimentation en eau (Voir l'article : "Depuis combien de temps notre village existe-t-il ?" ). En ce temps-là, il n'y avait pas de pollution et l'eau des rivières était potable. Le village s'est peu à peu agrandi. Dépendance des Templiers implantés à Domjevin, il passe au fil des ans et des traités sous la dépendance des Seigneurs de Blamont et d'Herbéviller. C'est avec ce seigneuriat que fut décidé l'installation d'un puits banal (relevant du Seigneur) implanté au carrefour du chemin de Buriville. On peut supposer que cette décision a fait suite à la construction de nouvelles maisons éloignées du quartier de la Banvoire et de son point d'eau.

Nous avons eu la chance de connaître ce vieux puits banal et nous vous présentons une photographie datant des années 1940.
Puits_Balancier_Photo.jpg
Le puits a été établi par terrassement à la main, c'est à dire avec pioche et pelle, jusqu'à une profondeur atteignant la nappe phréatique, soit quatre mètres environ. Les parois ont reçu une maçonnerie circulaire (1,00 m. de diamètre environ) de pierres sèches, couronnée en surface par une margelle circulaire en grès rose. Pour recueillir plus facilement l'eau dans un seau, un balancier a été élevé. Il était constitué d'un fût vertical à section carrée (0,40m.x0,40m. environ) fait d'un arbre (chêne ou hêtre) dépassant de 2,50 à 3,00m. du sol. La partie enterrée pouvait avoir 1,00m. de profondeur. Le fût vertical était percé d'une mortaise de 0,20m. environ d'ouverture qui était pénétrée par le balancier. Celui-ci était constitué par une perche oscillante en milieu de sa longueur (environ 4,00m) grâce à une tige en acier.

  • A l’extrémité haute était fixée une chaîne en acier se raccordant à une perche de petit diamètre (6 à 7 cm.) et de 2,50 à 3,00m. environ de longueur. Cette petite perche, bien rabotée et polie comme un manche d'outil était munie à son extrémité d'un système d'accrochage pour le seau destiné à puiser l'eau. L'ensemble constitué par la petite perche et le crochet était désigné sous le terme "la Landerie" du puits (dixit Marthe FLAVENOT née MANONVILLER, le 10/11/1986, confirmé par Madeleine HOURDIAU).
  • A l’extrémité basse du balancier, deux grosses pierres fixées par un cerclage métallique, constituaient le contre-poids.

Saluons le travail de nos ancêtres qui ont réalisé ce remarquable puits à balancier avec des moyens bien différents de ce que nous connaissons aujourd'hui.
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Pendant des années les habitants du lieu se sont approvisionnés en eau au puits. La margelle en grès, par une partie bien usée par les passages des seaux, pouvait en témoigner de la fréquentation. Ce n'est qu'avec l'installation de l'alimentation en eau potable par le Syndicat des eaux de Manonviller-Ogéviller (années 1920) que le puits à perdu de son importance. Pourtant le service de l'eau pour le bétail avait nécessité l’installation de deux auges aux abords immédiats du puits, et plus tard une borne fontaine.  

C'est en 1951 que la mairie décida de la mort du puits à balancier. Les insectes rongeurs s'étaient appropriés le gros fût vertical et la sécurité du voisinage n'était plus assurée. C'est Yves ADAM, maire de l'époque, qui prit cette lourde décision et c'est Lucien CARMENTRE avec Georges DURAND qui exécutèrent la sentence en prenant bien des précautions pour éviter tout accident au démontage. La margelle de grès qui portait les marques de l'histoire n'a été déposée qu'en 1970. Déplacée provisoirement près du cimetière, elle a été récupérée par l'entreprise BARASSI de Cirey sur Vezouze.

Les amateurs d'histoire lorraine ont regretté la disparition du puits à balancier de Fréménil mentionné souvent dans les descriptions du village dont il faisait partie des curiosités. Actuellement une margelle en béton est installée à son emplacement et contribue au fleurissement du village, mais ce n'est pas pareil que l'antique point d'eau.

Outre la photographie de l'ancien puits de Fréménil, nous illustrons également cet article par une vue, avec des brodeuses, du puits de Domjevin (d'après une carte postale BASTIEN-Lunéville) ressemblant à notre ancien puits, ainsi que du puits de Petitmont peint avec talent par Alfred RENAUDIN en 1897. Il y avait aussi un puits à balancier à Parroy, à Ogéviller. Tous ces puits sont aujourd'hui disparus. Notons que l'on trouvait des installations identiques en Europe Centrale et en Afrique.

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Par cette page d'histoire, à notre manière, nous avons fait revivre pour vous, le vieux puits à balancier de Fréménil.

Complétons cette évocation du vieux puits banal de Fréménil par le rappel suivant :

Pendant la première guerre mondiale, un nouveau puits a été réalisé par l'armée française. Il s'agissait d'un simple puits implanté à quelques mètres de l'ancien avec un diamètre inférieur et fermé au niveau du sol par un couvercle en béton. On peut supposer que voulant s'affranchir de la manoeuvre du balancier, les militaires ont préféré l'utilisation d'une moto-pompe en prise directe pour leurs besoins. Le corps des sapeurs pompiers communaux a réutilisé ce point d'eau jusqu'en Février 2001 date de la suppression du corps local des sapeurs-pompiers,  après 130 ans de service. Pour leur exercice périodique, on pouvait assister au fonctionnement de la moto-pompe rouge puisant l'eau dans le petit puits et pratiquant l'arrosage abondant du chemin de la gare par les tuyaux textiles posés sur le sol (Voir l'article "Les Pompiers").

Cela aussi, c'était dans le temps...

Jean SPAITE    Février 2015

Crédits Photographiques :
  • Le dessin du puits de Fréménil a été réalisé par l'auteur.
  • La photo du puits de Fréménil ainsi que les cartes postales proviennent de sa collection personnelle
  • La reproduction du tableau d'Alfred Renaudin est extraite du No.6 de la Nouvelle Revue Lorraine datée de février-mars 2011

lundi, mai 12 2014

Blockhaus à l'abandon

Blockhaus Fréménil, selon DelormeTout le monde le sait : Actuellement, nous sommes en pleine commémoration du centenaire de la guerre 1914-1918.

Ce premier conflit mondial a vu converger sur la frontière Nord-Est de notre pays les soldats mobilisés venus des quatre coins de la France et beaucoup ont donné leur vie pour que nous puissions vivre en paix. Il est tout à fait légitime de ne pas laisser cette douloureuse période sombrer dans l'oubli. Avec leur courage, avec leur sang, nos poilus, qui sont nos ancêtres, ont marqué notre terre lorraine de leur empreinte. Beaucoup reposent dans nos cimetières avec la mention "mort pour la France". De par nos communes, on rappelle leur histoire glorieuse : ici une fortification, des monuments, là des casques, des fusils et des balles, et puis des récits, des livres, des conférences, des photographies, des lettres aussi.

Cette vague d'émotion ne devrait pas laisser insensible notre propre commune qui possède en son lieu deux vestiges de la guerre 14-18; à savoir, les blockhaus Ouest et Est de part et d'autre de notre petit village. Ces monuments militaires méritent une mise en valeur alors qu'ils offrent pour le moment une figure d'abandon. Ces postes fortifiés de mitrailleuses constituaient une garde défensive du village complétée par ailleurs par un réseau de tranchées. En ces temps de danger, proche des premières lignes du front, le village abritait, outre la population restée en place, un nombre important de soldats prêts à monter au combat, mais aussi un poste de secours avec infirmerie accueillant des blessés.

Il y avait une communion entre ces acteurs de la guerre : ces troupes armées et les habitants du village dont les maisons lorraines constituaient leur abri. La paix revenue, les échanges de correspondances, les visites respectives, ont témoignés de l'importance des moments tragiques vécus ensemble dans notre petite commune.

Il restait en souvenir ces vestiges fortifiés qu'étaient les blockhaus bâtis dans bien des efforts par ces soldats avec le sable et le gravier du territoire local. Avec le temps, au fil des années, le fier souvenir témoin du passé s'est traduit par un abandon. Le blockhaus Ouest cohabité par des veaux et des arbres qui viennent mourir sur ses flans. Son frère fortifié à l'Est déjà marqué par une position inclinée, sombre dans l'indifférence sous une abondante végétation faite de ronces, d'orties, d'aubépine.

Quel spectacle affligeant en cette époque de célébrations du centenaire de la guerre 14-18 où, par d'éloquents discours, on rappelle la mémoire de tous ces braves ancêtres qui se sont battus pour défendre leur patrie, et que l'on oublie ces monuments fortifiés, témoins de leur dur travail, laissés à l'abandon.

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Il est grand temps que les édiles locales, les responsables du département et de la région se décident pour réparer cette attitude ingrate. Le réveil doit être sans délai. Nous attendons des actes au nom de nos chers soldats de 14.

Jean SPAITE    Mai 2014

Vous pouvez retrouver sur notre site quelques articles en rapport avec la première guerre mondiale :

dimanche, mai 19 2013

Du beau travail à l'église

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Enfin la touche finale a été réalisée :

La rampe d’accès de l'issue de secours de l'église est maintenant équipée d'un garde-corps.

Ce dernier se présente sous la forme d'une chaîne supportée par des appuis couronnés par une boule dorée. Mais, pour souligner l'aspect sécuritaire de cet équipement, l'homme de l'art a soudé les maillons d'une chaîne concentrique qui en marque l'extrémité. Voilà du beau travail, original, de bon gout, qui s'allie à l'architecture du bâtiment religieux. La mise en place a été effectuée courant Avril 2013.

Nos félicitations pour cette réalisation vont à Yvon RAMOS, adjoint au maire, toujours dévoué, par ailleurs soudeur de talent, ainsi qu'à Sylvie F. pour son aide précieuse dans la conception et la mise en oeuvre. Qu'ils soient tous deux vivement remercié pour cet ouvrage qui s'inscrit également comme un équipement sécuritaire attendu depuis des années. 

Il reste encore énormément de travail à effectuer en cette église, bâtiment communal depuis la loi de 1905, pour en assurer correctement une remise en état. Espérons en une réalisation prochaine...

J.S.  Mai 2013

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dimanche, mars 3 2013

Les Carrières

La plupart d'entre-vous connaissent la réputation du sol fréménilois qui se révèle sol siliceux à dominante sable.

A l'époque où le caractère rural était orienté vers l'agriculture, un dicton était attaché à notre village:

"Fréménil, Enfer pour les vaches, Paradis pour les femmes."

Ce qui se traduisait par le fait qu'étant donné la nature sableuse du sol, donc terres plus légères par comparaison avec les terres lourdes, les terres argileuses, les cultivateurs du lieu pouvaient atteler pour les travaux des vaches à leurs charrues ou à leurs chariots. Les pauvres bêtes devaient quand même produire du lait comme toutes bonnes vaches; donc un double travail d'enfer pour elles, et les exploitants agricoles faisaient l'économie de l'achat de chevaux qui coûtaient toujours trop cher ! Pendant ce temps les femmes du lieu s'adonnaient aux travaux de broderie, soit perlée (maison ADAM), soit blanche (maison MANONVILLER), ce qui était moins pénible que les travaux des champs. Le dicton mérite néanmoins une double remarque : à cette époque, on ne connaissait pas l'agriculture intensive même si le sol, du fait de sa nature sableuse, était plus facile à travailler, d'où l'utilisation des "vaches de trait", mais les femmes de ce temps-là , en plus des travaux de broderie, n'hésitaient pas à aller dans les champs pour seconder leur mari et participer à leur tâche; ni dans les jardins dont la plupart du temps elles assuraient la production potagère.

Ainsi donc notre sol fréménilois est à dominante de sable. Vous avez pu vous en rendre compte lors des récents travaux de terrassements des maisons nouvelles de notre village. La couche de terre arable n'est pas très épaisse (20 à 30 cm. par endroit) et on découvre le sable mélangé au gravier-caillou sur 1m. à 3m. Ceci est le résultat des alluvions des temps anciens, après que les eaux qui recouvraient les terres se furent retirées.

L'exploitation du sable sur notre commune remonte à de nombreuses années. Les carrières se situaient près de notre village. Les deux plus importantes sont au Faubourg côté Ouest, et près du Cimetière côté Est.

La carrière du Faubourg a été exploitée fin XIX° siècle pendant une grande période et surtout au XX° siècle à l'époque de la construction du "Tacot", le chemin de fer de Lunéville à Blâmont et à Badonviller, pour l'exécution de la plateforme de la voie ferrée. Au cours de la 1ère guerre mondiale, la carrière du Faubourg est mise à contribution en 1916 par l'armée française pour la construction du blockhaus Ouest, encore visible de nos jours. La paix revenue, elle participera tout comme la carrière côté Est à la reconstruction des villages détruits : Domjevin, Blémerey, Reillon, Vého.

Côté Est, on a une autre carrière dite du Cimetière, qui se situe à gauche de la route D19A vers Ogéviller, sur une longueur de 500m. environ et une largeur de 100m. environ. Le terrain a fait l'objet d'un achat par la commune en 1998 et son comblement s'est effectué jusqu'en janvier 2000. Au voisinage immédiat du cimetière, on a du mal à imaginer l’impressionnant trou de 5m. environ de profondeur qui a perduré pendant de longues années et qui témoignait de l'exploitation de sable à cet endroit. L'importante carrière du Cimetière a été mise a contribution pour la construction du blockhaus Est, dit du Cimetière, en 1916 et qui avait pour rôle la protection efficace du village occupé par l'armée française. Le blockhaus Est, tout comme son homologue à l'Ouest dit du Faubourg, abritait deux postes de mitrailleuses lourdes face à la menace ennemie côté Nord, située au-delà de Blémerey, sur le front toujours actif pendant les quatre années du conflit.

Les carrières Ouest et Est étaient desservies par un chemin de fer à voie de 0,60 Type Decauville et dénommé "le petit Tacot"(voir article "Le petit tacot de la forêt de Mondon"-Voie Etroite N°328 Juin-Juillet 2010), qui remontait vers le Nord pour rejoindre Blémerey, Reillon. Après 1918 quand la paix est enfin revenue, ce même petit train a servi à la reconstruction des villages détruits pendant la guerre. Le sable de Fréménil a permis la reconstruction des murs des maisons de Blémerey, Reillon, Vého. L'exploitant des carrières était l'entreprise France-Lanord et Bichaton de Nancy et son chef de travaux était Mr. BOUDINI.

A cette époque de la reconstruction, la demande en sable étant devenue importante, on va voir l'ouverture et l'exploitation de nouvelles carrières situées au Nord du village, derrière les jardins des maisons de la Grande Rue et le ruisseau de la Verdurette. C'est à cette époque également qu'une nouvelle carrière s'est ouverte juste derrière le cimetière (lequel avait été inauguré en 1887). Cette dernière carrière après exploitation a reçu les perles et paillettes mises en décharge par Christian ADAM puis par son fils Yves. Ces surplus de perles faisaient le bonheur des filles du village qui venaient s'approvisionner à bon compte pour réaliser des colliers et des bracelets de toute beauté. La petite carrière derrière le cimetière a été comblée en 1990 et constitue aujourd'hui un terrain réservé à l'extension future du cimetière.

Cette exploitation intensive du sol fréménilois s'est poursuivie jusque vers 1930. En plusieurs endroits, on peut encore en trouver des traces par le sol bouleversé. En plus des carrières du Nord du village, une carrière a vu le jour côté route d'Ogéviller, voisine de la première maison du village (1 Grande Rue) et occupée maintenant par une construction nouvelle (propriété de Mr. Francis C.). Dans un parc appartenant à Mr. Henri BENOIT, cafetier (maire du lieu de 1930 à 1940), une carrière a été creusée laissant un trou à la forme de cuvette où les jeunes (dont je faisais partie) aimaient s'amuser à des parties de culbutes et en période hivernale à des glissades en traîneaux. Précisément cette carrière a été comblée en 1989.

La grande carrière du Cimetière côté Est a été comblée en grande partie et nivelée. Elle sert actuellement de zone de dépôt de matériaux de la commune et doit dans l'avenir accueillir la salle polyvalente nouvelle. Il reste encore une partie de carrière au sol bouleversé et occupé par des sapins notamment. Quand cette surface, après acquisition par la commune, sera nivelée et appropriée, elle aura vocation de terrain de sports qui fait cruellement défaut à la population jeune actuelle qui se révèle nombreuse.

Cette étude historique des carrières de Fréménil nous amène immanquablement à penser à demain pour un équipement souhaitable pérenne.

Un constat : L'exploitation du sol fréménilois en tant que sable et gravier s'est traduit par une richesse économique bienvenue et appréciée.

Le temps n'est plus où l'on pouvait voir le "Père BOUDINI" passer du sable à grands coups de pelle sur la claie métallique de la grande carrière du Cimetière. C'était au temps passé...

J.S.  Mars 2013 

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mardi, novembre 8 2011

Mon clocher au patrimoine...

Les internautes pratiquent fréquemment une promenade découverte en "zappant" sur la "toile". J'ai eu dernièrement la surprise agréable de découvrir une photographie du clocher de notre village sur le site "clochers de france", photo prise le 28 Juin 2008 par Mr Jean-Pierre LECLERC :


Ainsi, j'ai appris que la France possédait 40.000 clochers établis sur 36.861 communes de notre pays (Recensement INSEE). Le site "clochers de France" pour sa part présente notre région lorraine, dans la tranche de classement "75 à 95%" de clochers, sous la forme de descriptions et de représentations photographiques.


Je suis heureux de constater que le clocher de notre petit village apparait dans cette vitrine du patrimoine. Précisons que notre clocher est du type "pavillon", pyramide à quatre pans, forme de flèche mais très courte. Dans la monographie de Fréménil éditée en 1987 [Fréménil et son église], je l'avais décrit comme un doigt pointé vers le ciel. C'est un symbole à retenir.


Je retiens de cette promenade découverte des clochers de France que notre édifice mérite actuellement une attention toute particulière de remise en état, d'entretien et de conservation. Nous vivons auprès de réalisations qui nous ont été transmises par nos aînés sans en mesurer la valeur. Il serait grand temps d'ouvrir nos yeux pour sortir de cette indifférence vis à vis de ce qui fait partie de notre patrimoine.

Il y a trente ans mourrait Georges BRASSENS le chanteur philosophe qui nous a laissé un  message :

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais du m'éloigner de mon arbre,
J'aurais jamais du le quitter des yeux.

Ne quittons pas des yeux notre clocher, inscrit au patrimoine de France, au même titre que les châteaux, les abbayes, les lavoirs et les fontaines.

Nous avons récemment (1) fait découvrir les linteaux des portes de notre village. Pour beaucoup il s'agissait d'une richesse inconnue. Nous nous devons de préserver d'autres vestiges remarquables comme les deux blockhaus de la première guerre mondiale encadrant notre village à l'Est et à l'Ouest, et surtout notre église qui abrite des œuvres d'art étonnantes. Quand on a la chance de posséder un tel patrimoine, il faut le savoir et avoir la volonté de le valoriser.

Souhaitons être entendu... à l'ombre de notre clocher.

(1) Voir :  -le site "fremenil.com" notre écho du 4 Avril 2011
               -la nouvelle revue lorraine N°9  Aout-Septembre 2011
               -Villages Lorrains   N°134  Printemps 2011                              
             
Jean SPAITE    Novembre 2011.

samedi, septembre 24 2011

C'était au siècle dernier (3)

L'Eglise.

Notre église paroissiale ayant été endommagée en 1944 par les bombardements, une reconstruction totale de la toiture a été nécessaire la paix revenue en 1945-46.
Mais en 1987, soit plus de 40 ans plus tard, sous le mandat de Mr Yves ADAM maire, une rénovation complète a été réalisée par l'entreprise GERARD de Domèvre sur Vezouze. Nous publions une photographie des ouvriers couvreurs en plein travail sur le chantier de l'église. La photo date d'Octobre 1987.

Eglise - Changement du coq 1991
Après la réfection de la couverture du clocher, une entreprise spécialisée a procédé à l'installation d'un paratonnerre neuf ainsi qu'à la dépose de l'ancien coq-girouette qui était particulièrement endommagé. C'est la Société Electric-Antenn de Vandoeuvre qui a été adjudicataire du nouveau paratonnerre et du coq-girouette pour la somme de 42.000 Francs. Le nouveau coq a été béni par l'Abbé Charles BAILLY au cours d'une cérémonie traditionnelle rassemblant une nombreuse assistance. Avant la mise en place définitive du coq-girouette à la pointe du clocher, au dessus de la croix en fer forgé, une présentation itinérante a eu lieu de maison en maison. Cela a été l'occasion d'une offrande par les habitants pour les ouvriers travaillant en hauteur à l'installation définitive du "volatile" coiffant le clocher et surveillant notre village... Nous publions une photographie de la bénédiction du coq par l'Abbé BAILLY datant du samedi 11 Mai 1991. Les jeunes gens qui posent fièrement ce jour-là sont devenus grands aujourd'hui. Nul doute qu'ils seront contents de se revoir !

Pose du coq Eglise Fremenil 1991 01Pose du coq Eglise Fremenil 1991 02

Pour celles et ceux qui ont été témoins de la bénédiction du nouveau coq de l'église paroissiale, c'est un événement mémorable que l'on n'a pas souvent l'occasion de voir dans sa vie.

CoqEglise_Panorama


Nous  sommes en 2011. Le coq du clocher indique toujours d'où vient le vent. Depuis son perchoir, il constate avec inquiétude les tuiles recouvrant le toit de l'église qui ont un besoin urgent d'une remise à neuf pour guérir les fuites d'eau qui meurtrissent le plafond de l'édifice. Nous prenons rendez-vous pour ce chantier que nous espérons prochain.
Ce sera l'occasion de prendre une photo montrant les couvreurs au travail.

Jean SPAITE    Septembre 2011

jeudi, juin 16 2011

D'une paroisse à l'autre

L'Est Républicain du 11 Juin 2011 nous informe de la signature d'une convention de souscription en faveur de la réhabilitation de l'église Sainte Thérèse de l'enfant Jésus de Villers-les-Nancy. Rappelons que cette église est fermée depuis octobre 2010 pour raisons de sécurité et nécessite la réalisation d'importants travaux de remise en état. Construite en 1930, cet édifice religieux qui a marqué tout un quartier de Nancy et sa proche banlieue relève du diocèse en application de la loi de 1905. Il n'en est pas de même de tous les édifices religieux existants avant cette loi de séparation de l'église et de l'état. Ceux-ci relèvent des communes et font partie du patrimoine communal avec par conséquent l'obligation d'entretien "en bon père de famille"...


Délégué départemental de la Fondation du  Patrimoine, Michel VICQ, signataire de la convention de souscription pour cette restauration a rappelé en termes vertueux les conseils à retenir en regard de la conservation du patrimoine que nous avons l'honneur de citer ci-après :

"Il ne faut pas pleurer les choses qu'on n'a plus.
"Il faut empêcher qu'elles meurent.
"Or, une église, dans un village, comme dans une ville,
"c'est le mémorial des années défuntes et des silhouettes anciennes.
"Elle incite secrétement à la méditation.
"Elle est un endroit où l'histoire est vivante.
"Elle est aussi le murmure des époques et incarne la noblesse du sacré,
"en nourrissant les croyants pour les uns,
"la fierté pour les autres.

F06.jpg

Ces précieuses paroles, émanant d'une personnalité compétente, qui défend le patrimoine et en assure la sauvegarde, doivent nous faire réfléchir en local sur la préservation de notre église qui accuse certaines faiblesses et a bien besoin de travaux de conservation. Souhaitons que cela ne tarde pas trop !

  J S   Juin 2011

dimanche, juin 12 2011

Le poteau Michelin

Poteau_Michelin_Initial.jpg
  • Modeste, méconnu, ignoré dans son coin, 
    au carrefour du chemin de l'ancienne gare,
    il était là...
    Le poteau Michelin.
  • Planté vers 1930, il a subi la guerre
    dont il est sorti blessé, avec un trou béant
    et de nombreux éclats...
    Pauvre poteau Michelin.
  • Une main anonyme en 1946
    a pansé sa blessure
    par un gros colmatage en ciment,
    et depuis, plus rien...
    Pour le poteau Michelin.
  • Les années en passant, la pluie, le vent,
    l'avaient rendu bien terne.
    Les jets de cailloux, les traces de goudron
    sur sa plaque émaillée
    portaient la signature
    des enfants turbulents,
    des personnages ingrats...
    Pauvre poteau Michelin.
  • Et pourtant, aujourd'hui
    dans le soleil lorrain,
    éclatant de beauté, il revit.
    Sans bruit, des bénévoles
    après un sérieux travail
    l'ont remis en état
    pour que, digne à nouveau,
    il indique fièrement
    au voyageur perdu
    son chemin...
    Le beau poteau Michelin.
  • Étonné, un passant a même dit
    qu'il avait retrouvé
    une nouvelle jeunesse
    et qu'il était bon,
    pour au moins
    Cent Ans
    Et 100 ans, c'est demain!
    Alors longue vie...
    Au poteau Michelin.

Jean SPAITE     Juin 2011 

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur les fameux Poteaux Michelin qui fleurirent au bord de nos routes dans les années 30, je vous invite à visiter cet excellent site, consacré aux-dits poteaux : Les années 30, poteaux de signalisation


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lundi, avril 4 2011

Les inscriptions sur les linteaux de portes

Nous avons eu l'occasion d'évoquer la porte monumentale de Fréménil (4, Rue de la prairie) dans notre billet du 25.03.2007 paru par ailleurs dans la Revue Lorraine Populaire. Une telle oeuvre remarquable n'était pas à la portée de toutes les bourses. Les propriétaires des maisons plus modestes, qui néanmoins désiraient laisser dans la pierre la trace de leur passage sur terre, s'orientaient plutôt vers une inscription sur le linteau de la porte d'entrée de leur habitation. Quant aux simples maisons de manouvriers, elles étaient dépourvues de toutes marques et de toutes inscriptions. L'anonymat leur était dévolu. La date de construction d'une maison correspondait presque toujours avec la date d'entrée du couple propriétaire dans la nouvelle demeure avec un délai d'un an ou deux, soit le temps de la construction de la maison.

Les inscriptions sur les linteaux de porte, ou sur les clefs de voûte des entrées de grange en « anse de panier », caractéristiques des fermes lorraines datent des XVIIIe  et XIXe siècle. Elles auraient été l'oeuvre d'ouvriers, tailleurs de pierre, sculpteurs venant du Tyrol, de Suisse, d'Italie ou de Haute-Savoie sur une période s'étalant de 1701 à 1850. Au cours de cette période il y eu le règne de Stanislas, Duc de Lorraine de 1737 à 1766. Ce monarque bienveillant fit appel à des artisans de qualité pour réaliser les monuments qui font l'orgueil de notre Lorraine. Mais toute cette main d'oeuvre talentueuse et compétente, au décès du bon roi, a dû terminer les ouvrages entrepris. Puis, les dirigeants ayant changé, les programmes de travaux et leurs financements s'amenuisant et surtout la Révolution, les guerres, les invasions, les disettes, les épidémies et de nouveau des guerres. Tous ces évènements ont réduit considérablement la réalisation de ces décors d'architecture. Les artisans sont, soit repartis dans leur pays d'origine, soit pour subsister, se sont convertis à des travaux moins artistiques, maçonnerie ordinaire, voir manœuvre agricole ou bûcheronnage. Dans ces périodes tourmentées la vie de tous les jours, quand ce n'était pas la survie, était primordiale. 

Dans notre village, notre attention s'est portée sur seize emplacements constitués par des linteaux et une clef de voûte comportant des dates de construction, des initiales et des dessins (coeurs notamment) dont nous rapportons l'illustration. Il est fort possible que d'autres inscriptions et décors existent par ailleurs dans des maisons construites aux XVIIIe et XIXe siècle, dans les parties adjointes au corps de logis primitif. A vous chers lecteurs et concitoyens d'en faire la découverte. Comme toujours, cliquez sur les images (vignettes) pour en voir un agrandissement.

Emplacement des linteaux Fréménil

Pour décrypter le message des initiales, la meilleure méthode, si vous êtes propriétaire des lieux est de s'en remettre à votre titre de propriété qui, à la suite d'une vente ou d'un héritage, vous a été remis par votre notaire. Cet acte notarié est précieux, car il vous fait l'historique de votre bien avec citation des dates et des personnes. Considérée comme une lecture fastidieuse, l'énumération de ces gens que vous n'avez pas connus se révèle comme la clef du mystère permettant l'identification de ces anonymes inscrits sur le fronton de votre porte d'entrée. Alors merci Messieurs les notaires pour ces narrations fortement utiles.

Une autre méthode relève de la généalogie, valable uniquement si vous avez une indication concernant les familles propriétaires qui ont trouvé l'abri dans la maison en question. La date de mariage, correspondant souvent ou à quelques années près à la date inscrite sur le linteau doit vous amener à découvrir qui se cache derrière ces initiales qui vous posent interrogation. C'est une petite enquête à mener en cherchant dans l'état-civil de votre commune mais vous serez satisfait du résultat final.

Dans notre visite des linteaux du village, nous donnons ci-après une représentation graphique qu'il vous appartiendra de déchiffrer suivant les méthodes indiquées précédemment.

Descriptif des linteaux Fréménil 01Descriptif des linteaux Fréménil 02

Mentions spéciales pour quelques-unes :

Le 3 Rue de la Prairie :

RP03.jpg

Nous sommes en présence d'un linteau particulièrement ouvragé, parmi les plus anciens du village et qui pourrait correspondre au presbytère-logement d'un curé du village. Les lettres C.M.L.L restent à identifier. Inscrit dans un ovale, le monogramme IHS traduit par « Jésus hominum salvator » soit « Jésus Sauveur des Hommes » est ici surmonté d'une croix et souligné par trois clous (ou trois lances, ou trois flèches). Le cartouche est complété à droite par « 1720 » qui nous donne la date de construction de la maison. La destination cultuelle de cette demeure est évidente. Une recherche dans l'état-civil du XVIIIe siècle apporterait vraisemblablement la traduction des quatre premières lettres. Précisons que le 17 novembre 1706, date de la bénédiction de la cloche de la paroisse (sans doute unique cloche) par le curé de Blâmont nous indique que l'église existait 14 ans avant ledit presbytère de 1720. N'oublions pas que l'on mentionne l'existence de notre village dès 1034 et qu'un lieu de culte a dû exister aux alentours de cette date.

Le 21 Grande Rue :

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Cette demeure du XVIIIe siècle avait retenu l'attention des Monuments Historiques à l'occasion d'une visite sur place de la commune en 1979 (Visite comportant l'ensemble du village, y compris notamment l'église, dans le cadre de « l'inventaire général de la Lorraine »). De part et d'autre de la clef de voûte du linteau en arc, on note dans des cartouches évidées à gauche les lettres IM et à droite BM, cependant qu'à la partie supérieure de la clef de voûte on note un cartouche avec le chiffre « 17 » et à droite le cartouche similaire complétement évidé. Il doit s'agir là d'une suppression volontaire regrettable, mais les propriétaires actuels nous indiquent la date de 1723 pour la construction de cette maison.

Le 6 Rue de la Prairie :

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Cette ancienne maison a subi de profondes modifications tant intérieures qu'extérieures surtout dans les années 1993 à 1995. Le linteau de la porte d'entrée arborait une décoration originale sous la forme d'un médaillon circulaire encadré par des parchemins symbolisant une croix. L'intérieur du médaillon circulaire présentait les initiales « I.M. » soulignées par la date « 1681 ». Ce témoignage architecturale fait de cette demeure la plus ancienne maison avec fronton décoré de porte d'entrée. Il nous faut rappeler que d'après la monographie du village rédigée en 1888 par Monsieur Aristide RENAULD, instituteur, l'actuelle rue de la Prairie avait initialement pour nom « La Grande Rue » et donc a été la première rue de la commune et elle desservait les premières maisons de Fréménil.

Le 14 Rue de la Prairie :

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Le linteau de cette maison mériterait une mise en valeur pour en obtenir une meilleure lecture. En position centrale on trouve un coeur formé curieusement par deux larmes (ou branches de svastika) avec la date « 1814 » réparti de part et d'autre. Sur la gauche on a une marguerite (ou rosace) à 6 pétales et à droite le motif circulaire n'est pas bien défini. Suivent les initiales, à gauche « F.M » et à droite « M.T ».

Le 9 Grande Rue :

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Nous sommes en face d'un linteau intéressant puisque la demeure appartenait à une famille aisée du village qui a donné trois maires compétents à la commune : 

  • MENGIN Joseph, maire de 1802 à 1814
  • MENGIN Nicolas, maire de 1820 à 1829
  • MENGIN Camille, maire de 1870 à 1896

La construction de la maison date de 1822. Elle a appartenu au couple « N.M.G » : Nicolas MENGIN (1773-1854) et « M.T.A » : Marie-Thérèse AUBRY (1777-1861). Ce linteau de porte est très lisible et bien conservé. Il est enrichi latéralement d'oreilles en demi-arrondi.

Le 5 Grande Rue :

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Nous avons ici une date « 1843 » de part et d'autre d'un coeur et deux cartouches extrêmes qui n'ont pas été gravés. Comme cette maison appartient à ma famille (SPAITE-MANONVILLER-HEFTER-ROUSSEL), je peux en parler aisément. Les premiers habitants de cette demeure sont : Jean-Joseph ROUSSEL (1817-1859) et Marie-Rose JEANJEAN (1819-1888). Ils se sont mariés en 1845 et sont entrés dans la nouvelle maison dont la construction avait duré deux ans de 1843 à 1845. On peut supposer une anecdote concernant l'inscription réalisée et en attente ! Le sculpteur a commencé par le motif central : le coeur et la date de part et d'autre. Etait-il ignorant dans les chiffres et les lettres ?... Toujours est-il qu'il s'est révélé inculte dans le dessin du chiffre 4 représenté à l'envers. Mécontentement légitime du propriétaire qui a relevé de ses fonctions le sculpteur incompétent. Les deux cartouches extrêmes sont restés vierges. Ils auraient pu indiquer « J.J.R 18 ❤ 43 M.R.J. » si le travail avait été bien fait... et mené à terme !

Le 3 Grande Rue :

Le linteau de la porte d'entrée est vierge de toute inscription, cependant que la clef de voûte en anse de panier de la porte de grange donne « 1856 » comme date de construction de la maison. Là encore, la consultation des titres de propriété peut apporter des renseignements concernant les premiers habitants de la demeure.

Le 2 Grande Rue :

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Une mise en valeur de l'inscription rend visible le coeur central entouré de la date « 1829 » de part et d'autre. Dans la partie gauche, nous avons les lettres « FD » et dans la partie droite « MAM ». Initialement, les deux extrémités étaient ponctués par une larme (ou branche de svastika) pointée à gauche pour la partie gauche et pointée à droite pour la partie droite. Une mise en peinture inopportune a transformé cette ponctuation en une sorte de fer à cheval. Dommage. Mais on peut toujours apporter une correction et revenir à la décoration d'origine. L'ensemble de l'inscription est cadré dans un cartouche rectangulaire avec latéralement des oreilles en demi-arrondi.

Le 29 Grande Rue :

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Une mention spéciale doit être décernée pour ce linteau remarquable constitué par une poutre en bois. Ce tronc brut d'équarrissage présente une courbe harmonieuse pour coiffer cette porte latérale. Une fin honorable pour un arbre de nos forêts. A préserver jalousement avec respect pour les mains et les bras qui l'ont mis en oeuvre.



Conclusion :

Si nous avons des témoignages des anciens habitants de notre village par la lecture de ces linteaux ouvragés, il nous faut signaler la disparition regrettable de ces vestiges du passé. A l'occasion d'une reconstruction, d'une modernisation, des linteaux ont été supprimés, soit pour augmenter la hauteur de passage, soit pour un changement d'accès de l'habitation. C'est également le cas au numéro 11 de la Grande Rue. Jean-Luc M. nous a signalé que lors d'une remise en état des enduits extérieurs de la maison, la date de 1831 mentionnée sur le linteau de la porte d'entrée a été complètement cachée par le nouvel enduit. De façon à faire renaître cette inscription, un bon grattage serait le bienvenu.

Préserver, entretenir ces linteaux, souligner avec soin les inscriptions par un peu de peinture pour les rendre plus visibles, voilà ce que nous pouvons faire en ce XXIe siècle pour garder près de nous ces pages d'histoire, ces messages des temps anciens, et les transmettre aux générations futures.

Jean SPAITE – Mars 2011


Pour découvrir cet aspect méconnu de l'architecture rurale, vous pouvez consulter le site Linteaux de France qui recense dans toute la France ces objets architecturaux.

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